Ses pi­quants conseils au pré­sident

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE - N. SC.

LONG­TEMPS, elle a éprou­vé de l’af­fec­tion pour Em­ma­nuel Ma­cron. « Je trou­vais très sym­pa­thique et res­pec­table qu’il ait osé épou­ser une femme de vingt ans de plus que lui », vante Sé­go­lène Royal, elle-même « cruel­le­ment tra­hie » pour une femme de douze ans de moins, Va­lé­rie Trier­wei­ler. Cou­rant 2016, elle conseille à Fran­çois Hol­lande de le nom­mer à Ma­ti­gnon. Mais « le car­ré des hol­lan­dais his­to­riques veille », dé­plore-t-elle, sou­li­gnant qu’ils ont usé contre lui des mêmes mots que contre elle : « in­con­trô­lable » et « déso­béis­sant ». Elle rap­porte cette scène édi­fiante de jan­vier 2016 à l’As­sem­blée : le ma­tin, Ma­cron a évo­qué la crois­sance éco­no­mique en berne. Fu­rieux, Ma­nuel Valls l’ac­cueille d’un bru­tal : « Et ta q…e, elle est en berne ? » Ré­ponse de Ma­cron, « dents ser­rées » : « S’il veut la guerre, il l’au­ra. »

Au­jourd’hui qu’il est pré­sident, elle s’avoue scep­tique sur sa pos­ture ju­pi­té­rienne — « un concept d’avant. Et même d’avant-avant » — et le met en garde contre « l’exer­cice so­li­taire du pou­voir ». Il « confond sans doute l’au­to­ri­té et la juste au­to­ri­té », aver­tit cette pion­nière de la dé­mo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. « Le mythe de l’homme seul, hé­ri­tier des rois de France et de Na­po­léon, ne tient pas en dé­mo­cra­tie. Sur­tout avec 24 % des voix au pre­mier tour. » Epin­glant sa « pré­ci­pi­ta­tion pour al­lé­ger l’im­pôt des plus riches », no­tam­ment, elle juge qu’il « re­fait les mêmes er­reurs » que Hol­lande. Le dan­ger qui le guette ? « L’au­to­ri­té tient un temps seule­ment et se trans­forme en au­to­ri­ta­risme. »

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