A l’ar­ri­vée, Meil­hat n’au­ra plus de spon­sor…

En dé­pit d’un ba­teau désa­van­ta­gé, Paul Meil­hat est dans la course au po­dium dans la classe Imo­ca. A l’ar­ri­vée, le skip­peur fran­ci­lien de­vra pour­tant se mettre à la re­cherche d’un nou­veau par­te­naire.

Le Parisien (Essonne) - - VOILE / ROUTE DU RHUM - PAR SAN­DRINE LEFÈVRE

LE TEAM QUI TRA­VAILLE à ses cô­tés de­puis trois ans et de­mi s’est en­vo­lé pour la Gua­de­loupe. Si tout va bien, Paul Meil­hat ar­ri­ve­ra sur l’île de­main, tard dans la nuit, à l’is­sue d’une tra­ver­sée de l’At­lan­tique qua­si hé­roïque. Si le Bri­tan­nique Alex Thom­son, à bord de son « Hu­go­Boss » su­per­so­nique, sur­vole la course chez les Imo­ca (les mo­no­coques de 60 pieds), le skip­peur de « SMA », so­lide 2e, fait jeu égal avec Vincent Riou (« PRB ») et Yann Elies (« Ucar Saint-Mi­chel »), mal­gré un ba­teau à dé­rive droite, c’est-à-dire non équi­pé de ces fa­meux foils qui ré­vo­lu­tionnent le monde de la voile.

« Ce que réa­lise Paul est fa­bu­leux, es­time son ami le skip­peur Gwe­no­lé Ga­hi­net. Il montre que mal­gré les pro­grès tech­niques, la qua­li­té du ma­rin de­meure le fac­teur le plus im­por­tant. » « Il n’y a pas vrai­ment de match entre les foi­lers et les non­foi­lers, on sait que c’est per­du d’avance, plai­sante Paul Meil­hat. Je n’ai pas de foils, tant pis, je com­pose, dois mul­ti­plier les ma­noeuvres pour sta­bi­li­ser mon ba­teau, je me re­pose moins, mais c’est ain­si. Yann (Elies) n’a pas eu de réus­site au dé­but, il a ren­con­tré des dif­fi­cul­tés dans la pre­mière dé­pression, c’est ce qui m’a per­mis d’être de­vant. Quant à Vincent (Riou), je sup­pose qu’il a des sou­cis tech­niques. La vie en mer est faite de pé­ri­pé­ties. »

« LES GENS QUE J’AI DÉ­JÀ CONTAC­TÉS ONT TRÈS CER­TAI­NE­MENT SUI­VI LA ROUTE DU RHUM, CE SE­RA FOR­CÉ­MENT UN PLUS »

Le skip­peur ori­gi­naire de Cré­teil (Val-de-Marne) avoue avoir me­né un dé­but de course à un train d’en­fer. « J’ai très peu dor­mi. Ce n’est que lun­di, quand le vent s’est sta­bi­li­sé, que j’ai pu lire et écou­ter de la mu­sique pour la pre­mière fois. »

Dans quelques jours, peu après avoir po­sé le pied au sol, Meil­hat de­vra dire adieu à son spon­sor, SMA, qui a choi­si de se re­ti­rer de la voile. Des contacts ont été noués avec d’autres par­te­naires en vue du Ven- dée Globe 2020, rien n’a tou­te­fois été concré­ti­sé. « For­cé­ment, ça le pousse à vou­loir fi­nir en beau­té », es­time Gwe­no­lé Ga­hi­net. « Je suis dé­jà lar­ge­ment au-des­sus de mes es­pé­rances, sou­ligne Meil­hat. Il y avait dix ba­teaux à foils sur la ligne de dé­part, je me bats pour le poje dium, je suis très sa­tis­fait. Ce qui m’in­té­res­sait avant tout, c’était de réus­sir ma course, mais j’évite de me mettre une pres­sion sup­plé­men­taire, je sais que je ne me bats pas avec les mêmes armes que les autres. Alex Thom­son, je l’ai juste vu pas­ser (rires). »

En ren­trant, le ma­rin re­pren­dra son bâ­ton de pè­le­rin. « J’ai fait ça toute l’an­née. Les gens que j’ai dé­jà contac­tés ont très cer­tai­ne­ment sui­vi la Route du rhum, ce se­ra for­cé­ment un plus. Mais j’évite de trop y pen­ser, je ver­rai ça une fois la ligne fran­chie, il reste en­core du che­min. »

Sur la Route du rhum, jeu­di der­nier. Le spon­sor de Paul Meil­hat, SMA, a choi­si de se re­ti­rer de la voile.

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