Ber­lus­co­ni cô­té trash

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS CINÉMA - CA­THE­RINE BALLE

Une flo­pée de bim­bos, des mon­tagnes de coke, une vil­la somp­tueu­se­ment kitsch, flan­quée d’une pis­cine la­gon. Et, au mi­lieu, un vieil homme au che­veu noir qui drague, chante, s’en­nuie et s’in­ter­roge sur son pou­voir flé­tri. « Sil­vio et les Autres », de Pao­lo Sor­ren­ti­no, c’est comme un long clip pop et ba­roque ins­pi­ré des fa­meuses par­ties fines ap­pe­lées soi­rées « bun­ga bun­ga » de Ber­lus­co­ni.

« Je n’ai pas vou­lu si­gner une en­quête sur Sil­vio Ber­lus­co­ni, je me suis cen­tré sur les an­nées 2006-2010, qui ont été mar­quées par une ex­plo­sion de vi­ta­li­té et de vul­ga­ri­té, ex­plique Sor­ren­ti­no, réa­li­sa­teur de « la Grande Bel­lez­za ». La vi­ta­li­té, c’est comme une im­mense cuite et, le len­de­main, c’est la déception. » Le ci­néaste brosse le por­trait d’un homme ob­sé­dé par son image, qui se noie dans la dé­bauche pour ou­blier le vide de sa pen­sée et de son époque.

Dans le rôle de l’ex-pré­sident du Con­seil ita­lien, To­ni Ser­vil­lo a un sou­rire qui semble fi­gé à la go­mi­na. « Ber­lus­co­ni a ce masque même en pri­vé, as­sure Sor­ren­ti­no. Je l’ai ren­con­tré deux fois lors de dî­ners. Il était comme à la té­lé : il vend l’image qu’il aime de lui-même. » Le film pa­raît par­fois vai­ne­ment es­thé­tique mais, sur la du­rée, la beau­té des scènes de fêtes et le jeu clow­nesque de Ser­vil­lo donnent à cette farce une pro­fon­deur presque phi­lo­so­phique.

« Sil­vio et les Autres », bio­pic fran­co-ita­lien de Pao­lo Sor­ren­ti­no. Avec To­ni Ser­vil­lo… 2 h 38.

To­ni Ser­vil­lo, dans la peau de Sil­vio Ber­lus­co­ni.

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