Vian­ney ra­conte ses pre­miers pas d’ac­teur

Le chan­teur nous a re­çus sur le tour­nage de « Ma mère est folle », de Diane Ku­rys, où il donne la ré­plique à Fan­ny Ar­dant.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LA UNE - DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX ÉRIC BU­REAU (TEXTES) ET JEAN NI­CHO­LAS GUILLO (PHO­TOS) À JETTE (BEL­GIQUE)

Vian­ney, on peut faire un sel­fie ? » Le chan­teur est as­sailli par les fans. Ce jour­là, il est en plein tour­nage sur la place cen­trale de Jette, pe­tite ville de la pé­ri­phé­rie de Bruxelles, mais il ré­pond à toutes les sol­li­ci­ta­tions.

Ce n’est pas un clip qu’il tourne, mais son pre­mier long-mé­trage : « Ma mère est folle ». Un film de Diane Ku­rys, à qui l’on doit « Dia­bo­lo menthe », « Coup de foudre », « Sa­gan ». Il y tient le rôle du fils de Fan­ny Ar­dant.

Le tour­nage, qui a voya­gé entre Bruxelles et Rot­ter­dam (Pays-Bas), s’achève ces jours­ci à Pa­ris. Entre deux scènes, le mu­si­cien ré­vé­lé par son tube « Pas là » nous ex­plique pour­quoi et comment, à 27 ans, alors qu’il est en pleine as­cen­sion — 600 000 exem­plaires ven­dus de son 2e al­bum, 160 concerts de­puis sa sor­tie fin 2016 dont deux Ber­cy dé­but juin — il se lance un nou­veau défi : le ci­né­ma.

On ne s’at­ten­dait pas à vous re­trou­ver co­mé­dien...

VIAN­NEY. Moi non plus ! Je n’en ai ja­mais rê­vé, je n’y connais rien, ma culture se ré­sume aux grands films po­pu­laires, drôles, « OSS 117 », les films de Du­bosc, Ven­tu­ra, Blier. En plus, les clips, c’est ce que j’aime le moins.

Qu’est-ce qui vous a convain­cu, alors ?

J’ai tou­jours en­vie d’es­sayer des choses dif­fé­rentes et ce­la me plaît de jouer. J’avais eu dé­jà plu­sieurs pro­po­si­tions de films, qui soit tom­baient mal, soit ne me plai­saient pas. Quand je ne sens pas quelque chose, je ne le fais pas, je fonc­tionne à l’ins­tinct. Cette fois, il y avait Fan­ny Ar­dant, Diane Ku­rys et j’ai ai­mé le scé­na­rio. Ce­la m’a amu­sé de jouer un gars au ca­rac­tère dia­mé­tra­le­ment op­po­sé au mien, pas sym­pa, violent, qui n’aime pas sa mère et lui fait sen­tir tout au long du film.

Comment vous êtes-vous pré­pa­ré ?

Main­te­nant que le tour­nage s’achève, je peux l’avouer. Je suis un vrai es­croc (rires). Je ne me suis pas pré­pa­ré. Pour ras­su­rer Diane, au dé­but, je lui ai dit que j’avais tra­vaillé dur. Heu­reu­se­ment que je mé­mo­rise vite les textes. Pour ma dé­fense, je n’ai eu que quatre jours entre la fin de la tour­née et le dé­but du tour­nage. Bon, j’ai lu trois fois le scé­na­rio, mais je n’ai pas eu le temps de me for­mer avec un coach. Je me suis lan­cé en me di­sant que, si je me plan­tais, eh bien tant pis, ce ne se­rait pas grave. Je suis comme ça dans la vie.

Comment s’est pas­sé le pre­mier jour ?

C’était un dé­lire, car la pre­mière scène du tour­nage, c’était la der­nière, la sé­quence émo­tion avec Fan­ny, qui a tout de suite été ado­rable, com­pré­hen­sive. Quand on re­fai­sait les scènes, c’était tou­jours de ma faute, mais elle a été pa­tiente. Du coup, j’ai ai­mé tout de suite, j’ai trou­vé ça gé­nial, très drôle. Le maître-mot, c’est jouer, imi­ter, c’est amu­sant.

C’est très dif­fé­rent de la vie en tour­née ?

Avoir 30 per­sonnes au­tour de moi, ce­la res­semble beau­coup à ma vie en tour­née, en fait. Mais là, c’est moins fa­ti­gant. C’est Diane le pa­tron, c’est elle qui dé­cide, qui porte les choses. Ce­la me fait presque des va­cances.

Vous vou­lez de­ve­nir chan­teur-ac­teur ?

Je ne sais pas, je n’ai pas de pro­gramme. Pour moi, le ci­né n’est pas aus­si fort que la mu­sique.

Et la mu­sique dans tout ça ?

Je lis mes dia­logues le ma­tin et je fais de la mu­sique le soir. J’ai ins­tal­lé mon stu­dio dans ma chambre d’hô­tel. Mais je ne com­pose pas pour moi. Je tra­vaille pour Alice On The Roof, une Belge que j’aime beau­coup et dont je pro­duis des chan­sons, l’al­bum de Kend­ji et de Pa­trick Bruel. Avec Pa­trick, on tra­vaille sur des compositions, des textes, je pro­duis aus­si une chan­son. En sor­tant un peu de ma rou­tine et du tour­billon, j’ai l’im­pres­sion d’être plus créa­tif, ef­fi­cace et lu­cide sur mes pro­jets.

“J’AI

AI­MÉ TOUT DE SUITE, J’AI TROU­VÉ ÇA GÉ­NIAL, TRÈS DRÔLE. LE MAÎTRE-MOT, C’EST JOUER, IMI­TER, C’EST AMU­SANT. ”

Jette (Bel­gique), le 11 mai. Le chan­teur avoue avoir re­çu plu­sieurs pro­po­si­tions avant d’ac­cep­ter de se lan­cer dans le ci­né­ma.

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