Com­ment re­po­ser ses yeux

Notre vue est fa­ti­guée par l’usage fré­quent des écrans. Voi­ci des so­lu­tions et même des exer­cices pour la sou­la­ger.

Le Parisien (Essonne) - - LA UNE - PAR EL­SA MA­RI

Il est à peine 16 heures et vous n’ar­ri­vez dé­jà plus à lire un mail. Vos yeux brûlent, piquent, tirent jus­qu’aux maux de tête. Im­pos­sible de tra­vailler davantage. « On vit dans une so­cié­té très vi­suelle où l’on est sans cesse sur nos écrans. Nos yeux sont per­pé­tuel­le­ment sous ten­sion, ne se re­posent ja­mais », ana­lyse Laurent Mil­stayn, pré­sident du Syn­di­cat na­tio­nal au­to­nome des or­thop­tistes (Snao), qui com­pare cette sur­sol­li­ci­ta­tion au fait de por­ter des poids à bout de bras sans re­lâche. « On a de plus en plus de de­mandes pour ce genre de pro­blèmes. » Alors que la vi­sion re­pré­sente 80 à 85 % de la mo­bi­li­sa­tion de nos sens, elle ne suit plus le rythme. Beau­coup de Français s’en plaignent. Com­ment faire pour lut­ter contre la fa­tigue ocu­laire ? Voi­ci quelques gestes simples et des exer­cices de re­pos à in­té­grer dans son quo­ti­dien.

ON MARQUE DES PAUSES

C’est la pre­mière re­com­man­da­tion des spé­cia­listes. Ab­sor­bés par leur jour­née de tra­vail, cer­tains en­chaînent les heures, vis­sés à leur bu­reau, col­lés à leur or­di­na­teur. Er­reur. Ac­cor­dez-vous dix mi­nutes de pause vi­suelle toutes les deux heures, en moyenne. On re­lâche la ten­sion, on change d’ac­ti­vi­té, on re­garde à droite, à gauche, au loin. « On va­rie ain­si les dis­tances de conver­gence, qui per­mettent de fixer un ob­jet, et d’ac­com­mo­da­tion, la ca­pa­ci­té à faire une mise au point », ex­plique Laurent Mil­stayn. On se po­si­tionne à mi­ni­mum 60 cm de son écran. N’ou­bliez pas de faire vé­ri­fier votre vi­sion, elle doit être sta­bi­li­sée grâce des lu­nettes adap­tées.

ON TIENT LE RE­GARD

Si ces quelques as­tuces ne sont pas suf­fi­santes, en­traî­nez-vous à re­laxer vos yeux. On se po­si­tionne au fond de sa chaise, le dos droit, un sty­lo à la main que l’on dé­place len­te­ment de droite à gauche et de gauche à droite, face à soi, sur une ligne ima­gi­naire à l’ho­ri­zon­tal. Seul le bras fait des va-et­vient, le re­gard ne dé­croche pas et suit l’ob­jet pen­dant cinq mi­nutes. Vous res­sen­tez une gêne, ça tire ? C’est nor­mal, comme un muscle, vos yeux tra­vaillent. « Cet exer­cice per­met de re­trou­ver une ca­pa­ci­té de syn­chro­nisme, de rendre les yeux plus souples en­semble, nous ap­prend le pré­sident du Syn­di­cat des or­thop­tistes, car ils peuvent boi­ter un peu. »

ON TRA­VAILLE LES SACCADES

Le cours de gym­nas­tique ocu­laire se pour­suit en va­riant les en­chaî­ne­ments. Cette fois-ci, pre­nez deux sty­los ou conten­tez-vous d’écar­ter deux doigts droits de­vant vous, les bras ten­dus, au ni­veau du vi­sage. Votre corps reste fi­gé mais le re­gard sau­tille de l’un à l’autre d’un mou­ve­ment ra­pide. « Dans le pre­mier exer­cice, il s’agit de faire un mou­ve­ment de pour­suite pour être sûr que les yeux fixent bien, là on al­terne la fixa­tion », pour­suit Laurent Mil­stayn. Ce­la per­met de dé­con­trac­ter les yeux.

ON AL­TERNE LES EF­FORTS

En­core un peu de tra­vail ! Cette fois­ci, on tient son sty­lo à bout de bras, de­vant soi, et on fixe l’ob­jet puis le loin­tain. L’oeil fait un tra­vail de conver­gence puis scrute l’ho­ri­zon et al­terne concen­tra­tion et re­lâ­che­ment. Tous ces exer­cices peuvent être ef­fec­tués pen­dant 2 - 3 mi­nutes cha­cun une à deux fois par se­maine. « C’est un peu comme du sport, il faut les faire très ré­gu­liè­re­ment », pré­cise Dominique Le Guen, in­fir­mière de notre jour­nal, qui dis­pense des cours aux em­ployés. Dans tous les cas, ne vous in­quié­tez pas si vous souf­frez sou­vent de fa­tigue ocu­laire, celle-ci non seule­ment se sou­lage mais sur­tout elle n’abîme pas les yeux !

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