Me­na­cée de fer­mer, l’im­pri­me­rie joue sa der­nière carte COR­BEIL-ES­SONNES

Les 90 em­ployés d’Hé­lio-Cor­beil ont ou­vert leurs portes au pu­blic. Ob­jec­tif : sen­si­bi­li­ser à leur com­bat pour sur­vivre.

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE - PAR FLO­RIAN GAR­CIA AVEC SÉBASTIEN MORELLI

« SANS LE CONTRAT de TV Ma­ga­zine, nous per­dons 83 % de notre chiffre d’af­faires », souffle le pré­si­dent­di­rec­teur de la Scop Hé­lio-Cor­beil, Bruno Ara­sa. Sa­me­di, l’im­pri­me­rie a ou­vert ses portes au pu­blic. Un si­gnal d’alarme à la veille du pre­mier tour de la lé­gis­la­tive par­tielle, pour que po­li­tiques et ha­bi­tants se fassent le re­lais du com­bat qui les anime : la sau­ve­garde de cette en­tre­prise his­to­rique (lire ci-des­sous), de son sa­voir-faire et de ses 90 em­ployés.

« Le groupe Fi­ga­ro vient de rompre le contrat d’im­pres­sion de TV Ma­ga­zine, re­prend Bruno Ara­sa. Ils nous de­mandent de bais­ser le ta­rif de 20 %… C’est éco­no­mi­que­ment im­pos­sible, nous ne fai­sons pas 20 % de marges. » L’en­tre­prise, qui dis­pose d’un pré­avis de dix-huit mois, « a pris un avo­cat pour trou­ver une so­lu­tion » avec le jour­nal, pro­prié­té du groupe jus­qu’ici di­ri­gé par Serge Das­sault, an­cien maire de Cor­beilEs­sonnes dé­cé­dé en mai.

LE MANQUE DE SOU­TIEN DU MAIRE POIN­TÉ DU DOIGT

En 2011, l’im­pri­me­rie avait dé­jà connu une pé­riode dif­fi­cile avec le désen­ga­ge­ment du groupe Circle Prin­ters. Pour sau­ver leur ac­ti­vi­té, les sa­la­riés avaient re­pris leur en­tre­prise sous forme de Scop (so­cié­té co­opé­ra­tive ou­vrière de pro­duc­tion). A l’époque, le con­seil ré­gio­nal et la mu­ni­ci­pa­li­té avaient ap­por­té leur concours. Mais cette an­née, la mu­ni­ci­pa­li­té reste aux abon­nés ab­sents.

« Je n’ai pas eu d’in­for­ma­tion, lâche Jean-Pierre Bech­ter, pour­tant ad­mi­nis­tra­teur du groupe Fi­ga­ro et maire de Cor­beil-Es­sonnes. Serge Das­sault n’est plus là et je ne suis pas ac­tion­naire ma­jo­ri­taire. Le pro­blème, c’est que pour Hé­lio, Le Fi­ga­ro est de plus en plus im­por­tant car tous les autres édi­teurs les laissent tom­ber. » Une at­ti­tude qui étonne Bruno Pi­riou, conseiller mu­ni­ci­pal (DVG) qui était pré­sent sa­me­di chez Hé­lio : « Tant que Serge Das­sault était là, il s’as­su­rait que cette im­pri­me­rie se main­tienne. Ce n’est plus le cas du maire ac­tuel. Son dé­ta­che­ment me stu­pé­fie. C’est une des rares grandes en­tre­prises qui res­tent en centre-ville. Elle est em­blé­ma­tique de l’his­toire de Cor­beil. Le maire au­rait dû être là au­jourd’hui. »

De­vant plu­sieurs cen­taines de per­sonnes, le pré­sident-di­rec­teur de la Scop a lan­cé un ul­time ap­pel : « La pres­sion de l’opi­nion pu­blique est ca­pable de les faire re­cu­ler en main­te­nant le titre TV Ma­ga­zine à Hé­lioCor­beil. »

Cor­beil-Es­sonnes, ce week-end. La vi­site des lo­caux a per­mis de rap­pe­ler qu’il s’agit d’une des en­tre­prises his­to­riques de la com­mune.

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