Em­ploi des per­sonnes han­di­ca­pées, ça pro­gresse !

En s’at­ta­quant aux di­fé­rents ver­rous qui freinent l’in­clu­sion pro­fes­sion­nelle des per­sonnes han­di­ca­pées, la nou­velle loi sou­tient les eforts en­ga­gés par les en­tre­prises.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO - PAR MU­RIEL JAOUËN

Un can­di­dat en si­tua­tion de han­di­cap reste en moyenne 804 jours au chô­mage, contre 602 pour tout autre ac­tif. Chaque an­née, l’ou­ver­ture de la Se­maine eu­ro­péenne des per­sonnes han­di­ca­pées (SEEPH) vient bra­quer les pro­jec­teurs sur une réa­li­té tê­tue. Mal­gré les avan­cées ré­gu­lières, no­tam­ment dans le re­gard des autres et l’in­té­gra­tion au sein des équipes, le taux de chô­mage des per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap de­meure deux fois plus éle­vé que pour l’en­semble de la po­pu­la­tion (18,8 % contre 9 %). Un constat ag­gra­vé par une sur­ex­po­si­tion à la longue du­rée et aus­si un moindre ac­cès aux études et aux di­plômes…

Face à la té­na­ci­té de ces blo­cages, la ré­ponse ne peut être que plu­rielle dans les en­tre­prises : main­tien dans l’em­ploi, équi­libre vie pro­fes­sion­nelle-vie pri­vée, re­cru­te­ment, com­pen­sa­tion.

DES EN­TRE­PRISES EN­GA­GÉES

Au sein du groupe im­mo­bi­lier Icade, qui em­ploie 1 400 per­sonnes, la part des col­la­bo­ra­teurs en si­tua­tion re­con­nue de han­di­cap est pas­sée de 1,7 % à 3,6 % en six ans. « Dans le cadre de notre troi­sième ac­cord han­di­cap de groupe, nous avons no­tam­ment pris comme me­sures la for­ma­tion des par­te­naires so­ciaux, l’ac­com­pa­gne­ment des sa­la­riés han­di­ca­pés dans leur sphère fa­mi­liale, l’aug­men­ta­tion du fi­nan­ce­ment des chèques em­ploi ser­vice (Ce­su) de 600 à 700 € par an et par sa­la­rié, ou en­core l’amé­lio­ra­tion de la prise en charge des aides aux trans­ports. Elle aug­mente de 50 % à 100 % », dé­ve­loppe Lau­rence Bian­co, char­gée de mis­sion di­ver­si­té.

L’OBLI­GA­TION D’EM­PLOI RE­VUE

Du cô­té de l’Etat, la loi pour la li­ber­té de choi­sir son ave­nir pro­fes­sion­nel, pro­mul­guée le 5 sep­tembre, s’en­gage en­core plus en fa­veur de l’in­clu­sion des per­sonnes han­di­ca­pées. Par­mi les me­sures phares : la ré­vi­sion des règles en­ca­drant l’obli­ga­tion d’em­ploi des tra­vailleurs han­di­ca­pés (OETH). Jus­qu’à pré­sent, les en­tre­prises de plus de 19 sa­la­riés de­vaient at­teindre un quo­ta de 6 % de leurs efec­tifs en si­tua­tion de han­di­cap, soit par l’em­ploi di­rect de col­la­bo­ra­teurs han­di­ca­pés, soit en ache­tant des pres­ta­tions aux éta­blis­se­ments et ser­vices d’aide par le tra­vail (Esat) ou aux en­tre­prises adap­tées (EA). Dé­sor­mais, ce quo­ta ne pour­ra plus être at­teint que par l’em­ploi di­rect.

AL­LER PLUS LOIN

Pour au­tant, la sous-trai­tance au­près des sec­teurs adap­té et pro­té­gé de­meure un pan es­sen­tiel de l’éco­sys­tème. Les créa­tions d’em­plois de­vraient d’ailleurs dou­bler dans les éta­blis­se­ments adap­tés d’ici à 2022 (lire l’in­ter­view de Mu­riel Pé­ni­caud ci-contre) « Les en­tre­prises adap­tées com­mencent à in­té­grer à leur offre de nou­veaux mé­tiers : ac­cueil, sys­tèmes d’in­for­ma­tion… Ce qui nous per­met d’en­ga­ger de notre cô­té un tra­vail de fond pour va­rier nos champs d’achats », ex­plique Line Pé­lis­sier, di­rec­trice di­ver­si­té du groupe Orange, qui consacre une en­ve­loppe de 18 M€ aux ac­qui­si­tions au­près des sec­teurs adap­té et pro­té­gé.

Les choses bougent donc. Pro­chain dé­fi, al­ler au-de­là des 6 %. Didier Eys­sar­tier, di­rec­teur gé­né­ral de l’As­so­cia­tion de ges­tion du fonds pour l’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle des per­sonnes han­di­ca­pées (Age­fiph), en est convain­cu : « Il faut pour­suivre la ré­flexion sur de nou­veaux le­viers per­met­tant d’en­cou­ra­ger les en­tre­prises qui at­teignent ce quo­ta à al­ler plus loin. »

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