MBAP­PÉ « J’échan­ge­rais un Bal­lon d’or contre une vic­toire en Coupe du monde ! »

Sé­lec­tion­né hier pour sa pre­mière grande com­pé­ti­tion avec l’équipe de France, l’at­ta­quant évoque la cam­pagne de Rus­sie. Il re­vient aus­si sur sa sai­son riche au PSG et sur son sta­tut de star en de­ve­nir.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FOOTBALL - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR

C’EST AU MU­SÉE KY­LIAN MBAP­PÉ.

LE JEUNE HOMME DE 19 ANS Vous êtes un en­fant de la Seine-Saint-De­nis. Que vous a ap­por­té la ban­lieue ?

La ban­lieue m’a ap­por­té et trans­mis plein de va­leurs. On y vit par­fois des mo­ments dif­fi­ciles mais ça per­met de s’en­dur­cir, de res­pec­ter les gens et d’avoir la va­leur des choses.

Pou­vez-vous vous ba­la­der tran­quille­ment dans les rues de Pa­ris ?

Non, non, je ne peux plus. (Rire.) C’est un pe­tit re­gret de ne pas pou­voir faire ses courses mais on ne peut pas tout avoir. Moi, j’ai choi­si d’être un joueur pro, qui plus est cé­lèbre, donc il faut as­su­mer les pe­tits in­con­vé­nients.

Vous ve­nez de créer votre site In­ter­net. Est-ce pour faire comme tout le monde ?

Non, pas for­cé­ment. C’est sur­tout pour être au contact des fans. Au­jourd’hui, je suis aus­si ce que je suis grâce à eux. Et, sans les fans, je ne suis pas Ky­lian Mbap­pé, un joueur qu’on adule.

Quelle est la chose la plus folle que vous vous êtes of­ferte de­puis votre si­gna­ture au PSG ?

(Pen­sif.) Oh, une belle mai­son. C’était im­por­tant pour la fa­mille.

Est-ce fa­cile de très bien ga­gner sa vie à 19 ans ?

Je n’ai au­cun pro­blème avec l’ar­gent. Comme je vous l’ai dit pré­cé­dem­ment, j’ai re­çu une bonne édu­ca­tion qui m’a ap­pris la va­leur des choses. Je sais ce que Bien sûr qu’il faut sa­vou­rer mais tout en fai­sant at­ten­tion car une car­rière reste courte. Je suis bien en­tou­ré.

Le Bal­lon d’or fait-il tou­jours par­tie de vos ob­jec­tifs ?

Non. Quand j’étais plus jeune, je vou­lais ab­so­lu­ment rem­por­ter un jour le Bal­lon d’or. Mais, en gran­dis­sant, ma prio­ri­té va vers les tro­phées col­lec­tifs. Ce­la n’a pas de prix de pou­voir par­ta­ger un titre avec ses co­équi­piers.

Echan­ge­riez-vous un Bal­lon d’or contre une vic­toire en Coupe du monde ?

(Ins­tan­ta­né­ment.) Oh oui, bien sûr ! Le Bal­lon d’or, je le donne, si on peut me don­ner une Coupe du monde ou une Ligue des cham­pions. Al­lez, je vais même le li­vrer en plus ! (Rire.)

Avez-vous ob­te­nu le per­mis de conduire ?

Non. Je de­vais le pas­ser l’été der­nier et le trans­fert m’a pris trois mois. L’au­to-école m’at­tend en­core à Mo­na­co ! (Sou­rire.) Je vais le pas­ser cet été. Vé­ri­dique ! Je veux l’ob­te­nir même si je ne condui­rai pas pour au­tant car j’ai un chauf­feur.

LE PSG Le qua­dru­plé na­tio­nal est-il suf­fi­sant au vu des moyens du PSG ?

On a tra­vaillé toute l’an­née pour at­teindre ce genre d’ob­jec­tif. Il y a un point noir, c’est la Ligue des cham­pions. On ne pour­ra ja­mais l’ou­blier mais il ne faut pas faire notre bi­lan uni­que­ment sur la Coupe d’Eu­rope. Même si tout le monde nous donne ga­gnant avant chaque com­pé­ti­tion na­tio­nale, il faut four­nir du tra­vail pour par­ve­nir à ses fins.

Ai­me­riez-vous avoir votre propre chan­son au Parc comme Edin­son Cavani ?

Fran­che­ment, ce n’est pas trop mon pro­blème. Edin­son est au club de­puis cinq ans et il a sa chan­son tout comme Ney­mar. Fé­li­ci­ta­tions à eux. Les gens obj’ai. tiennent des choses parce qu’ils le mé­ritent.

