Le maire jus­ti­cier « éton­né » par sa conda­ma­tion WIS­SOUS

Ri­chard Trin­quier a éco­pé hier d’une peine de six mois avec sur­sis et 1 500 € d’amende après avoir me­na­cé des gens du voyage avec un sabre.

Le Parisien (Essonne) - - ESSONNE - PAR NI­CO­LAS GOINARD ET NI­CO­LAS SIVAN « J’ÉTAIS EN LÉ­GI­TIME DÉ­FENSE » RI­CHARD TRIN­QUIER, MAIRE (DLF) DE WIS­SOUS @LePa­ri­sien_91

La jus­tice a tran­ché hier. Ri­chard Trin­quier, le maire (DLF) de Wis­sous, est cou­pable d’avoir me­na­cé le 8 avril der­nier des gens du voyage à l’aide d’un sabre ka­ta­na. Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Evry l’a condam­né à six mois de pri­son avec sur­sis et 1 500 € d’amende pour vio­lence et me­nace avec arme.

Il de­vra aus­si s’ac­quit­ter de deux amendes de 150 € no­tam­ment pour le port d’arme. Le tri­bu­nal n’a en re­vanche pas pro­non­cé de peine d’in­éli­gi­bi­li­té. Le pro­cu­reur avait re­quis quatre mois de pri­son avec sur­sis.

L’autre pré­ve­nu dans cette af­faire, Da­vid, 41 ans, membre du convoi de gens du voyage qui avait ten­té ce jour-là de s’ins­tal­ler sur le par­king d’une crèche écope de quatre mois de pri­son avec sur­sis et d’une peine d’amende de 500 €.

Ce père de fa­mille était pour­sui­vi pour avoir bran­di un fu­sil de chasse — qui n’était pas char­gé se­lon ses dires — lors du face-à-face avec l’élu. Ri­chard Trin­quier de­vra ver­ser 1 € de dom­mages et in­té­rêts au titre du pré­ju­dice mo­ral à Da­vid… et vice-ver­sa.

Contac­té par « Le Pa­ri­sien », Ri­chard Trin­quier se dit « éton­né par cette dé­ci­sion ». « Ce­lui qui m’a mis en joue avec son fu­sil est condam­né à moins que moi », constate le pre­mier édile, dont l’avo­cat avait plai­dé la re­laxe le 10 oc­tobre lors de l’au­dience.

« J’étais en lé­gi­time dé­fense, as­sure en­core Ri­chard Trin­quier. J’ai été la cible de me­naces de mort, il y a eu un contrat de mis sur ma tête. J’ai ins­tal­lé des ca­mé­ras à l’ex­té­rieur de mon do­mi­cile et sur cer­taines images on voit des gens en­trer dans mon jar­din la nuit. Je suis en train de dé­po­ser plainte et la jus­tice au­ra les bandes ». L’élu en­vi­sage donc d’in­ter­je­ter ap­pel du ju­ge­ment du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Il a dix jours pour prendre sa dé­ci­sion.

Oli­vier Per­rot, conseiller mu­ni­ci­pal d’op­po­si­tion (LREM) à Wis­sous, lui, se ré­jouit de ce dé­li­bé­ré : « C’est une très bonne nou­velle. En­fin, il est cou­pable et en plus la peine a été alour­die par rap­port à ce de­man­dait le pro­cu­reur. J’es­père que ça va le dis­sua­der de re­com­men­cer. Le su­jet des gens du voyage est com­pli­qué mais il faut res­pec­ter la loi ».

Et de s’in­ter­ro­ger : « Est-ce que ce sur­sis, ça va le cal­mer ? Je n’en suis pas cer­tain ! ». Du­rant le pro­cès, le re­pré­sen­tant du mi­nis­tère pu­blic lui avait dit : « Votre com­por­te­ment nuit for­te­ment à l’image de la fonc­tion de maire. Il faut ar­rê­ter de faire ré­fé­rence à votre pas­sé de para (NDLR : pa­ra­chu­tiste mi­li­taire) dont vous sem­blez nos­tal­gique. On n’ima­gine pas un élu se ba­la­der avec un sabre pour ré­gler les pro­blèmes. Vous n’êtes pas l’ins­pec­teur Har­ry. »

Les faits s’étaient dé­rou­lés le 8 avril der­nier. Pour em­pê­cher une in­tru­sion de gens du voyage sur sa com­mune, le maire, lé­gè­re­ment al­coo­li­sé avait sor­ti un sabre. Se­lon les po­li­ciers qui l’ont in­ter­pel­lé ce jour­là, Ri­chard Trin­quier por­tait éga­le­ment un pis­to­let à la cein­ture. Ce qu’il a tou­jours ré­fu­té.

Pour ces faits, le maire de Wis­sous en­cou­rait une peine de trois ans d’em­pri­son­ne­ment et 45 000 € d’amende. L’épouse de Ri­chard Trin­quier, pour­sui­vie pour avoir ten­té de dis­si­mu­ler des preuves, se­ra ju­gée ul­té­rieu­re­ment.

Après l’al­ter­ca­tion, la pré­fec­ture de l’Es­sonne avait dé­ci­dé de ne plus au­to­ri­ser la com­mune à ar­mer ses po­li­ciers, à titre pré­ven­tif. Une sanc­tion en par­tie le­vée, les agents pou­vant dé­sor­mais uti­li­ser ton­fas, ma­traques té­les­co­piques et aé­ro­sols la­cry­mo­gènes.

Le maire de Wis­sous, Ri­chard Trin­quier (DLF) peut conser­ver son poste après les faits sur­ve­nus en avril der­nier. LP/F.G.

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