Ils avaient ti­ré sur un jeune et l’avaient roué de coups

Le Parisien (Essonne) - - VOTRE DÉPARTEMENT - SÉ­BAS­TIEN MORELLI

IMAGES CHOC, hier de­vant la cour d’as­sises de l’Es­sonne à Evry. Sur une vi­déo en­re­gis­trée par les en­quê­teurs de la po­lice ju­di­ciaire de Ver­sailles (Yve­lines), on peut voir Théo *, 17 ans, sur un lit d’hô­pi­tal un masque à oxy­gène sur le vi­sage. L’en­tre­tien a été fil­mé le 10 jan­vier 2016. La veille, ce jeune de Morangis a été griè­ve­ment bles­sé par balle et frap­pé à terre. Théo ré­pond aux ques­tions des po­li­ciers sur son agres­sion. « Ma ten­sion est bonne ? » de­mande-t-il in­quiet vers la fin. « Oui, lui ré­pond le po­li­cier, ça va. » A la barre, le fonc­tion­naire se sou­vient de ce mo­ment par­ti­cu­lier. « Ce qui l’in­quié­tait, c’était de sa­voir s’il al­lait mou­rir. On l’a ras­su­ré. »

Hier, Théo était là. Face à lui, dans le box des ac­cu­sés, trois hommes doivent ré­pondre de cette ten­ta­tive d’ho­mi­cide vo­lon­taire. Deux d’entre eux ont re­con­nu les faits. Le troi­sième, usant pen­dant l’en­quête de son droit au si­lence, ne s’est tou­jours pas ex­pri­mé. Tous en­courent une peine pou­vant al­ler jus­qu’à trente ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle, rap­pelle la pré­si­dente du tri­bu­nal.

RI­VA­LI­TÉ ENTRE DES QUAR­TIERS DE CHIL­LY ET MORANGIS

Cette nuit du 8 au 9 jan­vier 2016, vers 1 h 45 du ma­tin, deux jeunes de Morangis, âgés de 16 et 17 ans, marchent rue du Gé­né­ral-Le­clerc. Peu de temps au­pa­ra­vant, le cou­sin de l’un d’eux a été en­le­vé par des jeunes de Chil­lyMa­za­rin. Ce der­nier ra­conte avoir été mis dans le coffre d’une voi­ture en sor­tant de son en­traî­ne­ment de foot. Ame­né dans une fo­rêt, il dit s’être re­trou­vé face à une ving­taine de jeunes et avoir été frap­pé. La condi­tion pour qu’il re­trouve sa li­ber­té, que Théo, qui au­rait frap­pé un jeune de Chil­ly, vienne. « Ceux de Chil­ly avaient sé­ques­tré un pote à moi, ra­con­tait Théo le len­de­main. Ils vou­laient que j’y aille pour me frap­per. »

Théo, ac­com­pa­gné du cou­sin de la vic­time du rapt, ar­mé d’une batte et de deux ma­chettes, est en route pour le ré­cu­pé­rer. Dans la rue, une Ja­guar les dé­passe, fait de­mi-tour et re­passe de­vant eux. Théo est tou­ché par des coups de feu et s’ef­fondre. Deux in­di­vi­dus sortent du vé­hi­cule et le frappent à la tête à coups de crosse.

Théo est em­me­né à l’hô­pi­tal Georges-Pom­pi­dou (Pa­ris XVe) avec une balle dans le pou­mon. Son pro­nos­tic vi­tal est en­ga­gé. L’autre vic­time, qui n’est pas bles­sée, ex­plique aux en­quê­teurs que ce fait s’ins­crit dans une ri­va­li­té an­cienne entre la ci­té Li­bé­ra­tion à Chil­ly et le quar­tier Wa­ra­biot à Morangis. « Ils ne savent pas eux-mêmes à quand ça re­monte », dé­plore une en­quê­trice de la PJ. Les deux vic­times dé­noncent ra­pi­de­ment leurs trois agres­seurs pré­su­més.

Il y a le chauf­feur et deux ti­reurs. L’un était ar­mé d’un fu­sil, les po­li­ciers ayant re­trou­vé des im­pacts de plomb sur un vé­hi­cule sta­tion­né près de la fu­sillade. L’autre d’un pis­to­let dont la balle a tou­ché Théo. Le ver­dict est at­ten­du lun­di pro­chain.

▣ *Le pré­nom a été mo­di­fié.

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