Nzonzi, l’an­ti-Pog­ba

Le mi­lieu de ter­rain, ar­ri­vé chez les Bleus il y a un an, de­vrait rem­pla­cer Paul Pog­ba de­main contre les Pays-Bas. A 29 ans, il vit les meilleurs mo­ments de sa car­rière.

Le Parisien (Essonne) - - SPORTS - PAR YVES LE­ROY (AVEC H.M.)

RE­VOI­LÀ Ste­ven Nzonzi. Un an après la pre­mière de ses douze sé­lec­tions, le mi­lieu dé­fen­sif de l’équipe de France de­vrait, au re­gard de l’en­jeu du match et d’une lo­gique de choix chère au sé­lec­tion­neur, être pré­fé­ré à Mous­sa Sissoko et rem­pla­cer Paul Pog­ba dans le onze de dé­part, de­main soir aux Pays-Bas. Un pas­sage de té­moin (pro­vi­soire) entre deux joueurs aux tra­jec­toires très dif­fé­rentes. Pog­ba sym­bo­lise le foot­bal­leur pro­dige, star à 19 ans, icône pu­bli­ci­taire in­ter­na­tio­nale.

Nzonzi, 29 ans, a dé­cou­vert les pro­jec­teurs sur le tard, dans la se­conde moi­tié d’une car­rière dé­mar­rée à Amiens, en Ligue 2, et pour­sui­vie pen­dant six ans dans la ru­gueuse deuxième moi­tié de ta­bleau du cham­pion­nat d’An­gle­terre, à Black­burn et Stoke. Et puis la lu­mière est ar­ri­vée, en­fin. Une Ligue Eu­ro­pa en 2016, une en­trée convain­cante en fi­nale et un titre de cham­pion du monde en 2018 avec les Bleus. Puis un trans­fert à 30 M€ du Sé­ville FC à l’AS Rome, qui tra­duit mieux sa va­leur.

« Mon­chi (le di­rec­teur spor­tif) a beau­coup cru en lui en le fai­sant ve­nir à Sé­ville puis à Rome, sou­ligne un proche du club ita­lien. Ils se connais­saient très bien et il a oeu­vré pour sa ve­nue. » Ses pre­miers pas dans le club ro­main confirment une autre grande dif­fé­rence avec ce- lui que Nzonzi sup­plée­ra face aux Néer­lan­dais : la dis­cré­tion. Comme chez les Bleus, le géant (1,96 m), sur­nom­mé la Lon­gueur, la joue sobre sans pour au­tant s’iso­ler.

« Il s’in­tègre bien, même s’il ne parle pas en­core ita­lien, sou­ligne cet in­time de la Ro­ma. Il parle an­glais et es­pa­gnol, comme beau­coup de joueurs du ves­tiaire. Il joue tous les matchs. Tout le monde est content de lui. Après la Coupe du monde, sans avoir de va­cances, il a fal­lu qu’il di­gère au ni­veau phy­sique, mais il s’adapte au foot­ball ita­lien et il est de mieux en mieux. »

Blaise Ma­tui­di, qui joue à la Ju­ven­tus Tu­rin, se montre élo­gieux à pro­pos de son co­équi­pier du mi­lieu tricolore : « Je suis sur­pris de son adap­ta­tion très ra­pide en Ita­lie. Ce n’est ja­mais évident lors­qu’on ar­rive en Se­rie A, qui est un cham­pion­nat très tac­tique. Il a su s’adap­ter à mer­veille, il est très per­for­mant. A chaque fois qu’on a fait ap­pel à lui en sé­lec­tion, il a ré­pon­du pré­sent. C’est un très bon joueur et je di­rais même un grand joueur. Il a le mé­rite d’être là, le coach a une grande confiance en lui, il donne le meilleur pour l’équipe. »

Evi­dem­ment, le re­gistre est dif­fé­rent de ce­lui de Pog­ba, mais Nzonzi ne sur­prend plus chez les Bleus. Sa sil­houette dé­ton­nait ain­si que son agi­li­té re­la­tive lors de ses pre­miers en­traî­ne­ments. Mais de­puis ses dé­buts en sé­lec­tion, le joueur ori­gi­naire de Co­lombes (Hauts-de-Seine) fait ce qu’il sait faire, avec un dé­chet très li­mi­té (seule­ment six bal­lons per­dus en 140 mi­nutes de jeu à la Coupe du monde) et une at­ti­tude ir­ré­pro­chable. Sans bruit mais avec l’ap­pé­tit fé­roce de ceux qui viennent de loin.

« À CHAQUE FOIS QU’ON A FAIT AP­PEL À LUI EN SÉ­LEC­TION, IL A RÉ­PON­DU PRÉ­SENT » BLAISE MA­TUI­DI, MI­LIEU DES BLEUS

Clai­re­fon­taine (Yve­lines), le 11 oc­tobre. Sur­nom­mé la Lon­gueur par ses co­équi­piers (il me­sure 1,96 m), Ste­ven Nzonzi se fait dou­ce­ment une place chez les Bleus à 29 ans.

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