Tout com­prendre aux NRJ Mu­sic Awards

L’un des évé­ne­ments mu­si­caux de l’an­née se dé­roule ce soir à Cannes et est re­trans­mis en di­rect sur TF 1. Mais comment ces prix sont-ils dé­cer­nés ?

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS | TÉLÉVISION - DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX MA­RIE POUSSEL (TEXTE) FRÉ­DÉ­RIC DUGIT (PHO­TOS) À CANNES (ALPES-MA­RI­TIMES) M.P.

À CHAQUE ÉDI­TION des NRJ Mu­sic Awards (NMA), dont la 20e est dif­fu­sée ce soir à 21 heures en di­rect sur TF 1, son flot de po­lé­miques sur les ab­sents des no­mi­na­tions, les ré­sul­tats plus ou moins contes­tés ou les pro­cès en fa­vo­ri­tisme pour les ar­tistes de l’écu­rie de la Une… Nous avons de­man­dé à Jacques Gri­mal, le co­or­di­na­teur gé­né­ral de l’évé­ne­ment, qui se dé­roule au pa­lais des Fes­ti­vals de Cannes, de nous en dire plus sur le sys­tème de no­mi­na­tion et les des­sous de la com­pé­ti­tion.

QUELS SONT LES CRI­TÈRES POUR QU’UN AR­TISTE SOIT NOM­MÉ

AUX NRJ MU­SIC AWARDS ?

Ils sont mul­tiples, mais stricts. Il faut d’abord que son titre soit dif­fu­sé sur les mé­dias des groupes TF 1 et NRJ. « Ce sont les NRJ Mu­sic Awards, on as­sume, nous ne sommes pas France In­ter, ce­la concerne nos ar­tistes », re­ven­dique Jacques Gri­mal. Cette chan­son doit en­suite avoir été pu­bliée du­rant la pé­riode de ré­fé­rence, qui dé­marre au len­de­main des no­mi­na­tions de l’an­née pré­cé­dente. « Pour cette an­née, c’est du 25 sep­tembre 2017 au 30 sep­tembre 2018 », dé­taille le co­or­di­na­teur gé­né­ral. Les autres cri­tères prennent en compte le nombre de pas­sages en ra­dio, les tests d’écoute sur les au­di­teurs, le ni­veau de ventes et de strea­ming. « De­puis trois ans, on fait un ré­fé­ren­dum sur le Web qui dé­marre quinze jours avant les votes, avec des ques­tions libres et ou­vertes », ajoute Jacques Gri­mal. « Notre cri­tère ab­so­lu, c’est la po­pu­la­ri­té des chan­sons. La ges­tion des votes est confiée à une en­tre­prise ex­terne, pour que nous ne soyons pas ac­cu­sés ou soup­çon­nés de fa­vo­ri­tisme. »

POUR­QUOI UN CHAN­TEUR COMME LARTISTE, DONT LE TITRE « MAFIOSA » A ÉTÉ PAR­MI LES PLUS « STREAMÉS » DE FRANCE, N’EST-IL PAS NOM­MÉ ?

Parce que le strea­ming n’est pas le cri­tère de sé­lec­tion nu­mé­ro un. « Si­non, ce­la fa­vo­ri­se­rait un type d’ar­tistes plus écou­té par les jeunes », ex­plique Jacques Gri­mal. Il sou­ligne que Lartiste avait ob­te­nu deux no­mi­na­tions l’an der­nier. « AVEC LUI, nous sommes sûres que nous ne se­rons pas dé­çues par les va­leurs qu’il dé­fend », lancent en choeur Ma­rine, Belge de 20 ans, et Maya, 27 ans, de Ca­lais, « en cam­pagne élec­to­rale pour Sli­mane ». Ces deux fans se sont of­fert un voyage entre co­pines à Mar­seille (Bou­ches­du-Rhône) jeu­di pour l’an­ni­ver­saire de la deuxième. L’idée : voir une nou­velle fois leur chou­chou en concert. « Il m’a sou­hai­té mon an­ni­ver­saire sur scène, c’est une per­sonne ex­cep­tion­nelle », com­mente Maya, ani­ma­trice dans un mu­sée de jouets Mec­ca­no à Ca­lais (Nord).

Les deux jeunes femmes, qui se sont ren­con­trées à un concert de Sli­mane en 2016, se sont en­ga­gées à

COMMENT SONT DÉ­SI­GNÉS LES VAIN­QUEURS ?

