La­dy Ga­ga en route vers l’Os­car

Avec « A Star Is Born », elle tient son pre­mier grand rôle au ci­né­ma. La­dy Ga­ga, presque sans ma­quillage, est bluf­fante.

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS - PAR CA­THE­RINE BALLE

Cette fois-ci, elle a aban­don­né coif­fures pa­no­ra­miques, ma­quillages ex­tra­va­gants et dé­gui­se­ments XXL. Dans « A Star Is Born », La­dy Ga­ga ap­pa­raît au na­tu­rel. Et ce­la lui va mer­veilleu­se­ment bien. Avec son long nez, ses grands yeux et sa bouche asy­mé­trique, la chan­teuse de 32 ans ir­ra­die le film de sa pré­sence et nous émeut pro­fon­dé­ment. Après avoir été en­cen­sée aux Fes­ti­vals de Ve­nise puis de To­ron­to, elle fait même fi­gure de fa­vo­rite pour les Os­cars, qui au­ront lieu fin fé­vrier.

Dans ce re­make du film « Une étoile est née » de 1937 (qui a dé­jà don­né lieu à des adap­ta­tions en 1954 et en 1976 avec Ju­dy Gar­land, puis Bar­bra Strei­sand), La­dy Ga­ga in­carne Al­ly, une ser­veuse qui chante dans un bar de drag­queens. Un soir, Jack­son Maine, star de la coun­try, dé­couvre par ha­sard sa voix ma­gné­tique. Et alors qu’il dé­cide de l’ai­der à lan­cer sa car­rière, les deux ar­tistes tombent fol­le­ment amou­reux…

Jusque-là, celle qui est bap­ti­sée sous le nom de Ste­fa­ni Ger­ma­not­ta avait dé­jà tour­né une poi­gnée de films ou sé­ries té­lé. Mais seule­ment pour des clins d’oeil ou pour in­ter­pré­ter son propre rôle (dans « Gos­sip Girl », « Men In Black III » ou « Ma­chete Kills »…) C’est l’ac­teur Brad­ley Coo­per, qui signe ici sa pre­mière réa­li­sa­tion, qui l’a convain­cue de te­nir le rôle prin­ci­pal de ce drame mu­si­cal. « Le plus gros chal­lenge, c’était de me mettre à nu, a ex­pli­qué La­dy Ga­ga lors de sa con­fé­rence de presse à Ve­nise. En­le­ver mon masque, c’était ef­frayant, mais j’ai uti­li­sé cette peur pour le per­son­nage. »

LES SCÈNES DE CONCERTS TOUR­NÉES DANS DE VRAIS FES­TI­VALS

Et la New-Yor­kaise de ra­con­ter sa ren­contre avec l’ac­teur de « Ve­ry Bad Trip » et « Ame­ri­can Sni­per » : « Je des­cen­dais les es­ca­liers de chez moi quand il est ar­ri­vé. J’avais juste un pe­tit peu de ma­quillage, mais il a pas­sé une lin­gette dé­ma­quillante sur mon vi­sage et m’a dit : Je veux te voir sans rien. Sur le pla­teau, il a fait sor­tir de moi une vul­né­ra­bi­li­té que je n’au­rais pas pu sor­tir par moi-même. » En plus d’in­car­ner Al­ly, La­dy Ga­ga a com­po­sé toutes les chan­sons de « A star is Born » avec Brad­ley Coo­per et un autre mu­si­cien. Une bande ori­gi­nale pop hy­per ef­fi­cace, por­tée par la voix mo­nu­men­tale de la chan­teuse et par le timbre chaud de Brad­ley Coo­per.

C’est sur scène que le duo offre les plus beaux mo­ments du film. Ces sé­quences de concert qui donnent la chair de poule ont été fil­mées sans play-back : La­dy Ga­ga et Brad­ley Coo­per se sont pro­duits sur les planches de vrais fes­ti­vals — comme ce­lui de Coa­chel­la en Ca­li­for­nie — et de­vant de vrais pu­blics. Plu­tôt que d’avoir re­cours à des fi­gu­rants, la pro­duc­tion a ven­du les places aux Pe­tits Monstres, les fans de La­dy Ga­ga, au pro­fit de la Fon­da­tion ca­ri­ta­tive de l’ar­tiste. Ces chan­ceux ont pu dé­cou­vrir en avant-pre­mière la nais­sance de l’étoile La­dy Ga­ga au ci­né­ma.

« A Star Is Born »,

drame mu­si­cal amé­ri­cain de et avec Brad­ley Coo­per, avec La­dy Ga­ga, Sam El­liott… 2 h 16.

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