EN­FIN DES AVAN­CÉES

Long­temps ta­boue, cette ma­la­die fait en­fin l’ob­jet de re­cherches sé­rieuses. Et les gy­né­co­logues vont de­man­der, de­main, la créa­tion de centres ex­perts pour ai­der les deux mil­lions de femmes qui en souffrent.

Le Parisien (Essonne) - - SOCIÉTÉ - DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR FLO­RENCE MÉRÉO LP/INFOGRAPHIE.

IL AU­RA FAL­LU que des voix de pa­tientes s’élèvent, que des stars s’en mêlent, scan­dant que se tordre de dou­leur pen­dant ses règles n’était pas nor­mal pour, en­fin, bri­ser un ta­bou. Il y a cinq ans, bien peu de gens, mé­de­cins com­pris, ne connais­saient l’en­do­mé­triose. Cette ma­la­die gy­né­co­lo­gique chro­nique touche pour­tant au moins 10 % des femmes en âge de pro­créer, soit 2 mil­lions de femmes. Elle pro­voque des cycles éprou­vants, des troubles di­ges­tifs ou uri­naires graves, de l’in­fer­ti­li­té, des pertes d’éner­gie.

Mais au­jourd’hui, la re­cherche fré­mit et s’ac­cé­lère au­tour de cette pa- tho­lo­gie de l’in­time. « Un dy­na­misme est à l’oeuvre. Il est cru­cial de conti­nuer tant on manque de connais­sances et de res­sources pour la trai­ter ef­fi­ca­ce­ment », en­cou­rage Ma­ri­na Kvas­koff, cher­cheuse à l’In­serm. D’ailleurs, de­main, nous le ré­vé­lons, le Col­lège des gy­né­co­logues (CNGOF) monte au cré­neau et de­mande à l’Etat de l’aide pour mettre en place des centres ex­perts de la ma­la­die (lire ci-des­sous).

A la clé, beau­coup d’es­poir. A Lyon, un trai­te­ment ex­pé­ri­men­tal par ul­tra­sons des lé­sions livre des ré­sul­tats (mon­diaux) très en­cou­ra­geants. Les hô­pi­taux de Pa­ris (AP-HP) lan- cent la pre­mière étude par­ti­ci­pa­tive sur la ques­tion. Aux Etats-Unis, un mé­di­ca­ment vient d’être ap­prou­vé par les au­to­ri­tés, tan­dis que les cel­lules souches at­tirent l’at­ten­tion des cher­cheurs.

UN #METOO DE LA DOU­LEUR

« Que de che­min par­cou­ru ! » s’en­thou­siasme Ch­ry­sou­la Za­cha­ro­pou­lou, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion In­fo En­do­mé­triose qui a me­né, en 2016, une cam­pagne de sensibilisation. « La pa­role des femmes s’est li­bé­rée. Elles ne veulent plus souf­frir en si­lence. Il se passe un #MeToo de la dou­leur. Et ça marche. J’ob­serve une baisse de l’âge moyen des femmes qui viennent consul­ter. » Pri­mor­dial quand on sait que sept ans sé­parent en moyenne les pre­miers symp­tômes du diag­nos­tic.

Ch­ry­sou­la Za­cha­ro­pou­lou sait à quel point l’im­pli­ca­tion de per­son­na­li­tés a per­mis une prise de conscience : « Ima­ny a le­vé le voile sur la dou­leur, Laë­ti­tia Mi­lot sur la fer­ti­li­té, Lo­rie sur la ques­tion de la conser­va­tion des ovo­cytes. A chaque cé­lé­bri­té, un nou­vel as­pect de la ma­la­die est abor­dé. »

Faut-il s’ar­rê­ter là ? Sur­tout pas, ré­pond le Col­lège des gy­né­cos. Comble de l’his­toire, ce sont eux, à qui les pa­tientes re­pro­chaient un manque de consi­dé­ra­tion, qui sont dé­sor­mais lea­ders pour de­man­der au mi­nis­tère d’amé­lio­rer l’ac­cès aux soins. Contac­té, ce der­nier n’a pas ré­pon­du à nos sol­li­ci­ta­tions. Pen­dant ce temps, l’Aus­tra­lie, elle, vient d’adop­ter le pre­mier plan na­tio­nal contre l’en­do­mé­triose.

L’ac­trice Laë­ti­tia Mi­lot (« Plus belle la vie ») constate d’im­por­tants pro­grès dans la re­cherche.

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