Ce que pré­pare le gou­ver­ne­ment

Ju­lien De­nor­man­die, mi­nistre de la Ville et du Lo­ge­ment, pré­sente les prio­ri­tés du plan Hi­ver de l’Etat.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR RO­MAIN BAHEUX

IL RÉ­PÈTE SANS CESSE vou­loir tra­vailler « main dans la main » avec les as­so­cia­tions. Mi­nistre de la Ville et du Lo­ge­ment, Ju­lien De­nor­man­die se veut en pre­mière ligne sur l’épi­neux dos­sier de l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence. Avant le dé­but de la trêve hi­ver­nale de­main, il dé­taille le plan du gou­ver­ne­ment pour hé­ber­ger les sans-abri pen­dant les vagues de froid.

Em­ma­nuel Ma­cron avait pro­mis qu’il n’y au­rait plus de sans-abri à la fin de l’an­née 2017. Où en sommes-nous ?

JU­LIEN DE­NOR­MAN­DIE. Le pré­sident de la Ré­pu­blique a fixé un cap clair : qu’une so­lu­tion adap­tée soit trou­vée pour tout le monde. Nous ne dé­vions pas de ce cap, mais ça ne se fe­ra pas en un hi­ver parce que la si­tua­tion est dif­fi­cile. Vous avez en­core des mil­liers de gens qui dorment dans la rue et, tant qu’il y au­ra une per­sonne dans cette si­tua­tion, c’est que le tra­vail en­ga­gé doit être pour­sui­vi. Ma dé­ter­mi­na­tion est to­tale. Ja­mais un gou­ver­ne­ment n’a fait au­tant d’ef­forts que le nôtre pour l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence. Ac­tuel­le­ment, l’Etat fi­nance 136 000 places ou­vertes tous les jours, soit 5 000 de plus qu’il y a un an.

L’an der­nier, de nom­breuses per­sonnes n’avaient pu trou­ver de places d’hé­ber­ge­ment au coeur de l’hi­ver…

On a plus an­ti­ci­pé. On a iden­ti­fié en amont deux fois plus de places prêtes à ou­vrir. En moyenne, on va ou­vrir 14 000 places supplémentaires pen­dant l’hi­ver, qui s’ajou­te­ront au parc de 136 000 places. D’ici la fin de la se­maine, 1 400 places de plus vont ou­vrir rien qu’en Ile-deF­rance. Je dis bien en moyenne, car le chiffre évo­lue­ra se­lon les pics de froid et il pour­ra y en avoir plus. On a aus­si tra­vaillé avec les as­so­cia­tions, dont je sa­lue le tra­vail, pour al­ler vers les gens en dé­tresse. On va consa­crer 5 M€ supplémentaires pour fi­nan­cer plu­sieurs di­zaines d’équipes de ma­raude. Elles se­ront char­gées d’as­su­rer des tour­nées dans les rues par­tout en France.

Où avez-vous trou­vé ces places supplémentaires ?

L’idée était de ne pas concen­trer les gens au même en­droit, chose qui a trop sou­vent été faite par le pas­sé. Pour faire simple, on al­lait plus fa­ci­le­ment cher­cher des sites dis­po­nibles en Seine-Saint­De­nis qu’en plein coeur de Pa­ris. Là, j’ai par exemple dé­mar­ché les autres mi­nis­tères pour trou­ver des sites que nous pour­rions ou­vrir. Cet hi­ver, on va ou­vrir 250 places dans un bâ­ti­ment du mi­nis­tère des Ar­mées, au mi­lieu du VIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, sur l’îlot Saint-Ger­main.

Comment lut­ter contre la hausse du nombre de fa­milles à la rue, consta­tée par les as­so­cia­tions ?

C’est une prio­ri­té ab­so­lue. C’était in­con­ce­vable il y a quelques an­nées, mais au­jourd’hui des femmes et des en­fants dorment de­hors. C’est inacceptable et je ne baisserai pas les bras. On leur dé­die des moyens, dans les ma­raudes et dans l’hé­ber­ge­ment. On adapte aus­si des centres en leur ré­ser­vant des places. L’hi­ver der­nier, à Pa­ris, l’Hô­telDieu était par exemple dé­dié aux femmes iso­lées ou avec des en­fants en bas âge. L’autre pro­blème, ce sont les hô­tels so­ciaux où on met ces fa­milles.

C’est-à-dire ?

On a 40 000 places d’hô­tel al­louées à l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence. Quand vous faites ren­trer des fa­milles là-de­dans, vous sa­vez très bien qu’elles n’en sor­ti­ront pas parce qu’elles ne sont pas ac­com­pa­gnées. On y ren­contre des gens qui y vivent de­puis par­fois dix ans. Je ne cri­tique pas le fait d’avoir ou­vert ces places quand c’était né­ces­saire, mais main­te­nant il faut ai­der ces fa­milles à ac­cé­der à un lo­ge­ment per­ma­nent. On va in­jec­ter 5 M€ pour don­ner les moyens aux tra­vailleurs so­ciaux de leur pro­po­ser des lo­ge­ments adap­tés. Don­ner un toit, c’est bien. Une adresse, c’est mieux.

Que pen­sez-vous de la dé­ci­sion d’Anne Hi­dal­go d’hé­ber­ger des SDF à l’in­té­rieur de la mai­rie de Pa­ris ?

C’est très bien que la maire de Pa­ris dé­ter­mine des lieux où ac­cueillir des per­sonnes en dé­tresse au coeur de la ca­pi­tale. Ça en­voie un sym­bole, comme nous le fai­sons en ou­vrant des lo­caux du mi­nis­tère des Ar­mées. Iden­ti­fier des sites d’ac­cueil, c’est le rôle d’une col­lec­ti­vi­té. En­suite, c’est l’Etat qui fi­nance et les as­so­cia­tions qui opèrent.

« DES FEMMES ET DES EN­FANTS DORMENT DE­HORS. C’EST INACCEPTABLE ET JE NE BAISSERAI PAS LES BRAS. »

Alors que la trêve hi­ver­nale dé­bute de­main, des fa­milles de plus en plus nom­breuses se re­trouvent sans toit.

Ju­lien De­nor­man­die an­nonce la créa­tion de 14 000 places d’hé­ber­ge­ment supplémentaires.

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