Cinq me­sures pour ai­der les Fran­çais

Le Parisien (Essonne) - - FAIT DU JOUR - AU­RÉ­LIE LEBELLE @Au­re­lieLe­belle

1 Une « su­per­prime » à la conver­sion au­to­mo­bile I LA ME­SURE.

La prime à la conver­sion, mise en place en 2015, vise à fa­vo­ri­ser le rem­pla­ce­ment de vé­hi­cules an­ciens par des vé­hi­cules plus propres. C’est un vrai suc­cès : de­puis jan­vier, 280 000 primes à la conver­sion ont dé­jà été dis­tri­buées alors que l’ob­jec­tif ini­tial du gou­ver­ne­ment était de 500 000 primes pour l’en­semble du quin­quen­nat. Hier, Edouard Phi­lippe a an­non­cé que le gou­ver­ne­ment al­lait « dou­bler cet ob­jec­tif » pour at­teindre « un mil­lion de conver­sions ». Mais ce n’est pas tout : les Fran­çais les plus tou­chés par la hausse des prix à la pompe bé­né­fi­cie­ront d’une prime ma­jo­rée.

I QUI EN PRO­FITE ?

Ac­tuel­le­ment, tous les Fran­çais, quels que soient leurs re­ve­nus, peuvent pré­tendre à la prime à la conver­sion. Mais le mon­tant de l’en­ve­loppe oc­troyée par l’Etat dif­fère se­lon qu’ils sont im­po­sables ou non. Hier ma­tin, Edouard Phi­lippe a an­non­cé le dou­ble­ment de la prime dès le 1er jan­vier pour les 20 % des mé­nages les plus pauvres ain­si que les ac­tifs non im­po­sables (sa­la­riés ou in­dé­pen­dants) qui roulent au moins 60 km par jour pour al­ler tra­vailler. « Une at­tes­ta­tion de l’em-

ployeur se­ra de­man­dée », pré­cise Ma­ti­gnon. Au to­tal, le gou­ver­ne­ment vise 100 000 bé­né­fi­ciaires de cette « su­per­prime ». I POUR QUEL MON­TANT ? La sur­prime à la conver­sion au­to­mo­bile at­tein­dra 4 000 € pour un vé­hi­cule die­sel et 5 000 € pour un vé­hi­cule élec­trique ou hy­bride, neuf ou d’oc­ca­sion. Elle peut être cu­mu­lable avec le bo­nus éco­lo­gique (qui peut at­teindre 6 000 €) lors de l’achat d’un vé­hi­cule élec­trique neuf. 2 Les in­dem­ni­tés ki­lo­mé­triques re­va­lo­ri­sées I LA ME­SURE.

Le ba­rème ki­lo­mé­trique, uti­li­sé par les mé­nages pour lis­ter leurs frais au réel sur la dé­cla­ra­tion de re­ve­nus, se­ra ré­éva­lué à par­tir du 1er jan­vier pro­chain.

I QUI EN PRO­FITE ?

Pas tout le monde ! Pour « ne pas en­voyer un si­gnal contraire à la tran­si­tion éner­gé­tique » et ai­der prin­ci­pa­le­ment les Fran­çais les plus mo­destes qui uti­lisent beau­coup leur vé­hi­cule, la hausse du ba­rème des in­dem­ni­tés ki­lo­mé­triques concer­ne­ra uni­que­ment les vé­hi­cules de faible puis­sance.

I POUR QUEL MON­TANT ?

« Les vé­hi­cules de 3 CV ou moins qui roulent plus de 60 km par jour pro­fi­te­ront d’une re­va­lo­ri­sa­tion du ba­rème de 10 %, pré­cise-t-on dans l’en­tou­rage du Pre­mier mi­nistre. Quant aux vé­hi­cules de 4 CV, la hausse se­ra de 5 %. »

3 Un chèque éner­gie élar­gi I LA ME­SURE.

Alors qu’au­jourd’hui 3,6 mil­lions de mé­nages mo­destes re­çoivent un chèque éner­gie d’en­vi­ron 150 € par an pour se chauf­fer, le nombre de bé­né­fi­ciaires se­ra re­vu à la hausse.

I QUI EN PRO­FITE ?

