Le Parisien (Essonne) : 2018-11-10

SPORTS | ILE-DE-FRANCE : 46 : X

SPORTS | ILE-DE-FRANCE

SAMEDI 10 NOVEMBRE 2018 LE PARISIEN X Sports Ile-de-France @ParisienSpo_IDF ÎLE-DE-FRANCE La pépinière du foot français Une étude de la Ligue Paris-Ile-de-France détaille la très forte représentation des joueurs issus de la région en L 1, dans les centres de formation et les grands championnats européens. Comment les clubs gèrent-ils ce phénomène ? PAR LAURENT PRUNETA ET ARNAUD DETOUT (AVEC F. GI.) de France U 16, qui a récemment pris la 2e place du Tournoi du Val-de-Marne, ils étaient 9 (sur 18) à être issus de la région parisienne. Parmi eux, 7 ont signé dans un club de province. Et dans la dernière sélection espoirs annoncée par Sylvain Ripoll, plus de la moitié des sélectionnés sont issus de la région parisienne. Ces chiffres confirment les données statistiques publiées dernièrement par la Ligue de ParisIle-de-France. « J’ai chargé mes équipes de faire ce recensement pour valoriser les clubs et leur travail remarquable, explique son président, Jamel Sandjak. On parle souvent des jeunes qui ont percé, mais très peu de leur parcours initiatique. C’est un peu dommage. On dit qu’il n’y a pas de maternité dans les clubs, mais il faut bien qu’ils débutent quelque part. » « L’idée répandue, confortée par cette étude, c’est qu’il faut partir de la région parisienne pour réussir, commente Mathieu Lacan, coach des U 19 du Paris FC et qui épaule Jean-Luc Ruty à la tête du nouveau centre de formation du club. Mais j’espère qu’avec notre centre de formation, bientôt celui du Red Star ou DANS L’ÉQUIPE mille, poursuit Mohamed. Le recruteur prend ensuite contact avec le club pour nous demander d’autoriser le jeune à venir faire un stage. Une fois qu’on a reçu l’invitation de la structure pro dans la boîte mail du club, on l’imprime et on la laisse dans la bannette de l’éducateur qui la donnera ensuite au jeune. Nous acceptons les essais uniquement durant les périodes scolaires et dans la structure pro, on refuse les rassemblements de 200 jeunes en Ile-deFrance pour une détection. » Par ailleurs, les clubs doivent de plus en plus faire face à la pression des parents. « Si une famille décide d’aller à une détection ou à un stage sans notre intervention, il y a des sanctions sportives qui peuvent aller jusqu’à l’exclusion du club », précise Marc Mohamed. Mathieu Lacan met en avant « le formidable travail des clubs amateurs ». « On incite les clubs à avoir encore plus d’éducateurs formés et diplômés », confirme Jamel Sandjak, le président de la Ligue de Paris qui tient à mettre quelques barrières. « L’Ile-de-France est un puissant puits où on vient puiser, conclut-il. La Seine-Saint-Denis sort en tête. A terme, on fera nos sélections et détections au domaine de Morfondé 101 163 36 Sur les 284 joueurs français évoluant en Ligue 1 cette saison, 101 sont issus de l’Ile-de-France, soit plus d’un tiers. Au total, la Ligue 1 compte 549 footballeurs, en prenant en compte les joueurs étrangers. Lors de la saison 2017-2018, 163 jeunes joueurs issus de l’Ile-de-France étaient recensés dans 30 centres de formation français (L 1 et L 2). A titre d’exemple, Troyes comptait 14 Franciliens. Ils étaient 8 au Havre ou à Auxerre et 4 à… l’OM. 92 Français évoluent cette saison dans les 4 grands championnats étrangers (Italie, Espagne, Angleterre et Allemagne). Parmi eux, 36 Franciliens, soit plus d’un tiers. Plus frappant encore, on en compte même 14 sur les 31 Français de Premier League ! d’autres, on parviendra à changer cette mentalité. » Chaque année, le Paris FC est l’un des clubs franciliens les plus pillés. Quatorze joueurs de sa prometteuse génération 2002 sont déjà partis ailleurs. Cet été, c’est 12 joueurs déjà en formation ou en préformation qui ont quitté le club. « Mais avec son centre de formation — 10 joueurs sous contrat stagiaire ou aspirant, 45 en convention —, le PFC est désormais protégé pour les au-dessus de l’école de foot. « Maintenant, il faudra payer », appuie Lacan. pour superviser les catégories de 1011 ans, explique son manageur Marc Mohamed. On est sollicités par les clubs français et étrangers via des invitations. » Quand un jeune de l’Entente SSG tape dans l’oeil d’un scout, la procédure est toujours la même. « Après un match, le recruteur discute avec l’éducateur pour prendre des infos techniques mais aussi sur son comportement, son état d’esprit et sa facatégories “À FAIRE FACE À LA PRESSION DES PARENTS TERME, ON FERA NOS SÉLECTIONS ET DÉTECTIONS AU DOMAINE DE MORFONDÉ POUR PROTÉGER NOS CLUBS ET NOS LICENCIÉS Ce n’est pas le cas d’un club amateur comme l’Entente SSG, qui a enregistré 22 départs pour des centres de formation en 2017, 13 cette année. « Tous les scouts français et européens viennent très tôt chez nous (NDLR: le centre technique régional situé en Seine-et-Marne) pour protéger nos clubs et nos licenciés car il y aura un process à respecter pour y assister. » ” JAMEL SANDJAK, LE PRÉSIDENT DE LA LIGUE DE PARIS-ÎLE-DE-FRANCE “C’EST UN DES PLUS GROS VIVIERS AU MONDE AVEC LA RÉGION DE SÃO PAULO AU BRÉSIL. UN VIVIER QUASIMENT INÉPUISABLE. ” npdirectlp_ftp

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