Le pré­fet se met à Twit­ter, et vous ré­pond sans filtre

Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni s’est prê­té hier soir au jeu des ques­tions-ré­ponses sur le ré­seau so­cial. Une pre­mière qui an­nonce d’autres in­ter­ac­tions, no­tam­ment sur Fa­ce­book.

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE - PAR NI­CO­LAS GOINARD

«N’ou­bliez pas le ha­sh­tag », glisse une col­la­bo­ra­trice à l’oreille de Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni, le pré­fet de l’Es­sonne. Le re­pré­sen­tant de l’Etat clique. La ré­ponse est twee­tée. Pen­dant 1 h 30, hier soir, le haut fonc­tion­naire a ré­pon­du aux ques­tions des in­ter­nautes. Une pre­mière dans le dé­par­te­ment. La troi­sième ses­sion pour Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni, en Es­sonne de­puis mai der­nier et au­pa­ra­vant en poste en Corse. « Je l’ai dé­jà fait dans mes pré­cé­dentes fonc­tions, livre-t-il. Je veux jouer le jeu d’une re­la­tion simple. Ce­la montre aus­si que nous ne sommes pas iso­lés du monde réel. »

Le bal a été ou­vert dès lun­di par « Clo­thilde » : « Quels sont les su­jets qui vous pré­oc­cupent en ce mo­ment sur notre dé­par­te­ment ? » Sou­rire de Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni de­vant cette ques­tion très ou­verte. Der­rière son bu­reau, avec en face de lui quatre col­la­bo­ra­teurs, il tape : « La liste n’est pas ex­haus­tive, mais je ci­te­rai no­tam­ment : la sé­cu­ri­té (contre le ter­ro­risme et la ra­di­ca­li­sa­tion), l’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle des jeunes, les re­la­tions po­lice-po­pu­la­tion, la­ré­no­va­tion des quar­tiers, le sou­tien aux pro­jets ru­raux. »

Il ré­pond presque tout le temps sans aide. La pro­chaine élec­tion lé­gis­la­tive dans la pre­mière cir­cons­crip­tion de l’Es­sonne après le dé­part de Ma­nuel Valls ? « Au plus tard trois mois après la dé­mis­sion », pia­note-til. « Je connais bien le su­jet », ex­pli­quet-il en apar­té.

UNE VING­TAINE DE QUES­TIONS

En re­vanche, il ques­tionne ses col­la­bo­ra­teurs sur les dé­lais, les temps d’at­tente, les chiffres. Quand Kel­ly lui pose la ques­tion sur les ren­dez-vous de na­tu­ra­li­sa­tion, le pré­fet ré­agit : « C’est une ex­cel­lente ques­tion. Il faut at­tendre entre neuf mois et un an. Nous al­lons es­sayer de ra­me­ner ces dé­lais à six mois. » Au cla­vier, il écrit : « Les agents sont très… » Il s’ar­rête et de­mande : « Mo­ti­vés ? In­ves­tis ? En­ga­gés. » Ce se­ra « en­ga­gés ».

Il doit aus­si faire face à une mo­bi­li­sa­tion du cô­té de Wis­sous avec des ques­tions liées à l’ar­me­ment de la po­lice mu­ni­ci­pale, sus­pen­du par la pré­cé­dente pré­fète après le dé­ra­page du maire (DLF) Ri­chard Trin­quier sur un camp de gens du voyage. Ré­ponse di­plo­mate : « C’est à la jus­tice de se pro­non­cer. Pour ce qui re­lève de ma com­pé­tence, j’ai ré­ta­bli ré­cem­ment les armes dé­fen­sives pour les po­li­ciers de Wis­sous, en at­ten­dant d’autres étapes. La po­lice na­tio­nale reste ac­tive sur le sec­teur, en lien avec eux. »

Les mêmes in­ter­nautes s’in­ter­rogent sur les gens du voyage, jus­te­ment. Chiffres à l’ap­pui, Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni ré­torque : « Nous in­ter­ve­nons dé­jà avec les forces de l’ordre (31 éva­cua­tions en 2017, 21 à ce jour en 2018). Nous se­rions plus ef­fi­caces avec un sché­ma d’ac­cueil mis en oeuvre, ce qui n’est pas en­core le cas. J’ai es­poir d’y par­ve­nir avec les élus avant la fin de l’an­née. »

Une ving­taine de ques­tions ont ain­si été po­sées sans dé­ra­page. Ni ques­tions in­con­grues. « On m’a dé­jà par le pas­sé de­man­dé comment on fai­sait pour de­ve­nir pré­fet ou com­bien je gagne », s’amuse Jean-Be­noît Al­ber­ti­ni. Cette opé­ra­tion com­plète les nom­breux cour­riers de ci­toyens re­çus, entre cinq et dix par jour. « Je les lis tous per­son­nel­le­ment », as­sure-t-il.

Quelque 2 500 autres lettres par an lui sont adres­sées par les élus lo­caux. C’est aus­si dans ce sens que la pré­fec­ture vient de lan­cer la lettre des ser­vices de l’Etat et pro­jette un Fa­ce­book live. Et le pré­fet pro­met : « J’es­saie de faire des ré­ponses sans trop de termes tech­nos. Je me soigne. »

“JE

VEUX JOUER LE JEU D’UNE RE­LA­TION SIMPLE. CE­LA MONTRE AUS­SI QUE NOUS NE SOMMES PAS ISO­LÉS DU MONDE RÉEL. ” JEAN-BE­NOÎT AL­BER­TI­NI

Evry, hier soir. Pour la pre­mière fois, le pré­fet de l’Es­sonne, ac­com­pa­gné de son équipe, a ré­pon­du aux ques­tions des in­ter­nautes sur Twit­ter.

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