Le nombre de bé­né­fi­ciaires pas­se­ra à 5,6 mil­lions à par­tir de 2019. Ac­tuel­le­ment, les bé­né­fi­ciaires du chèque éner­gie ont un re­ve­nu fis­cal de ré­fé­rence in­fé­rieur à 7 700 € pour une per­sonne seule et 11 550 € pour un couple.

I POUR QUEL MON­TANT ?

Au prin­temps, les 5,6 mil­lions de bé­né­fi­ciaires re­ce­vront une en­ve­loppe au­tour de 200 € en moyenne, se­lon la com­po­si­tion de leur foyer.

A no­ter. Il ne s’agit pas d’une nou­velle an­nonce. La re­va­lo­ri­sa­tion du chèque éner­gie de 50 € était connue et est ins­crite dans le bud­get 2019.

4 La prime à la conver­sion des chau­dières re­va­lo­ri­sée I LA ME­SURE.

Si cette aide existe dé­jà, par le biais du cré­dit d’im­pôt en fa­veur de la tran­si­tion éner­gé­tique, qui fi­nance 30 % du coût d’une nou­velle chau­dière, elle se­ra « amé­lio­rée » en 2019, a an­non­cé Edouard Phi­lippe. L’ob­jec­tif est clair : que les 10 % des Fran­çais qui se chauffent au fioul sortent dé­fi­ni­ti­ve­ment de ce sys­tème d’ici à la « fin du pro­chain quin­quen­nat ».

I QUI EN PRO­FITE ?

Tous les Fran­çais qui pos­sèdent au­jourd’hui une chau­dière au fioul.

I POUR QUEL MON­TANT ?

A par­tir du 1er jan­vier 2019, l’as­siette éli­gible au cré­dit d’im­pôt en fa­veur de la tran­si­tion éner­gé­tique in­té­gre­ra « les frais d’ins­tal­la­tion et les coûts de dé­pose de la cuve qui s’élèvent sou­vent à plus de 1 000 € », pré­cise-t-on au ca­bi­net du Pre­mier mi­nistre. Autre coup de pouce en fa­veur de cette « tran­si­tion chau­dière » : « Les primes ver­sées via le dis­po­si­tif des cer­ti­fi­cats d’éco­no­mie d’éner­gie se­ront re­vues à la hausse », ajoute-t-on sans pré­ci­ser de mon­tant. En­fin, les mé­nages pour­ront bé­né­fi­cier d’un éco-prêt à taux zé­ro pour le simple chan­ge­ment d’une chau­dière alors qu’ac­tuel­le­ment il faut réa­li­ser plu­sieurs types de tra­vaux en même temps pour en bé­né­fi­cier.

5 Le chèque car­bu­rant défiscalisé I LA ME­SURE.

Alors que cer­taines col­lec­ti­vi­tés versent des aides aux ac­tifs qui doivent faire de longs tra­jets en voi­ture ou qui se dé­placent en co­voi­tu­rage pour al­ler tra­vailler, Edouard Phi­lippe a pré­ci­sé que ces coups de pouce se­ront exo­né­rés d’im­pôt sur le re­ve­nu, ce qui n’est pas le cas ac­tuel­le­ment.

I QUI EN PRO­FITE ?

Peu de Fran­çais car le dis­po­si­tif est prin­ci­pa­le­ment mis en place dans les Hauts-de-France, où la ré­gion verse une aide au tran­sport des par­ti­cu­liers (ATP) qui sont sa­la­riés en CDD ou CDI et vivent à plus de 30 km du lieu où ils tra­vaillent, dans une com­mune éloi­gnée des trans­ports en com­mun et qui gagnent moins de deux fois le smic (soit 2 347 € net).

I POUR QUEL MON­TANT ?

Dans les Hauts-de-France, l’aide est 20 € par mois. A par­tir du 1er jan­vier, les 240 € ver­sés chaque an­née par la ré­gion se­ront exo­né­rés d’im­pôt.

L’ob­jec­tif de l’aide à la tran­si­tion éner­gé­tique, qui va être amé­lio­rée l’an­née pro­chaine : l’ar­rêt du chauf­fage au fioul d’ici à 2027.

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