Une vague jaune a dé­fer­lé sur la Croix-Blanche SAINTE-GE­NE­VIÈVE

Sa­me­di et hier, des cen­taines de Gi­lets jaunes ont blo­qué les dif­fé­rentes en­trées de la zone com­mer­ciale. Un choix fort, puisque ce lieu voit dé­fi­ler en moyenne 150 000 per­sonnes chaque week-end.

Le Parisien (Essonne) - - VOTRE DÉPARTEMENT - PAR NOLWENN COSSON UNE RE­TRAI­TÉE @nol­wenn­cos­son

« LA BAISSE DE NOTRE POU­VOIR D’ACHAT N’EST PLUS AC­CEP­TABLE »

Les Gi­lets jaunes n’ont pas dit leur der­nier mot. Après une forte mo­bi­li­sa­tion sa­me­di, où près de 800 per­sonnes ont com­plè­te­ment blo­qué les dif­fé­rentes en­trées de la zone com­mer­ciale de la Croix-Blanche, à Sainte-Ge­ne­viève-des-Bois, plu­sieurs di­zaines de ma­ni­fes­tants ont ren­fi­lé leur cha­suble hier, dès les pre­miers rayons de so­leil. Là en­core, l’em­pla­ce­ment de l’action était tout trou­vé : la deuxième plus grande zone com­mer­ciale d’Ile-de-France, qui ac­cueille en moyenne 150 000 per­sonnes chaque week-end. Si les troupes sont moins nom­breuses, le mou­ve­ment reste ef­fi­cace. Par groupe de trois ou quatre, les ma­ni­fes­tants tra­versent les pas­sages pié­tons, sous l’oeil at­ten­tif des forces de l’ordre qui veillent à ce que les es­prits ne s’échauffent pas. Ce qui leur per­met de ne pas « en­tra­ver la libre cir­cu­la­tion », comme le veut la loi, tout en fil­trant le nombre de voi­tures en­trant dans la zone dans une am­biance bon en­fant.

Pour faire du­rer le plai­sir, quelques-uns ne manquent pas d’ima­gi­na­tion : si cer­tains tra­versent à l’aide de bé­quilles, d’autres re­font leurs la­cets en plein mi­lieu du pas­sage clou­té. « At­tends, je viens t’ai­der », s’amuse un de ses amis avant de s’ac­crou­pir aus­si.

Sur place, sa­me­di comme hier, les Gi­lets jaunes tentent aus­si de faire passer un mes­sage au­près des con­duc­teurs. « Nous ne dé­non­çons pas que la hausse du car­bu­rant, c’est la baisse de notre pou­voir d’achat qui n’est plus ac­cep­table », lâche une re­trai­tée, tract à la main, plus mo­ti­vée que ja­mais à faire en­tendre sa grogne.

Cé­line, une jeune mère de trois en­fants, est très re­mon­tée. « Je suis là parce que j’en ai marre de tra­vailler pour me re­trou­ver à la fin du mois sans rien dans mon as­siette, s’em­porte-t-elle. Ce­la suf­fit de se faire taxer. » A cô­té d’elle, Ch­ris­tine, 64 ans, est aus­si à bout. « J’ai tra­vaillé qua­rante-trois ans et au­jourd’hui je n’ar­rive même plus à payer les co­ti­sa­tions des as­so­cia­tions où je sou­haite m’ins­crire, dé­plore-t-elle. On ne nous res­pecte pas. Le gou­ver­ne­ment est sur un nuage, les élus sont dé­con­nec­tés de la réa­li­té. »

Ce mou­ve­ment pour­rait-il les ra­me­ner sur terre ? Yves l’es­père mais a peu d’es­poir. « Nous de­vions ten­ter de les in­ter­pel­ler mais je ne suis pas cer­tain qu’ils nous en­tendent, craint-il. Je ne sais pas quel est le bon re­mède mais il fau­drait se po­ser les bonnes ques­tions. Je ne suis pas contre faire des ef­forts pour ai­der ceux qui sont dans le be­soin, mais au bout d’un mo­ment il faut que ça s’ar­rête. » LIRE LA PO­LI­TIQUE PAGES 4 et 5

Sainte-Ge­ne­viève-des-Bois, ce week-end. Au plus fort du mou­ve­ment, près de 800 ma­ni­fes­tants ont par­ti­ci­pé au blo­cage.

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