Les tran­chées n’ont pas dis­pa­ru

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE EVRY CORBEIL YERRES - FO­RÊT DE SÉ­NART PAR NOL­WENN COSSON @nol­wenn­cos­son

Ce­la fe­ra bien­tôt cent ans que l’ar­mis­tice de la Pre­mière Guerre mon­diale a été si­gné, le 11 no­vembre 1918. L’oc­ca­sion de re­ve­nir sur le rôle de l’Es­sonne dans le conflit et sur ceux qui tra­vaillent à ce qu’il ne soit ja­mais ou­blié. ELLES SONT RESTÉES intactes des an­nées sans que per­sonne n’y prête at­ten­tion. Ré­par­ties sur 4 km, elles sont pour­tant d’im­por­tants ves­tiges de la Grande Guerre. En 1914, pour pro­té­ger Pa­ris de l’in­va­sion des troupes al­le­mandes, des tran­chées ont été éri­gées dans la fo­rêt de Sé­nart, afin de créer deux lignes de dé­fense.

La pre­mière longe la li­sière de la fo­rêt à par­tir d’Etiolles, passe par Ti­ge­ry et re­monte vers le nord jus­qu’à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne). La se­conde, cou­pant la fo­rêt en deux, part de Cham­pro­say, re­joint le car­re­four de la Mare-aux-Biches à Dra­veil et abou­tit à Epi­nay-sous-Sé­nart, au bord de l’Yerres.

« Ces tran­chées, qui s’éta­laient en tout sur 10 km, sont uniques en France, s’en­thou­siasme Guillaume Be­nai­ly, ar­chéo­logue pour l’Of­fice na­tio­nal des fo­rêts (ONF). Avec celle de la fo­rêt de Notre-Dame (NDLR : à che­val sur le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne), ce sont les seules à avoir été construites en sur­élé­va­tion. Con­trai­re­ment à toutes les autres, qui étaient creu­sées à 2 m de pro­fon­deur, celles-ci étaient à 2 m de haut. La nappe phréa­tique si­tuée juste en des­sous ne leur a pas lais­sé le choix, si­non ils au­raient été inon­dés. »

Si la ma­jeure par­tie de ces struc­tures a de­puis to­ta­le­ment dis­pa­ru au pro­fit de l’ur­ba­ni­sa­tion, la por­tion orien­tée nord-sud au ni­veau de Combs-la-Ville, entre Jar­cy et la route de Pa­ris à Ge­nève, existe tou­jours à l’in­té­rieur de la fo­rêt.

« Elles ont été ex­cep­tion­nel­le­ment conser­vées, se ré­jouit l’ar­chéo­logue. Les plus belles sont à Combs, mais on en voit aus­si à Ti­ge­ry ou Quin­cy. » Et pour cause, ces tran­chées n’ont ja­mais ser­vi. Les troupes al­le­mandes se sont ar­rê­tées à 20 km de Pa­ris. Le site n’en perd pas pour au­tant sa va­leur his­to­rique. « Nous ai­me­rions y réa­li­ser des fouilles, in­dique Guillaume Be­nai­ly. Plus de 240 000 hommes, des sol­dats âgés de 39 à 45 ans, et 40 000 ci­vils y ont tra­vaillé. Il doit res­ter des traces de leur pas­sage, des pelles, des pioches mais aus­si des af­faires per­son­nelles que l’on pour­rait mettre au jour. »

En at­ten­dant, pour conti­nuer à faire vivre l’his­toire de ce site, l’ONF or­ga­nise des vi­sites gui­dées du 5 au 9 no­vembre. Plus de 650 élèves sco­la­ri­sés à Pa­ris mar­che­ront sur les traces de ces mil­liers d’hommes. ▣ Plus de ren­sei­gne­ments sur www.onf.fr

Plus de 240 000 sol­dats et 40 000 ci­vils ont tra­vaillé sur place.

Fo­rêt de Sé­nart. Les pro­me­neurs peuvent tou­jours dé­cou­vrir les ves­tiges des tran­chées, construites en sur­élé­va­tion.

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