Lais­sez-vous en­traî­ner par ce coach

Jean-Pierre Dar­rous­sin in­carne le coach d’une équipe de bas­ket­teurs dé­fi­cients men­taux en lice pour les Jeux pa­ra­lym­piques de Syd­ney. Sauf qu’il a fal­lu tri­cher…

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS CINÉMA - PAR PIERRE VAVASSEUR

té­lé­pho­nique, JeanPierre

l’heure de notre ren­dezA­vous Dar­rous­sin est aux abon­nés ab­sents. Il est oc­cu­pé à dé­col­ler de la jante le pneu cre­vé qui im­mo­bi­lise sa Mi­ni Co­oper sur une route du Sud. « J’y suis al­lé à grands coups de maillet », s’amuse après… coups ce­lui qui in­ter­prète un coach de bas­ket­teurs dans « Cha­cun pour tous », une co­mé­die qui s’ins­pire de faits réels sur­ve­nus en 2000. Lors des Jeux pa­ra­lym­piques de Syd­ney (Aus­tra­lie), l’équipe d’Es­pagne avait rem­pla­cé la ma­jeure par­tie de ses joueurs, dé­fi­cients men­taux, par une équipe tout à fait va­lide.

« J’avais sou­ve­nir de ce fait di­vers, dit Dar­rous­sin. Ajou­tez à ce­la que le réa­li­sa­teur (NDLR : Vian­ney Le­basque), avait de bonnes rai­sons d’être, lui aus­si, tou­ché par cette his­toire. Ses pa­rents s’oc­cu­paient d’un centre (pour han­di­ca­pés) et ce film lui per­met­tait de ra­con­ter des choses qui lui te­naient à coeur. J’ai sen­ti son in­ves­tis­se­ment. »

Et le per­son­nage de Mar­tin, l’en­traî­neur qu’il in­carne ? « Il est at­ta­chant mal­gré sa tri­che­rie. Parce qu’il est presque dupe de lui-même. Au fond, il n’est pas dans le réel, et sur­tout il est dans la vo­lon­té que les dé­fi­cients puissent être consi­dé­rés comme tout le monde. Dès lors, ce n’est pas parce que les autres re­noncent qu’il va re­non­cer. »

SON COEUR BAT POUR L’OM

L’ac­teur a ren­con­tré de vrais coachs. « Ça m’ar­rive aus­si de re­gar­der du sport à la té­lé­vi­sion, dit-il avec ce flegme mé­lan­gé de re­cul qui est sa marque de fa­brique. Je vois bien comment se com­porte un en­traî­neur. » Des ac­teurs men­ta­le­ment dé­fi­cients aus­si. « Je les ai vus au théâtre. Je sais l’en­ga­ge­ment que ce­la re­pré­sente pour eux. Le ni­veau d’émo­tion qu’ils peuvent ap­por­ter. Comment ils re­dé­couvrent chaque soir la fa­çon de jouer. Et je sais aus­si qu’ils ne sont pas dé­fi­cients du cô­té du coeur. Il faut jouer avec cette sen­si­bi­li­té et pou­voir y ré­pondre. »

Le film s’ap­pelle « Cha­cun pour tous ». De quoi faire ré­fé­rence à la « troupe » de ci­né­ma et tous les Ma­rius et Jean­nette de Ro­bert Gué­di­guian ? Jean-Pierre Dar­rous­sin se tourne vers le pas­sé. « Je suis d’ac­cord avec l’uto­pie qui a consti­tué mon époque. C’est ce que nous vi­vions. Les gens s’invitaient les uns les autres, s’entraidaient. Le tis­su a été rom­pu. »

Sou­tien in­dé­fec­tible de l’Olym­pique de Mar­seille , le co­mé­dien était au stade lors de la ren­contre OM - PSG qui s’est sol­dée par un 2 à 0 pour les Pa­ri­siens. « On s’est fait vo­ler, plai­sante-t-il. L’ar­bitre était très mau­vais ! » Mais le coach se garde bien de mettre de l’huile sur le feu. « Le Pa­ris-Saint-Ger­main est quand même une équipe qui compte des joueurs ex­tra­or­di­naires : Ney­mar, Di Ma­ria… et Mbap­pé, dif­fi­cile à contrô­ler quand il est lan­cé. Les joueurs de l’OM ont été va­leu­reux, même si cette an­née on n’a pas fait du grand Mar­seille. » Et c’est un coach qui parle. « Cha­cun pour tous », co­mé­die dra­ma­tique de Vian­ney Le­basque, avec Jean-Pierre Dar­rous­sin, Ah­med Syl­la… 1 h 34

LES GENS S’INVITAIENT LES UNS LES AUTRES, S’ENTRAIDAIENT.

” LE TIS­SU A ÉTÉ ROM­PU.

Jean-Pierre Dar­rous­sin (coach Mar­tin) et Ca­mé­lia Jor­da­na (psy­cho­logue).

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