Etes-vous à Pa­ris pour long­temps ?

J’ai un contrat de cinq ans et je suis très content ici. Pa­ris m’a don­né cette op­por­tu­ni­té de jouer et de pro­gres­ser. L’an­née pro­chaine, je se­rai là mais au bout de ces cinq an­nées de contrat, je ne sais pas. On ver­ra, c’est le foot.

Dans quel do­maine de­vez­vous en­core pro­gres­ser ?

En dé­fense ! Of­fen­si­ve­ment, il ne me reste pas beau­coup de choses à amé­lio­rer même si je dois être plus tueur de­vant le but. En re­vanche, il y a du tra­vail dé­fen­si­ve­ment. J’ai beau­coup pro­gres­sé car je par­tais de très loin, mais ce n’est pas en­core ça pour le très haut ni­veau. C’est in­dis­pen­sable de faire les ef­forts pour le col­lec­tif.

Com­ment pro­gresse-t-on dé­fen­si­ve­ment ?

C’est un état d’es­prit ! Mon pro­blème est d’avoir tou­jours été le joueur nu­mé­ro 1 dans les équipes de jeunes. On di­sait : « Toi, tu dé­fends pour Ky­lian ». C’est une ha­bi­tude que j’ai prise… Sauf que, main­te­nant, la star est Ney­mar et il faut se mettre au diapason. Ce­la s’ap­prend et j’ai cette en­vie. Ce ne sont pas que des pa­roles.

Al­lez-vous de­ve­nir un joueur plus in­di­vi­dua­liste ?

Je suis al­truiste de base et au ser­vice de Cavani et de Ney­mar. Ce sont eux qui doivent mar­quer des buts, moi je suis là pour pro­gres­ser. Un jour, je se­rai à cette place où l’on di­ra : « Tu donnes le bal­lon à Ky­lian, c’est Ky­lian qui mar­que­ra les buts. »

Quel est votre re­gard sur vos re­cords de pré­co­ci­té no­tam­ment en Ligue des cham­pions (pre­mier joueur à avoir ins­crit 10 buts à moins de 19 ans) ?

C’est co­ol ! J’ai en­vie de dire que c’est seule­ment le com­men­ce­ment. Si je peux battre un maxi­mum de re­cords, je les bat­trai. Mais, un jour, un autre joueur en­core plus jeune et en­core plus fort les ef­fa­ce­ra. Donc, au­tant avoir un maxi­mum de re­cords car il m’en res­te­ra peut-être quelques-uns. (Sou­rire.)

Com­ment ré­agis­sez-vous aux cri­tiques ?

C’est bien, je les ac­cepte. Ce­la montre que je suis un hu­main, que je fais des er­reurs et que je ne suis pas en­core au som­met comme on veut le faire croire cer­taines fois.

Vous faites votre en­trée au mu­sée Gré­vin plu­sieurs se­maines avant Em­ma­nuel Ma­cron…

Je ne peux pas me com­pa­rer avec le chef de l’Etat ! (Rire.) Je res­sens une grande fier­té de pou­voir en­trer au mi­lieu de toutes ces stars. Un cer­tain nombre d’entre elles m’ont ins­pi­ré ou m’ins­pirent en­core. C’est ma­gni­fique !

« AU­JOURD’HUI, JE SUIS CE QUE JE SUIS GRÂCE AUX FANS. ET, SANS EUX, JE NE SUIS PAS KY­LIAN MBAP­PÉ, UN JOUEUR QU’ON ADULE »

« JE SUIS AL­TRUISTE DE BASE ET AU SER­VICE DE CAVANI ET NEY­MAR. CE SONT EUX QUI DOIVENT MAR­QUER DES BUTS, MOI JE SUIS LÀ POUR PRO­GRES­SER. »

Stade de France (Saint-De­nis), le 10 oc­tobre 2017. Pour Ky­lian Mbap­pé (ici, contre la Bié­lo­rus­sie, 2-1), l’équipe de France n’est pas « pas seule­ment une somme de ta­lents ».

Pa­villon d’Ar­me­non­ville (Pa­ris XVIe), le 13 mai. Ky­lian Mbap­pé, tout sou­rire, avec Ney­mar lors des Tro­phées UNFP. Comme la sai­son pas­sée, l’at­ta­quant de 19 ans a été élu meilleur es­poir de L 1.

Pa­ris (IXe), hier soir. Ky­lian Mbap­pé a fait connais­sance avec sa sta­tue de cire du mu­sée Gré­vin.

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