FI­LIA­TION

Le Parisien (Essonne) - - SOCIÉTÉ - PAR AY­ME­RIC RENOU

La cour d’ap­pel de Mont­pel­lier a re­je­té, hier, la de­mande d’un père, de­ve­nu femme, d’être re­con­nu comme la mère de sa fille sur son acte de nais­sance. Mais elle lui a ac­cor­dé le sta­tut, « in­édit », se­lon son avo­cate, de « pa­rent bio­lo­gique », ar­guant « de l’in­té­rêt su­pé­rieur de l’en­fant de voir éta­blir la réa­li­té de sa fi­lia­tion ». En 2016, le tri­bu­nal avait dé­jà re­fu­sé la de­mande de Claire (NDLR : le pré­nom a été chan­gé), 50 ans, de voir re­trans­crite sur l’acte de nais­sance de sa fille, née de sa re­la­tion avec So­phie, son épouse de­puis 1999, une se­conde fi­lia­tion ma­ter­nelle. PRENDRE LA POSE avec, à ses cô­tés, un jeune ani­mal sau­vage semble être la der­nière lu­bie sur les ré­seaux so­ciaux. Une pra­tique aus­si « dra­ma­tique qu’in­cons­ciente » pour Re­ha Hu­tin, la pré­si­dente de la Fon­da­tion 30 Mil­lions d’amis. L’as­so­cia­tion de dé­fense des ani­maux a dû re­cueillir pas moins de cinq jeunes fé­lins de­puis le dé­but de l’an­née. Deux lion­ceaux, à Mar­seille (Bouches-du-Rhône) et à Noi­sy-le-Sec (Seine-Saint-De­nis), un lynx à Cham­pi­gny-surMarne (Val-de-Marne), un bé­bé tigre au Havre (Seine-Ma­ri­time) mais aus­si Pou­tine, ce lion­ceau de quelques mois dé­cou­vert lun­di soir dans une Lam­bor­ghi­ni re­mon­tant les Champs-Ely­sées. Au vo­lant, un homme de 33 ans in­ter­pel­lé par les forces de l’ordre et pla­cé en garde à vue pour « dé­ten­tion d’es­pèce ani­male non pro­té­gée ».

BEN­ZE­MA ET MATT POKORA AVEC DES BÉ­BÉS TIGRES

Le lion­ceau des Champs-Ely­sées « avait la queue sec­tion­née, une fai­blesse à une patte ar­rière et était déshy­dra­té », as­sure Ar­nauld Lhomme, l’en­quê­teur de la Fon­da­tion qui l’a pris en charge. Ac­tuel­le­ment en qua­ran­taine, il se­ra en­suite trans­fé­ré vers une ré­serve spé­cia­li­sée en Afrique du Sud.

« Le phé­no­mène date de quatre ou cinq ans et vient des Emi­rats arabes unis, où les riches adorent se pavaner avec des bé­bés ani­maux sau­vages, dé­plore Re­ha Hu­tin. Ils s’en dé­bar­rassent dès que les ani­maux, sou­vent des fé­lins, at­teignent l’âge de 1 an et de­viennent trop dan­ge­reux. Nous avons dû ou­vrir un sanc­tuaire en Jor­da­nie pour re­cueillir des di­zaines d’ani­maux aban­don­nés. »

Après des pho­tos pos­tées sur Ins­ta­gram, de­puis Du­baï, par le foot­bal­leur Ka­rim Ben­ze­ma ou le chan­teur Matt Pokora en com­pa­gnie de bé­bés tigres, la pra­tique semble s’ins­tal­ler dan­ge­reu­se­ment en France. « Il est au­jourd’hui pos­sible de s’of­frir un pe­tit fauve pour seule­ment 200 à 300 €, soit moins que le prix d’un chien, s’étrangle Re­ha Hu­tin. Notre re­gard se tourne in­évi­ta­ble­ment vers des éle­vages clan­des­tins mais aus­si vers les cirques, les seuls à avoir l’au­to­ri­sa­tion d’éle­ver de jeunes ani­maux sau­vages. »

Même si la lé­gis­la­tion in­ter­dit la dé­ten­tion d’un ani­mal sau­vage sans une dé­cla­ra­tion en pré­fec­ture et un cer­ti­fi­cat de ca­pa­ci­té, la Fon­da­tion 30 Mil­lions d’amis dé­nonce le manque criant de contrôles et de­mande l’ar­rêt de l’au­to­ri­sa­tion, même en­ca­drée, de l’éle­vage et de la re­pro­duc­tion d’ani­maux sau­vages en France.

“LE PHÉ­NO­MÈNE VIENT DES EMI­RATS, OÙ LES RICHES ADORENT SE PAVANER AVEC DES BÉ­BÉS ANI­MAUX

” SAU­VAGES

Pou­tine, le lion­ceau trou­vé à Pa­ris lun­di, a été ré­cu­pé­ré par la Fon­da­tion 30 Mil­lions d’amis. Il se­ra bien­tôt trans­fé­ré vers une ré­serve en Afrique en Sud.

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