Uni­que­ment par les votes, re­cueillis sur le site In­ter­net de l’épreuve, du 1er oc­tobre à hier 13 heures. Cette an­née, il y en a eu de 2,5 à 3 mil­lions, se­lon Jacques Gri­mal, un chiffre « énorme », d’après lui. « C’est en­vi­ron 300 000 votes par ca­té­go­rie. Suf­fi­sant pour être si­gni­fi­ca­tif. » Seule la ca­té­go­rie de la chan­son de l’an­née fait l’ob­jet d’un vote payant (0,99 €) ce soir. Soit par té­lé­phone, au 39.80, soit par SMS, au 72.500. fond pour sou­te­nir leur idole nom­mée aux NRJ Mu­sic Awards, dans la ca­té­go­rie ar­tiste mas­cu­lin. « La concur­rence est fé­roce. Nous avons vrai­ment très peur de Kend­ji, car il a énor­mé­ment de sou­tiens. »

ELLES DIS­TRI­BUENT DES TRACTS AP­PE­LANT À VO­TER POUR LEUR CHOU­CHOU

La bande de co­pines, qui échange ré­gu­liè­re­ment via un groupe Fa­ce­book sur les ac­tua­li­tés de l’ar­tiste, a bien vo­té tous les jours sur le Web, comme le rè­gle­ment les y au­to­rise. « Mais ce­la n’était pas suf­fi­sant et nous avons com­men­cé une mo­bi­li­sa­tion à l’an­cienne, ex­pliquent-elles. Nous avons im­pri­mé des cen­taines

L’ÉMIS­SION PRI­VI­LÉ­GIE LE DI­RECT, MAIS DES AR­RAN­GE­MENTS SONT-ILS POS­SIBLES POUR FAIRE VE­NIR DES AR­TISTES ÉTRAN­GERS ?

Oui. « Nous es­sayons d’évi­ter d’en­re­gis­trer à l’avance, mais si c’est la seule fa­çon d’avoir U2 car ils ont un plan­ning très char­gé, on le fait », re­con­naît notre res­pon­sable des NMA. Ces ar­tistes in­ter­na­tio­naux qui se pro­duisent sur la scène des NMA n’hé­ritent par contre pas sys­té­ma­ti­que­ment d’un prix d’hon­neur. « Beau­coup le pensent, mais c’est faux », pro­met Jacques Gri­mal.

LES AR­TISTES IN­TER­NA­TIO­NAUX SONT-ILS PAYÉS ?

Non, et les Fran­çais non plus. « Mais les faire ve­nir coûte cher, sou­ligne-t-on aux NMA. de tracts. Nous les avons po­sés sur les pare-brise des voi­tures, nous les avons dis­tri­bués à l’en­trée des su­per­mar­chés ou de­vant les salles de concerts pour in­ci­ter le pu­blic à vo­ter pour lui. » Elles ont même construit Ils ar­rivent avec de grosses équipes, il y a des billets d’avion, et pas en classe éco. Les la­bels payent les trans­ports, et nous les pre­nons en charge à par­tir de Cannes, les trans­ports et le lo­ge­ment. »

COMMENT CHOI­SIT-ON LES AR­TISTES QUI CHANTENT LORS DE LA CÉ­RÉ­MO­NIE ?

« L’émis­sion n’est pas le re­flet du pal­ma­rès, ni des 49 no­mi­na­tions », as­sure Jacques Gri­mal. « Cer­tains ar­tistes ne sont pas nom­més, mais ils sont ma­jeurs, comme Pa­trick Bruel cette an­née. Il y au­ra aus­si Da­vid Hal­ly­day, en hom­mage à son père, en ex­clu­si­vi­té. C’est une émis­sion té­lé­vi­sée dif­fu­sée à une heure de grande écoute, il faut trou­ver un équi­libre pour in­té­res­ser tout le monde. » des pan­cartes et, trans­for­mées en « femmes-sand­wichs », elles ont fait le tour des com­mer­çants aus­si bien en France qu’en Bel­gique, où la po­pu­la­ri­té de Sli­mane a été ac­crue par sa par­ti­ci­pa­tion à « The Voice Bel­gique » en tant que ju­ré. « J’ai eu des pro­blèmes à un mo­ment dans ma vie, sa mu­sique m’a beau­coup ai­dée, ra­conte Ma­rine. Et c’est un homme qui est res­té très simple, il mé­rite que l’on se dé­mène pour lui. »

Le fan-club de Sli­mane trem­ble­ra ce soir de­vant le poste de té­lé­vi­sion. Emu comme de­vant une vé­ri­table soi­rée élec­to­rale.

Le chan­teur Lartiste.

Ma­rine, Maya et Fan­ny(de g. à dr.) aux cô­tés de Sli­mane.

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