« Ted » s’oc­cupe du vin

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO À LA UNE - PAR DEL­PHINE DENUIT ET CY­RIL PE­TER

rêts à man­ger food­tech ? Pour beau­coup d’entre nous, c’est dé­jà fait sans même le sa­voir ! Un re­pas li­vré par De­li­ve­roo ou Frich­ti, une re­cette lue sur Mar­mi­ton, un in­ven­du à prix cas­sé ache­té grâce à Too Good To Go… Au­tant d’usages qui font par­tie de la food­tech, ce phé­no­mène à la mode qui al­lie in­no­va­tion et ali­men­ta­tion. « Ce sec­teur est très large, on a l’ha­bi­tude de dire qu’il va de la fourche à la four­chette, ex­plique Mat­thieu Vincent, co­fon­da­teur de Di­gi­talFoodLab, une so­cié­té de conseils spé­cia­li­sée. En réa­li­té, ce­la va même jus­qu’à la pou­belle puis­qu’on y in­clut la lutte contre le gas­pillage ali­men­taire. »

En­core émergent il y a quatre ans, le mar­ché connaît un im­mense es­sor de­puis ces deux der­nières an­nées. « Pour la pre­mière fois, le Sa­lon in­ter­na­tio­nal de l’ali­men­ta­tion (Sial), qui réunit tous les deux ans les pro­fes­sion­nels du monde en­tier, a in­té­gré un es­pace food­tech », note Xa­vier Boi­de­vé­zi, se­cré­taire na­tio­nal du ré­seau food­tech dans les ter­ri­toires. « La France s’est ré­veillée en 2015, une an­née char­nière où les gens ont pris conscience de l’im­por­tance d’avoir une ali­men­ta­tion saine », ex­plique l’ex­pert.

PLA FRANCE AU 3e RANG

De­puis, le pays de la gas­tro­no­mie rat­trape son re­tard, jus­qu’à se his­ser, se­lon le ba­ro­mètre du Di­gi­talFoodLab, au troi­sième rang eu­ro­péen en termes de le­vées de fonds, der­rière l’Al­le­magne et la Grande-Bre­tagne. « La France compte beau­coup de start-up — 685 ac­tives, dont 55 % sont en Ile-de-France — mais manque en­core de moyens avec 160 M€ d’in­ves­tis­se­ments at­ten­dus cette an­née », ex­plique Mat­thieu Vincent. C’est bien peu com­pa­ré aux 7,7 Mds€ col­lec­tés par les ac­teurs mon­diaux de la food­tech l’an pas­sé. D’au­tant qu’une poi­gnée de jeunes pousses seule­ment boucle d’im­por­tants tours de table. C’est le cas de Phé­nix, spé­cia­li­sée dans la ges­tion des in­ven­dus, et de Feed, dans les re­pas de sub­sti­tu­tion, qui viennent de ré­col­ter cha­cune 15 M€. Faute d’y par­ve­nir, d’autres pré­fèrent re­joindre de grands groupes ca­pables d’as­su­rer leur dé­ve­lop­pe­ment (Qui­toque chez Car­re­four, FoodC­hé­ri chez So­dexo).

Mais at­ten­tion de ne pas ré­su­mer la food­tech aux seules start-up. « Il ne faut pas ou­blier notre tis­su in­dus­triel de TPE et PME qui oeuvrent de­puis des an­nées sans avoir les moyens de s’of­frir des ex­perts pour se di­gi­ta­li­ser », tem­père Xa­vier Boi­de­vé­zi. Si s’équi­per pour fran­chir le pas peut coû­ter cher

FOOD­TECH

La food­tech ras­semble les en­tre­prises qui in­novent dans la pro­duc­tion, la trans­for­ma­tion, la dis­tri­bu­tion et la consom­ma­tion de bois­sons et pro­duits ali­men­taires. Ce­la se tra­duit par la di­gi­ta­li­sa­tion de pro­cé­dés in­dus­triels ou de prises de aux pro­fes­sion­nels au dé­part, l’in­ves­tis­se­ment se ré­vèle payant à terme. Et cô­té consom­ma­teur, l’ad­di­tion n’en se­ra pas for­cé­ment plus sa­lée.

Alors, prêts pour la food­tech ? Je­tez un oeil sur notre me­nu et faites le test… com­mande. Cet éco­sys­tème surfe sur les nou­veaux usages des consom­ma­teurs au­tour du bien-être, du goût et de l’en­vi­ron­ne­ment. Il en­traîne avec lui des groupes his­to­riques de l’agroa­li­men­taire ou de la res­tau­ra­tion, dont cer­tains n’hé­sitent pas à en­trer au ca­pi­tal des start-up. LA RO­BO­TIQUE au se­cours des vi­ti­cul­teurs. Créée en 2011, Naïo Tech­no­lo­gies a dé­ve­lop­pé un ro­bot au­to­nome gui­dé par GPS. Ted — c’est son nom — est dé­jà en ex­pé­ri­men­ta­tion dans onze do­maines pour une com­mer­cia­li­sa­tion pré­vue cou­rant 2020. Son prix avoi­sine, se­lon les op­tions, les 150 000 €. Mais grâce à lui, fi­ni la cor­vée du désher­bage chi­mique (exit le gly­pho­sate) ou ma­nuel ! « Elec­trique et lé­ger, il per­met un désher­bage et un bi­nage mé­ca­nique de pré­ci­sion », ex­plique Guillaume Del­prat, le res­pon­sable du mar­ché Vigne. A terme, il de­vrait aus­si gé­rer la tonte, l’épam­prage (la coupe des feuilles qui poussent aux pieds des ceps), la dé­tec­tion des ma­la­dies et même suivre la ma­tu­ra­tion du rai­sin.

Smartphones et ta­blettes s’ajoutent aux ou­tils de tra­vail des res­tau­ra­teurs à l’heure de la food­tech.

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