CON­SEIL D’EX­PERT Etu­diant et en­tre­pre­neur : des dé­marches fa­ci­li­tées ?

Créer sa boîte et suivre des études n’est pas in­com­pa­tible. Mais sous quels sta­tuts et avec quelles aides ? Les ré­ponses de Dan Sa­ma­ma, ex­pert-comp­table gé­rant as­so­cié au sein du ca­bi­net Op­ti­ma Ex­perts à Pa­ris.

Le Parisien (Essonne) - - ÉCO DÉVELOPPEMENT - PAR RÉ­GIS DE­LA­NOË

Une étude* ré­vèle que près de deux tiers des 18-24 ans sou­haitent créer ou re­prendre une en­tre­prise. Ce­la vous étonne-t-il ?

Je constate en ef­fet un ra­jeu­nis­se­ment des can­di­dats à un tel pro­jet. La créa­tion du sta­tut d’au­toen­tre­pre­neur a lan­cé ce phé­no­mène et il a été ac­cé­lé­ré avec l’ubé­ri­sa­tion de cer­tains sec­teurs. L’éco­sys­tème tra­di­tion­nel du sa­la­riat est fra­gi­li­sé au pro­fit d’un autre où cha­cun peut créer son mé­tier et sa struc­ture.

Que conseillez-vous aux étu­diants sou­hai­tant créer leur en­tre­prise ?

Beau­coup ont de bonnes idées et la mo­ti­va­tion pour se lan­cer mais le pro­jet n’est pas as­sez ca­dré. Or, cer­taines étapes res­tent in­con­tour­nables, comme l’étude de mar­ché ou le bu­si­ness plan. Il leur est conseillé de se faire ai­der par des ex­perts-comp­tables ou des avo­cats spé­cia­li­sés dès la pré­pa­ra­tion de la créa­tion et pas seule­ment au mo­ment de dé­fi­nir les sta­tuts de l’en­tre­prise.

Sous quel sta­tut se lan­cer ?

Pour me­ner de front études et pro­jet en­tre­pre­neu­rial, la mi­cro-en­tre­prise peut être un bon choix. C’est fa­cile à mettre en place et les condi­tions ont été ré­cem­ment as­sou­plies, avec un re­lè­ve­ment du ni­veau de chiffre d’af­faires (CA) an­nuel en de­ça du­quel il faut se main­te­nir pour gar­der ce sta­tut. Un jeune gra­phiste peut par exemple dé­ci­der de se lan­cer ain­si puis bas­cu­ler en en­tre­prise in­di­vi­duelle une fois le seuil de CA dé­pas­sé.

Existe-t-il une autre so­lu­tion ?

Il faut éga­le­ment pen­ser au sta­tut na­tio­nal d’étu­diant-en­tre­pre­neur (SNEE). Ce der­nier est conçu spé­cia­le­ment pour les ba­che­liers, étu­diants et jeunes di­plô­més de moins de 28 ans por­teurs d’un pro­jet d’en­tre­prise, sous ré­serve d’ac­cep­ta­tion du dos­sier. Il per­met d’être ac­com­pa­gné de tu­teurs, d’ac­cé­der à un es­pace de co­wor­king et d’ob­te­nir des amé­na­ge­ments d’em­ploi du temps. Le pro­jet d’en­tre­prise de l’étu­diant peut ain­si rem­pla­cer un stage obli­ga­toire pré­vu dans le cur­sus.

Peuvent-ils bé­né­fi­cier d’aides ?

Les 18 à 26 ans font par­tie des po­pu­la­tions bé­né­fi­ciaires de l’exo­né­ra­tion de charges so­ciales pré­vues par le dis­po­si­tif Accre (aide au chô­meur créant ou re­pre­nant une en­tre­prise). A no­ter : la du­rée de cette der­nière peut at­teindre 3 ans pour une mi­croen­tre­prise. Des aides spé­ci­fiques peuvent éga­le­ment être al­louées par des or­ga­nismes comme Bpi­france (en se por­tant cau­tion sur un em­prunt au­près d’une banque par exemple) et des as­so­cia­tions d’en­tre­prises comme Ini­tia­tive France. En­fin, ils peuvent es­sayer d’in­té­grer une cou­veuse, pour tes­ter le pro­jet, ou un in­cu­ba­teur, lors du lan­ce­ment, pour pro­fi­ter d’un ac­com­pa­gne­ment.

* Etude en France de l’Ob­ser­va­toire de l’au­toen­tre­pre­neu­riat Opi­nionWay de 2016.

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