« Mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale vers l’en­tre­prise in­clu­sive »

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO - PROPOS RECUEILLIS PAR M.J.

La loi sur la li­ber­té de choi­sir son ave­nir pro­fes­sion­nel com­porte tout un vo­let sur l’em­ploi des per­sonnes han­di­ca­pées. Quelle am­bi­tion dé­fen­dez-vous ?

Nous avons la vo­lon­té, avec So­phie Clu­zel, se­cré­taire d’Etat char­gée des Per­sonnes han­di­ca­pées, et le Pre­mier mi­nistre Edouard Phi­lippe, de dé­clen­cher une mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale vers l’en­tre­prise in­clu­sive et de le­ver les ver­rous à tous les ni­veaux du cycle pro­fes­sion­nel : ap­pren­tis­sage, for­ma­tion, ac­cès et ac­com­pa­gne­ment à l’em­ploi. L’en­tre­prise in­clu­sive im­plique d’être en ca­pa­ci­té de se rendre compte que les per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap ont de vé­ri­tables ta­lents.

Que change le fait de comp­ta­bi­li­ser le quo­ta de 6 % de tra­vailleurs han­di­ca­pés sur le pé­ri­mètre de l’en­tre­prise et non plus sur ce­lui de l’éta­blis­se­ment?

Pour des sec­teurs comme la banque ou la dis­tri­bu­tion, or­ga­ni­sés en ré­seaux d’éta­blis­se­ments comp­tant sou­vent moins de 20 sa­la­riés et donc non sou­mis à l’obli­ga­tion de dé­cla­ra­tion, la comp­ta­bi­li­sa­tion au ni­veau de l’éta­blis­se­ment était sy­no­nyme d’une cer­taine forme d’exemp­tion. En fai­sant passer l’éta­lon de me­sure à l’échelle de l’en­tre­prise, nous al­lons aug­men­ter de 100 000 le nombre de postes ou­verts aux per­sonnes han­di­ca­pées. Ce que nous vi­sons, c’est donc clai­re­ment un chan­ge­ment d’échelle. A ce même titre, dans les en­tre­prises adap­tées, nous al­lons dou­bler d’ici à 2022, de 40 000 à 80 000, le nombre d’em­plois et créer des CDD trem­plins de 24 mois maxi­mum. Ces deux me­sures vont per­mettre à ces struc­tures de rem­plir plei­ne­ment leur mis­sion de marche-pied vers l’em­ploi dans les en­tre­prises « clas­siques ».

Quelles me­sures pre­nez-vous contre le frein à l’in­clu­sion pro­fes­sion­nelle que consti­tue le faible ni­veau moyen de qua­li­fi­ca­tion des per­sonnes han­di­ca­pées?

Le taux de chô­mage des per­sonnes sans qua­li­fi­ca­tion estde18%quan­di­lestde moinsde5%pour­les­bac+2 et plus, et de 18,8 % pour les per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap. Dans l’ap­pren­tis­sage, au­jourd’hui, les jeunes han­di­ca­pés ne consti­tuent que 1 % des ef­fec­tifs des centres de for­ma­tion des ap­pren­tis (CFA), alors qu’ils re­pré­sentent près de 7 % de la tranche d’âge concer­née. A par­tir du 1er jan­vier 2019, cha­cun des 965 CFA que compte le ter­ri­toire dis­po­se­ra d’un ré­fé­rent han­di­cap char­gé de faire le lien entre les ap­pren­tis, les fa­milles, les en­tre­prises, les as­so­cia­tions, l’Age­fiph… En outre, nous avons dé­ci­dé de faire passer de 500 à 800 € par an l’abon­de­ment du compte per­son­nel de for­ma­tion (CPF) pour les per­sonnes han­di­ca­pées, ain­si que pour les per­son­nels des éta­blis­se­ments et ser­vices d’aide par le tra­vail (Esat).

Mu­riel Pé­ni­caud MI­NISTRE DU TRA­VAIL

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