Branle-bas de com­bat pour faire re­vivre la Grande Guerre

En hom­mage au cen­te­naire de l’Ar­mis­tice, un im­pres­sion­nant son et lu­mière est pré­vu ce soir. Nous avons as­sis­té aux ré­pé­ti­tions.

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE - @LePa­ri­sien_91

BRIIS

A qua­rante-huit heures de la re­pré­sen­ta­tion pro­gram­mée ce soir à Briis­sous-Forges, l’heure est aux der­niers ré­glages. « On a tou­jours peur qu’une panne in­ter­vienne », souffle Do­mi­nique Ta­chat, ad­jointe au maire de Saint-Ché­ron, qui oc­cupe pour l’oc­ca­sion la fonc­tion de ré­gis­seuse. Avant de se ras­su­rer : « De toute fa­çon, je n’ai qu’à pous­ser des bou­tons, tout va bien se pas­ser ! »

L’équipe, d’une qua­ran­taine de per­sonnes, n’en est pour­tant pas à ses dé­buts. Ils ont joué ce spec­tacle pour la pre­mière fois il y a deux ans. Mais ce soir, ce se­ra pour la veillée com­mé­mo­ra­tive de l’ar­mis­tice de la Pre­mière Guerre mon­diale or­ga­ni­sée par le con­seil dé­par­te­men­tal.

UNE RE­PRÉ­SEN­TA­TION DE­VANT 1 500 PER­SONNES

Gre­lot­tant sous son châle, Anne-Ma­rie De­lau­nay ré­pète quelques-unes de ses ré­pliques. Cette re­trai­tée de 71 ans in­ter­prète le per­son­nage de la Ma­de­lon, qui sert à boire et à man­ger aux poi­lus. Et, comme toutes les autres, elle par­ti­cipe à ce son et lu­mière bé­né­vo­le­ment. « Je suis de tous les spec­tacles de Jo­ce­lyne Gui­dez de­puis le pre­mier, il y a une quin­zaine d’an­nées, sou­rit-elle. Bien sûr, cette fois c’est par­ti­cu­lier. Ils at­tendent en­vi­ron 1 500 per­sonnes. Si pour le mo­ment l’eu­pho­rie règne, nous au­rons sû­re­ment le trac. »

Ad­joint en charge de l’ani­ma­tion à Saint-Ché­ron, Ka­mel Saa­da, qui joue un sol­dat, est lui aus­si conscient de la charge sym­bo­lique de ce ren­dez­vous. « Il faut être au­dible de tout le pu­blic, ne pas avoir de trou de mé­moire… C’est dif­fi­cile. Mais mon pre­mier mé­tier a été de tra­vailler sur les mar­chés, je sais faire por­ter ma voix. »

Pour quelques-uns des 25 ac­teurs que compte le spec­tacle, la tâche a été plus ar­due. « Cer­tains d’entre eux étaient ti­mides, ré­ser­vés, la plu­part n’avaient ja­mais fait de théâtre de leur vie, se sou­vient Jo­ce­lyne Gui­dez. Lorsque je me suis lan­cée dans ce pro­jet, j’étais en­core maire (NDLR : de Saint-Ché­ron), et je les re­ce­vais dans mon bu­reau entre deux ren­dez-vous pour les faire ré­pé­ter, et trou­ver les bonnes in­ter­pré­ta­tions. » Fille et femme de mi­li­taire, celle qui tra­vaillait au théâtre de Sa­lon-de-Pro­vence (Bouches-du-Rhône) avant de ve­nir s’ins­tal­ler en ré­gion pa­ri­sienne a consi­dé­ré comme une évi­dence de se pen­cher sur cette pé­riode de l’his­toire.

« J’ai vu mon père re­ve­nir d’In­do­chine. Il en par­lait très peu, mais j’ai per­çu son res­sen­ti, ra­conte-t-elle. Pour écrire ce spec­tacle, j’ai lu beau­coup de lettres de poi­lus. Et je me suis ins­pi­rée de ce qui au­rait pu ar­ri­ver à des ha­bi­tants de Saint-Ché­ron à l’époque. Je crois que le ré­sul­tat est réus­si, car cer­tains des pre­miers spec­ta­teurs ont eu les larmes aux yeux. » ▣ Ren­dez-vous à 18 heures place de la Li­bé­ra­tion. Cé­ré­mo­nie au mo­nu­ment aux morts à 18 h 30, au car­ré mi­li­taire 19 heures, spec­tacle à 20 h 30. Par­king et na­vettes gra­tuits à la gare au­to­rou­tière.

Briis, jeu­di. Ecrit et mis en scène par la sé­na­trice Jo­ce­lyne Gui­dez, le spec­tacle « 1914-1918, quand re­vien­drons-nous ? » est in­ter­pré­té par des ha­bi­tants de Saint-Ché­ron.

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