« Il me fait pen­ser à Mo­ha­med Ali »

Mou­rad Boud­jel­lal, pré­sident du RC Tou­lon

Le Parisien (Essonne) - - SPORTS - PROPOS RECUEILLIS PAR FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

KY­LIAN MBAP­PÉ et Mou­rad Boud­jel­lal ont un point com­mun : ils n’ont ja­mais eu peur d’af­fi­cher leurs am­bi­tions. Le pré­sident du Rug­by Club de Tou­lon est fan du cham­pion du monde et n’hé­site pas à le com­pa­rer à Mo­ha­med Ali.

Que res­sen­tez-vous quand vous écou­tez par­ler Mbap­pé ?

MOU­RAD BOUD­JEL­LAL. Il ne parle pas comme les autres foot­bal­leurs. Il n’use pas de phrases sté­réo­ty­pées, donc tout de suite on y porte un in­té­rêt. C’est ce que j’ai tou­jours pen­sé : quel que soit le sport, les grands joueurs sont des mecs hy­per in­tel­li­gents. Avec Mbap­pé, on a la sur­prise de dé­cou­vrir le ca­rac­tère et la fa­çon de pen­ser d’un gamin de 19 ans ra­fraî­chis­sant et do­té d’une ma­tu­ri­té in­croyable.

Sa com­mu­ni­ca­tion vous sur­prend-elle ?

Oui, car on n’est pas ha­bi­tués à ça en France. Mais il ne fait pas qu’af­fir­mer ses am­bi­tions, en­suite il fait. Il est dé­jà le meilleur joueur du monde. Et il a la vie de­vant lui.

Pour­quoi dites-vous que nous n’avons pas l’ha­bi­tude en France ?

Parce que nous sommes un pays où on a le droit de cre­ver d’am­bi­tion, mais il ne faut pas le dire parce que c’est mal vu, ça fait pré­ten­tieux.

Est-ce que vous vous re­trou­vez dans cette am­bi­tion qu’il clame haut et fort ?

J’ai une for­mule : « Il ne faut pas faire de dif­fé­rence entre ses rêves et ses am­bi­tions. » Donc au­cun rêve n’est trop grand. Bien sûr qu’il a rai­son. On li­mite la vi­tesse, pas les rêves.

Vous pen­sez que par sa pa­role dé­com­plexée, Mbap­pé peut chan­ger la fa­çon dont les gens per­çoivent la réus­site en France ?

Oui, parce qu’il va de­ve­nir exemple. Ça peut faire évo­luer les men­ta­li­tés. En tout cas, sa pa­role fait du bien à notre pays. Je le vois dé­jà dans mon club, où les jeunes joueurs ont moins honte de leurs am­bi­tions.

Vous rap­pelle-t-il un spor­tif que vous au­riez croi­sé et qui avait ce franc-par­ler ?

Il y en a un mais je ne l’ai pas croi­sé, c’est Mo­ha­med Ali. Quand il est arrivé, il a dit : je suis

le plus grand, le plus fort, et il l’a prou­vé. C’est exac­te­ment ça. Avec Mbap­pé, on est face à un phé­no­mène qu’on ne me­sure pas en­core to­ta­le­ment. Il a dé­jà dé­pas­sé le cadre du foot­ball. Vous sem­blez par­ti­cu­liè­re­ment l’ap­pré­cier. Mbap­pé est un ex­tra­ter­restre. Il fau­drait faire des ana­lyses sur sa per­sonne car je suis sûr qu’il n’est pas humain. Il y a dé­jà eu des joueurs phé­no­mènes, mais je pense que lui, c’est au-de­là. Il va ré­gner sur le foot­ball, et le monde, et son nom va peu­têtre de­ve­nir l’épo­nyme de la réus­site et de l’am­bi­tion. Il nous ar­rive un truc as­sez ex­cep­tion­nel. Le foot­ball a la chance d’avoir un joueur comme ça.

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