Le Parisien (Essonne) : 2018-11-22

ÉCONOMIE : 8 : 08

ÉCONOMIE

* JEUDI 22 NOVEMBRE 2018 LE PARISIEN 08 ÉCONOMIE @le_Parisien A la Réunion, les Gilets jaunes ne désarment pas malgré le couvre-feu Tandis qu’en métropole, le mouvement rassemble moins que ce week-end, à la Réunion, le gel des taxes sur l’essence, spécifiques à l’île, n’a pas suffi à apaiser les tensions et les violences. lèvent leur rideau quelques heures par jour. « On n’a pas été approvisionnés depuis lundi. Les gens ont du mal à comprendre lorsqu’on doit fermer devant leur nez, ça crée des tensions », raconte le vigile d’une supérette de Bellepierre, un quartier résidentiel de SaintDenis. Et de nouvelles scènes de pillage se produisent désormais en plein jour, comme hier, dans une supérette du Port, l’une des communes les plus marquées par les violences urbaines. « Ce qui se passe depuis samedi à La Réunion est grave [...] Nous serons intraitables car on ne peut pas accepter les scènes que nous avons vues », a réagi Emmanuel Macron sur Twitter. Les forces de l’ordre, renforcées par deux escadrons de gendarmerie mobile arrivés de métropole, continuent la chasse aux émeutiers. Trente-huit interpellations ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, soit une centaine depuis le début du mouvement. Au prix d’un lourd tribut : on dénombrait hier soir trente blessés chez les gendarmes et les policiers, l’un d’eux ayant eu la main arrachée par l’explosion d’une grenade lacrymogène. Saint-Denis Océan Indien LA REUNION DE NOTRE CORRESPONDANT SÉBASTIEN GIGNOUX À LA RÉUNION préfectorale, inédite dans ce département, d’instaurer un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin dans 14 des 24 communes de l’île, la Réunion s’apprêtait hier soir à traverser une nouvelle nuit agitée. Depuis cinq jours, des émeutiers ont pris l’habitude de récupérer à leur compte le mouvement des Gilets jaunes et de se livrer à des « exactions intolérables », selon les termes du préfet, Amaury de Saint-Quentin. Affrontements avec les forces de l’ordre, pillages de magasins, racket et actes de vandalisme divers et variés viennent ajouter à la tension grandissante suscitée par l’installation durable des barrages des Gilets jaunes en journée. Hier encore, on comptait une trentaine de points de blocage. MALGRÉ LA DÉCISION préfet afin de préparer une plate-forme commune de revendications. « Nous prendrons le temps qu’il faudra pour bien faire les choses pour les Réunionnais », déclarait hier soir l’une des porte-parole de la toute fraîche Coordination des Gilets jaunes responsables, regroupant une cinquantaine de manifestants de toutes les communes. Est-ce à dire que la situation de blocage pourrait s’éterniser ? « On assouplira le mouvement si le préfet lève le couvre-feu et apporte un traitement immédiat aux problèmes sociaux », répond la coordination… En attendant, le trafic aérien connaît de sérieuses perturbations, les conteneurs de marchandises s’entassent au port et les éleveurs s’alarment alors qu’ils ne sont plus approvisionnés en aliments pour les animaux. Les files d’attente s’allongent devant les rares commerces qui LES FILES S’ALLONGENT DEVANT LES COMMERCES L’annonce, mardi soir, par le président de la région, Didier Robert (droite) — qui dit « soutenir pleinement le combat légitime des Gilets jaunes » —, d’un gel des taxes sur le carburant, négocié avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin (ce gel concerne une taxe spécifique à la Réunion), n’a pas du tout suffi à calmer les ardeurs des Gilets jaunes réunionnais. Faute de leaders identifiables, et portant un lot de revendications diffuses allant du matraquage fiscal à la vie chère en passant par les petites retraites, ils ont finalement refusé la rencontre prévue hier soir avec le France Bleu Paris, nous n’avons pas que les transports en commun ! À Paris sur 107.1 Le Grand Paris Express, un supplément du Parisien à retrouver dans le Dossier de la rédaction, à 7h45 francebleu.fr en partenariat avec npdirectlp_ftp

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