En marche... au pas !

La voie semble toute tra­cée pour Sta­nis­las Gue­ri­ni, qui s’ap­prête à suc­cé­der à Chris­tophe Cas­ta­ner à la tête de LREM. Ain­si en a dé­ci­dé l’Ely­sée.

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE -

IL AR­BORE un large sou­rire, Sta­nis­las Gue­ri­ni, lors­qu’il ar­rive, ses par­rai­nages sous le bras, au QG de LREM. Car le dé­pu­té de Pa­ris est (sauf im­mense sur­prise) as­su­ré d’être élu dé­lé­gué gé­né­ral du par­ti pré­si­den­tiel le 1er dé­cembre. « Nous avons re­çu trois can­di­da­tures », fai­sait sa­voir le par­ti hier soir. Il s’agit de Sta­nis­las Gue­ri­ni, Joachim SonFor­get et d’un tri­nôme com­po­sé Ju­liette de Cau­sans, Mé­lis­sa Ray­naud et Lyn­da Ait Mes­ghat. Mais aux yeux de tous, la voie est tra­cée pour cet his­to­rique du mou­ve­ment. « Le chef veut Gue­ri­ni », avance un fa­mi­lier du pou­voir.

Comme un air de dé­jà vé­cu. Il y a un an, Chris­tophe Cas­ta­ner, seul can­di­dat, se lan­çait dans une com­pé­ti­tion qui n’en était pas une. « Ce­la ne re­dore pas l’image du par­ti », sou­pire un dé­pu­té LREM, quand un cadre ad­met que l’ab­sence de com­pé­ti­tion in­terne peut gé­né­rer « un peu de dé­cep­tion » chez les Mar­cheurs. La route de Gue­ri­ni s’est dé­ga­gée mar­di soir, lorsque son prin­ci­pal concur­rent, Pierre Per­son, s’est re­ti­ré de la course. Plai­dant « l’uni­té et le ras­sem­ble­ment », dans une in­ter­view au « Fi­ga­ro », il a cer­ti­fié ne ré­ade gir « à au­cune pres­sion ». « On lui a dit que ce n’était pas son mo­ment, souffle tou­te­fois l’un de ses sou­tiens. La cam­pagne n’était pas tout à fait se­reine. » « On al­lait se faire la guerre, ce qui au­rait nour­ri les op­po­si­tions », ren­ché­rit un cadre. Tout ce que l’état-ma­jor de LREM sou­hai­tait évi­ter.

GENT­LE­MEN’S AGREEMENT

« S’af­fron­ter ne doit pas être le pre­mier ré­flexe, sauf s’il y a des di­ver­gences fortes. J’ai in­vi­té les deux can­di­dats qui avaient le plus de chances d’être élus à s’in­ter­ro­ger pour sa­voir s’ils avaient des di­ver­gences in­dé­pas­sables. Car les lo­giques d’am­bi­tions in­di­vi­duelles ne sont pas la re­cette de la ma­tu­ri­té po­li­tique. Alors que nous sommes au pou­voir, nous avons bien d’autres choses à faire », nous confie Phi­lippe Gran­geon, le dé­lé­gué gé­né­ral par in­té­rim.

Va donc pour un gent­le­men’s agreement. « Si on veut réus­sir pour la suite, il faut qu’on le fasse en­semble. Pierre au­ra une fonc­tion im­por­tante au sein du mou­ve­ment », pro­met Gue­ri­ni, qui dé­peint le rôle de dé­lé­gué gé­né­ral comme ce­lui de « pre­mier pé­da­gogue de la ma­jo­ri­té ». Con­trai­re­ment à Cas­ta­ner, qui re­fu­sait d’en­dos­ser le titre de « chef » — ce qui lui a coû­té — à ses dé­buts à la tête de LREM, Gue­ri­ni veut as­su­mer : « Ce­la fait par­tie du job. » Comme de ga­gner en no­to­rié­té, face à des chefs d’op­po­si­tion rom­pus à la ba­taille po­li­tique. Ou de ren­for­cer ce par­ti, où il reste tant à faire d’ici aux pro­chaines échéances élec­to­rales. Rien d’ai­sé. « En po­li­tique, rien ne se dé­crète, tout se construit », dit Gue­ri­ni.

Pa­ris, hier. Sta­nis­las Gue­ri­ni.

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