Lu­ka Ka­ra­ba­tic au­rait pu jouer… contre les Bleus

L’in­ter­na­tio­nal tri­co­lore de handball, dont le père était croate, était un vrai es­poir du ten­nis.

Le Parisien (Essonne) - - TENNIS COUPE DAVIS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR ÉRIC BRUNA

LU­KA KA­RA­BA­TIC, 30 ans, au­ra for­cé­ment un pe­tit pin­ce­ment au coeur en re­gar­dant la fi­nale de Coupe Da­vis France - Croa­tie ce week-end. Et pour cause. Le des­tin au­rait pu ame­ner le hand­bal­leur du PSG, an­cien - 4/6 à 19 ans en ten­nis, à af­fron­ter les Bleus de Noah… sous le maillot croate.

Au­riez-vous pu être sur le court à Lille ?

LU­KA KA­RA­BA­TIC. (Sou­rire.) Il m’ar­rive sou­vent de me de­man­der où j’en se­rais si j’avais choi­si le ten­nis au lieu de hand. Jeune, j’ai joué contre Del Po­tro, Ni­shi­ko­ri, une di­zaine de fois contre Adrian Man­na­ri­no ou Be­noît Paire. C’est ri­go­lo de les suivre au­jourd’hui. La Coupe Da­vis au­rait for­cé­ment été un ob­jec­tif… Et si mon père (NDLR : Bran­ko, ex-in­ter­na­tio­nal you­go­slave de hand) n’avait pas été trans­fé­ré dans un club fran­çais (NDLR : Ro­bert­sau), je joue­rais peu­têtre pour la Croa­tie… ou la Ser­bie !

Votre culture ten­nis­tique est-elle croate ou fran­çaise ?

Quand j’étais pe­tit, nous al­lions en va­cances tous les étés dans notre mai­son en Croa­tie et je m’en­traî­nais à Split, sur terre bat­tue, au bord de la mer. Le club d’où est ori­gi­naire Go­ran Iva­ni­se­vic (NDLR : vain­queur de Wim­ble­don en 2001). Il était grand, puis­sant et je m’iden­ti­fiais à lui. Il y avait aus­si Ma­rio An­cic. J’ai des pho­tos avec les deux vers 11 ou 12 ans… et aus­si avec Zvo­ni­mir Bo­ban, le foot­bal­leur, qui ve­nait sou­vent jouer. Le reste du temps, j’étais en France, je fai­sais les tour­nois fran­çais et je vi­brais pour la France en Coupe Da­vis.

Avez-vous des sou­ve­nirs mar­quants de l’épreuve ?

Le plus fort, c’est la vic­toire en fi­nale de Boetsch à Malmö en 1996 (NDLR : dans le 5e match dé­ci­sif contre le Sué­dois Kul­ti). A ce mo­ment-là, j’étais vrai­ment à fond. Il y a aus­si la dé­faite contre l’Aus­tra­lie en 1999 parce que j’avais un peu le même pro­fil que Phi­lip­pous­sis, ou celle de Paul-Hen­ri Ma­thieu contre les Russes à Ber­cy en 2002.

Quel re­gard por­tez-vous sur cette fi­nale ?

C’est ri­go­lo de voir en­core un France - Croa­tie dans un autre sport. La France a un pe­tit avan­tage mais la Croa­tie se­ra très dan­ge­reuse. En plus d’être forts, ils ont la fibre pa­trio­tique. Mouiller le maillot est dans leurs gènes. Ar­ri­ver à faire au­tant de ré­sul­tats dans au­tant de sports dif­fé­rents pour un si pe­tit pays, c’est quand même as­sez in­croyable.

Comment l’ex­pli­quez-vous ?

Le sport est vrai­ment im­pré­gné dans la culture. C’est l’un des moyens de réus­sir dans la vie et de s’éle­ver so­cia­le­ment. A l’école, le sport est bien plus mis en avant qu’en France. Les en­fants ont beau­coup d’après-mi­di libres où ils peuvent s’es­sayer à dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés. C’est une ap­proche as­sez com­mune à tous les pays des Bal­kans.

LES CROATES ONT ” LA FIBRE PA­TRIO­TIQUE

Grand es­poir du ten­nis fran­çais, Lu­ka Ka­ra­ba­tic a fi­na­le­ment choi­si le hand.

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