Yan­nick Ja­dot en so­lo aux eu­ro­péennes

Tête de liste EELV pour les eu­ro­péennes, le re­muant eu­ro­dé­pu­té croit en sa bonne étoile pour ce scru­tin tra­di­tion­nel­le­ment fa­vo­rable aux éco­lo­gistes. Et ap­pelle à l’union de forces de gauche.

Le Parisien (Essonne) - - POLITIQUE - QUEN­TIN LAURENT @Quen­tin_Laurent

ÇA RES­SEMBLE à un ma­ra­thon. Là où les autres par­tis po­li­tiques joue­ront la cam­pagne des eu­ro­péennes sur un sprint — quelques se­maines avant la date du scru­tin, le 26 mai —, Yan­nick Ja­dot a pa­rié sur le temps long. La tête de liste Eu­rope Eco­lo­gieles Verts pro­mène de­puis l’été sa grande sil­houette — 51 ans, yeux bleus, nez gau­lois — à coups de for­mules bien taillées sur les pla­teaux té­lé et dans les ma­ni­fes­ta­tions.

Il n’ar­rête pas ! La se­maine der­nière, pas moins de trois ma­ti­nales ra­dio en quatre jours. « Il faut faire im­pri­mer Ja­dot », nous ex­pli­quait Da­vid Cor­mand, se­cré­taire na­tio­nal d’EELV, à la fin de l’été. A dé­faut de re­te­nir son nom, que les gens le voyant se disent au moins : « Ah, c’est l’éco­lo. »

Dé­pu­té eu­ro­péen bos­seur et do­té d’un beau ba­gout, Ja­dot est en­core mé­con­nu du grand pu­blic, du fait no­tam­ment de sa can­di­da­ture éphé­mère à la pré­si­den­tielle de 2017. Cet an­cien di­rec­teur de Green­peace a pro­fi­té de la crise des Gi­lets jaunes pour prendre la lu­mière, en dé­fen­dant une fis­ca­li­té éco­lo­gique et la fin du die­sel, ou en ta­pant sur un gou­ver­ne­ment ju­gé « petits bras » sur l’en­vi­ron­ne­ment. A en­tendre l’eu­ro­dé­pu­té, seule la liste éco­lo est « sin­cè­re­ment, ra­di­ca­le­ment, po­si­ti­ve­ment eu­ro­péenne ».

A EELV, hors jeu de­puis plus de deux ans, cer­tains sont per­sua­dés que les eu­ro­péennes se- ront l’oc­ca­sion de se « re­faire la ce­rise ». Et que l’éco­lo­gie peut de­ve­nir le pi­vot cen­tral de la po­li­tique. Les beaux scores réa­li­sés par les Verts lors des der­nières élec­tions en Al­le­magne donnent des ailes au par­ti. Au point de rê­ver à 15 % en mai, en dé­pas­sant, pour­quoi pas, les Inen sou­mis. Les der­niers son­dages les cré­ditent pour l’ins­tant de 7 % d’in­ten­tions de vote.

UNE COURSE EN SO­LI­TAIRE QUI NE FAIT PAS L’UNA­NI­MI­TÉ

Mais cette course en so­li­taire de l’éco­lo­giste ne fait pas l’una­ni­mi­té, tant chez EELV que plus lar­ge­ment à gauche, où l’on agite le chif­fon rouge de la di­vi­sion, et d’une my­riade de listes aux scores mai­gre­lets. « Au sein du par­ti, je n’ai pas ren­con­tré de dé­fen­seur de sa stra­té­gie », nous confiait il y a quelques se­maines le maire éco­lo de Gre­noble, Eric Piolle. « Les mi­li­tants et les élec­teurs ne com­prennent pas pour­quoi on ne tra­vaille pas avec Ha­mon (Gé­né­ra­tion·s) ou Glucks­mann (Place pu­blique) », souffle un cadre. « Yan­nick a be­soin de trois choses, ren­ché­rit Da­niel Cohn-Ben­dit. D’un pro­gramme éco­lo­giste — il l’a —, de sou­rire, et de ras­sem­bler ! »

Un temps fa­vo­rable à ce dia­logue, Cor­mand dé­fend le so­lo de Ja­dot : « La re­com­po­si­tion de la gauche, ce n’est pas notre af­faire. A EELV, on n’est pas des sous-fifres. » Mais beau­coup es­timent aus­si qu’elle est une ques­tion d’ego. A lui — qui avait failli être mi­nistre sous Hol­lande — la no­to­rié­té, en­fin ! « Pen­dant la pré­si­den­tielle, per­sifle un an­cien proche, Yan­nick n’avait pas sup­por­té d’être moins connu que Jean Las­salle. »

Pour Yan­nick Ja­dot, seule la liste éco­lo est « sin­cè­re­ment, ra­di­ca­le­ment, po­si­ti­ve­ment eu­ro­péenne ».

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