For­ma­tion : les armes de l’am­bi­tion

Après les uni­ver­si­tés, les grandes écoles tentent d’at­ti­rer davantage les étu­diants han­di­ca­pés.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO - PAR MAR­JO­RIE CES­SAC

our les études aus­si, le han­di­cap est une bar­rière. Celle-ci semble néan­moins chaque an­née s’abais­ser un peu plus : en 2016, ils étaient 23 300 étu­diants han­di­ca­pés, soit une crois­sance an­nuelle de 13 % de­puis 2005. Cette an­née-là, la loi pour l’éga­li­té des droits et des chances, la par­ti­ci­pa­tion et la ci­toyen­ne­té des per­sonnes han­di­ca­pées a en efet en­cou­ra­gé les éta­blis­se­ments à leur faciliter l’ac­cès aux cours et aux exa­mens. « Sur ce nombre, seuls 4 000 étu­diants han­di­ca­pés sont ins­crits en mas­ter

P(M1 et M2), re­grette ce­pen­dant Ch­ris­tian Gra­pin, pré­sident de l’as­so­cia­tion Trem­plin études, han­di­cap, en­tre­prises. 21 % des efec­tifs de dé­part, on pour­rait faire net­te­ment mieux ! » Pour y re­mé­dier, il fau­drait re­mon­ter plus haut : ré­duire la dé­per­di­tion d’élèves dans le se­con­daire, entre le col­lège et le ly­cée et en­suite dans le su­pé­rieur.

Ain­si les as­so­cia­tions mul­ti­plient-elles les séances de tu­to­rat au­près des ly­céens pour les in­ci­ter à pour­suivre leurs études. « Nous tra­vaillons avec 19 cam­pus et 16 aca­dé­mies, mais le but est d’at­teindre 25 aca­dé­mies sur 30 d’ici à 2020 », sou­ligne Bruno Psi­rou­kis, di­rec­teur des opé­ra­tions à la Fé­dé­ra­tion étu­diante pour une dy­na­mique études et em­ploi avec un han­di­cap (Fe­deeh). Cette der­nière or­ga­nise aus­si des évé­ne­ments pour fa­vo­ri­ser l’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle, dont les Han­di­ca­fés, fo­rums de ren­contre entre étu­diants et en­tre­prises. « Nous sommes en pour­par­lers pour lan­cer une plate-forme vir­tuelle de jobs d’ici à l’an pro­chain », ajoute Bruno Psi­rou­kis.

UN AC­COM­PA­GNE­MENT DE QUA­LI­TÉ

Dans les grandes écoles aus­si, il reste des eforts à faire : 1,08 % des étu­diants se­raient en si­tua­tion de han­di­cap* (contre 1,4 % en­vi­ron dans les uni­ver­si­tés). « Les fa­cul­tés tra­vaillent à amé­lio­rer leur ac­ces­si­bi­li­té de­puis plus de vingt ans – fi­nan­cer des per­sonnes pour prendre des notes, des in­ter­prètes en langue des signes, amé­na­ger les temps d’exa­mens, etc. –, alors que les grandes écoles ont dé­mar­ré plus tard, vers 2008. Ça ne les em­pêche ce­pen­dant pas d’avoir un ac­com­pa­gne­ment de qua­li­té et de connaître une pro­gres­sion constante du nombre d’étu­diants », es­time Xa­vier Quer­nin, char­gé de mis­sion han­di­cap à l’Ins­ti­tut po­ly­tech­nique UniLaSalle.

D’après lui, « or­ga­ni­ser des évé­ne­ments fait ain­si par­tie in­té­grante de la for­ma­tion. Au sein de notre école, les as­so­cia­tions étu­diantes ont d’ailleurs un ré­fé­rent han­di­cap ». Pro­mou­voir l’ac­cès à la vie étu­diante est du reste l’un des vo­lets dé­fen­dus par la Confé­rence des grandes écoles dans sa charte 2018… au même titre que l’ac­cès aux ac­ti­vi­tés spor­tives ou la mo­bi­li­té vers d’autres pays. A cet efet, une ré­flexion est en­ga­gée sur un sta­tut in­ter­na­tio­nal d’étu­diant en si­tua­tion de han­di­cap.

ÉTU­DIANTS HAN­DI­CA­PÉS EN 2016

* En­quête réa­li­sée par la Confé­rence des grandes écoles.

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