« Mon ob­jec­tif : des pre­miers ap­pe­lés dès juin »

Gabriel At­tal, se­cré­taire d’Etat à la Jeu­nesse.

Le Parisien (Essonne) - - FAIT DU JOUR - PROPOS RECUEILLIS PAR ROMAIN BAHEUX

DE­PUIS SON EN­TRÉE au gou­ver­ne­ment il y a un mois, Gabriel At­tal est de­ve­nu le VRP du ser­vice na­tio­nal uni­ver­sel. Jeu­di, avant de dé­col­ler pour la Guyane vendre la ré­forme, le se­cré­taire d’Etat a ac­cor­dé une in­ter­view au « Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France ». Il y dé­voile la date à la­quelle il sou­haite lan­cer le SNU. Com­ment in­ter­pré­tez-vous le rap­port re­mis au pré­sident de la Ré­pu­blique ?

GABRIEL AT­TAL. Cette en­quête nous offre une pho­to­gra­phie de l’état d’es­prit de la jeu­nesse. Une ma­jo­ri­té est fa­vo­rable au prin­cipe du SNU, seuls 25 % dé­clarent ne pas avoir du tout en­vie de le faire. Un élé­ment que nous n’at­ten­dions pas né­ces­sai­re­ment est la vo­lon­té d’un rite de pas­sage ré­pu­bli­cain.Ces ré­sul­tats sont po­si­tifs, mais nous n’em­por­te­rons une plus large ad­hé­sion qu’en ré­pon­dant aux ques­tions concrètes au­tour de sa mise en oeuvre. Quand se­ront ap­pe­lés les pre­miers concer­nés ? Mon ob­jec­tif, c’est que des pre­miers jeunes fassent leur SNU dès juin 2019. Cette co­horte se­ra consti­tuée de plu­sieurs cen­taines, voire de plu­sieurs mil­liers de per­sonnes. Pour cette phase pi­lote, seuls des vo­lon­taires se­ront ap­pe­lés, mais nous veille­rons à ce qu’ils soient re­pré­sen­ta­tifs de la jeu­nesse fran­çaise : de mi­lieux so­ciaux dif­fé­rents, réunis­sant des ly­céens, des ap­pren­tis, des jeunes ac­tifs et des dé­cro­cheurs sco­laires. Ils se­ront ré­par­tis dans une di­zaine de dé­par­te­ments pi­lotes. Quand le SNU se­ra-t-il obli­ga­toire ? Au­jourd’hui, je ne peux pas en­core avan­cer de date pré­cise. Le pre­mier rap­port du groupe de tra­vail mis­sion­né sur le su­jet évo­quait 2026, mais nous étu­dions des op­tions plus ra­pides, dès lors que toutes les condi­tions de sé­cu­ri­té sont ga­ran­ties et que ce rythme per­met une for­ma­tion com­plète des en­ca­drants. Nous n’avons pas le droit à l’er­reur avant de gé­né­ra­li­ser le dis­po­si­tif. Où se­ront lo­gés les jeunes pen­dant la quin­zaine en hé­ber­ge­ment col­lec­tif ? Ils pour­ront être ac­cueillis dans des in­ter­nats sco­laires, des centres de for­ma­tion, des struc­tures de tou­risme so­cial ou en­core des bâ­ti­ments à usage mi­li­taire. L’un des en­jeux de cette phase de cohésion en hé­ber­ge­ment, c’est de les sor­tir de leur en­vi­ron­ne­ment im­mé­diat, de leur école, voire de leur dé­par­te­ment, et de re­cher­cher une mixi­té so­ciale. Le ser­vice mi­li­taire est abo­li, en­voyer des jeunes à la ca­serne risque de cris­per… Le pré­sident de la Ré­pu­blique a été très clair : ce n’est pas le re­tour du ser­vice mi­li­taire. Au­jourd’hui, la France n’a plus be­soin d’une gé­né­ra­tion en­tière ca­pable de ma­nier les armes. Mais, en sup­pri­mant ce ser­vice, on a fait dis­pa­raître un mo­ment de pos­sible bras­sage so­cial au­tour des va­leurs de la Ré­pu­blique. Il ne faut pas s’en­fer­mer dans la nos­tal­gie, mais adap­tons ce pro­jet à la jeu­nesse d’au­jourd’hui. Le SNU doit ren­for­cer les liens entre l’ar­mée et la na­tion, la par­ti­ci­pa­tion de mi­li­taires y contri­bue­ra. Que fe­ront ces jeunes en un mois ? Ce qui compte, c’est le conte­nu et l’in­ten­si­té de ce qui est pro­po­sé. En un mois, on peut faire énor­mé­ment de choses. L’en­quête montre que les jeunes ont en­vie d’être for­més aux ré­ac­tions en cas d’at­taque ter­ro­riste et de ca­tas­trophe na­tu­relle. L’autre point qui re­monte for­te­ment, c’est la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment. On peut en­vi­sa­ger des for­ma­tions aux ac­tions qui pré­servent la pla­nète. Quand or­ga­ni­ser les deux phases du SNU ? On va s’ap­puyer prin­ci­pa­le­ment sur le ca­len­drier des va­cances sco­laires pour la phase d’hé­ber­ge­ment. Et, en classe de se­conde, la deuxième quin­zaine de juin est par­ti­cu­liè­re­ment ou­verte puisque les élèves n’ont pas d’épreuve du bac. Pour leur mis­sion d’in­té­rêt gé­né­ral, elle pour­ra s’ac­com­plir hors temps sco­laire, mais pas né­ces­sai­re­ment du­rant les va­cances. Les jeunes pour­ront être ac­cueillis par des as­so­cia­tions, des col­lec­ti­vi­tés lo­cales ou des or­ga­nismes pu­blics. L’idée est de les faire par­ti­ci­per à la vie de ces struc­tures et de leur faire tou­cher du doigt une pre­mière ex­pé­rience d’en­ga­ge­ment. Ce ne se­ra pas un stage d’ob­ser­va­tion.

EN SUP­PRI­MANT LE SER­VICE MI­LI­TAIRE, ON A FAIT DIS­PA­RAÎTRE UN MO­MENT DE POS­SIBLE BRAS­SAGE SO­CIAL AU­TOUR DES VA­LEURS DE LA RÉ­PU­BLIQUE

Pa­ris (VIe), le 15 no­vembre. « En un mois (de ser­vice), on peut faire énor­mé­ment de choses », ap­puie Gabriel At­tal.

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