« On a sa­li l’image de mon père »

Da­vid Hal­ly­day s’est ex­pri­mé hier soir pour la pre­mière fois à la té­lé de­puis la mort de John­ny. Un en­tre­tien émou­vant dif­fu­sé lors de « Sept à huit », sur TF 1.

Le Parisien (Essonne) - - LOISIRS - PAR ÉRIC BU­REAU @Eric_Bu­reau

C’est un Da­vid Hal­ly­day ému et à fleur de peau que l’on a dé­cou­vert hier soir dans l’émis­sion « Sept à huit », sur TF 1. Pour sa pre­mière in­ter­view té­lé­vi­sée de­puis la mort de John­ny, son fils aî­né, peu en­clin aux confes­sions mé­dia­tiques, et aux po­lé­miques, était même au bord des larmes en évo­quant sa dis­pa­ri­tion, le 5 dé­cembre der­nier, et cet im­mense re­gret : « Je n’ai pas pu lui dire au re­voir. J’ai pas­sé la jour­née à at­tendre de pou­voir en­trer dans son bu­reau, où il était hos­pi­ta­li­sé, et je n’ai pas pu le faire. »

On ap­prend aus­si de sa bouche que « Ma der­nière lettre », sa chan­son hom­mage à son père dé­voi­lée il y a une se­maine, évoque une vraie mis­sive qu’il lui avait écrite quelques heures avant son dé­cès. « Je l’ai lais­sée à la per­sonne de ser­vice et je suis par­ti (NDLR : de Marnes-la-Co­quette), ra­conte-t-il à la jour­na­liste Sté­pha­nie Da­voi­gneau. Quand je suis ve­nu le len­de­main, on m’a dit qu’on n’avait pas pu la lui re­mettre ni lire. Ce­la m’a mar­qué au fer. Et je pense que c’est le seul truc de toute ma vie que je n’ar­ri­ve­rai pas à gué­rir. Il y a des choses que j’ar­ri­ve­rai à dé­pas­ser, mais ça, c’est dur ! »

Pen­dant les dix-huit mi­nutes conser­vées de l’en­tre­tien ini­tial, où Da­vid Hal­ly­day ne cite pas une seule fois le nom de Lae­ti­cia Hal­ly­day, sa belle-mère, on com­prend que leurs re­la­tions étaient ten­dues de­puis l’hos­pi­ta­li­sa­tion de John­ny, fin 2009, à Los An­geles. « Ça m’a beau­coup gê­né de voir au­tant de monde en de­hors du cercle fa­mi­lial, avoue-t-il. Je l’ai dit. J’ai fait comme j’ai pu pour faire en sorte que lui soit moins en­tou­ré. […] C’était plus com­pli­qué d’être avec lui à par­tir de là. »

IL VEUT LE DROIT MO­RAL POUR LES QUATRE EN­FANTS

Lors de la der­nière hos­pi­ta­li­sa­tion de son père, en no­vembre 2017, Da­vid est ve­nu tous les jours le voir à la cli­nique Bi­zet. Mais lors­qu’il est re­tour­né à Marnes-la-Co­quette, « c’était de moins en moins simple, avoue-til dans un sou­rire cris­pé. Voir qu’il y avait pas mal de gens qui étaient là et le voyaient ré­gu­liè­re­ment, je ne com­pre­nais pas. Et moi, il fal­lait que je m’an­nonce pour voir mon père, c’est bi­zarre ».

Da­vid Hal­ly­day re­grette aus­si de ne pas voir été as­so­cié à l’or­ga­ni­sa­tion de l’hom­mage na­tio- nal à la Ma­de­leine — « Tout était dé­jà fait » — et s’avoue « sur­pris » d’avoir été déshé­ri­té par son père. « Le pire pour moi, c’est que j’ai l’im­pres­sion qu’on a sa­li son image en di­sant que c’est un homme qui dé­tes­tait ses en­fants, c’est une blague. Mon père était quel­qu’un d’ai­mant, qui ado­rait ses quatre en­fants, dont je fais par­tie. C’était un mec gé­nial. » Ce qui lui manque le plus ? « Re­gar­der des films d’hor­reur avec lui jus­qu’à 5 heures du ma­tin. »

Avant que la ba­taille pro­cé­du­rale entre les deux clans ne re­prenne le 27 no­vembre — sa de­lui mi-soeur Lau­ra Smet et lui de­mandent aux mai­sons de disques de leur père de ge­ler ses royal­ties en at­ten­dant l’is­sue ju­di­ciaire du tes­ta­ment —, l’aî­né des en­fants Hal­ly­day pré­cise sa po­si­tion : « Je de­mande sim­ple­ment le droit mo­ral de nous quatre (NDLR : lui et les trois autres en­fants, Lau­ra, Jade et Joy), un droit de re­gard sur son image et son pa­tri­moine mu­si­cal, et rien du reste. » Et il pré­cise en­fin que, dans son pro­chain al­bum, « J’ai quelque chose à vous dire », at­ten­du le 7 dé­cembre, « il n’y a pas de ven­geance, juste de l’amour ».

IL FAL­LAIT QUE JE M’AN­NONCE POUR VOIR MON PÈRE,

” C’EST BI­ZARRE

« Je n’ai pas pu dire au re­voir à mon père », confie un Da­vid Hal­ly­day tout en pu­deur, qui a choi­si de ne ja­mais ci­ter Lae­ti­cia à l’an­tenne de TF 1.

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