Voyez le golf au­tre­ment !

En cette an­née de Ry­der Cup, pour­quoi ne pas se mettre au golf ? De nou­velles pra­tiques per­mettent d’ou­vrir la dis­ci­pline à tous.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PAR ÉRIC BRUNA

Les beaux jours sont là, l’en­vie de faire du sport ti­tille et la Ry­der Cup, troi­sième évé­ne­ment spor­tif au monde, s’ap­prête à dé­bar­quer au Golf na­tio­nal de Saint-Quen­tin en Yve­lines au dé­but de l’au­tomne (du 28 au 30 sep­tembre)… Bref, les condi­tions idéales sont réunies pour se mettre au golf.

Pour­tant, les cli­chés pous­sié­reux sur la dis­ci­pline ont du mal à s’en­vo­ler au grand air. « Le nombre de li­cen­ciés stagne, voire di­mi­nue, et la po­pu­la­tion des gol­feurs vieillit, ana­lyse Ma­nuel Bio­ta, PDG du ré­seau de golfs Blue­green, qui nous re­çoit sur le site de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Les portes des clubs res­tent fer­mées. Pas­ser l’ac­cueil d’un golf, c’est un sa­cer­doce et il faut vrai­ment qu’on soit mo­ti­vé pour ve­nir ! »

DES ATE­LIERS POUR SÉ­DUIRE LES DÉ­BU­TANTS

En poste de­puis un peu plus d’un an, cet an­cien de la Fnac et de Car­re­four a dé­ci­dé de faire bou­ger les lignes et de lan­cer quelques concepts no­va­teurs pour chas­ser les idées re­çues. Dès l’en­trée du site, bien­ve­nue au mi­ni­golf. Mais pas vrai­ment le pe­tit mou­lin en bé­ton du cam­ping des Flots bleus. Plu­tôt un par­cours en mi­nia­ture qui re­pro­duit toutes les dif­fi­cul­tés d’un green.

Le dé­bu­tant que je suis ap­prend ain­si à se fa­mi­lia­ri­ser avec les pentes et une balle qui file plus vite qu’on ne l’ima­gine. Et com­prend com­ment cer­tains peuvent s’ar­ra­cher les che­veux sur un vrai green. Au mi­lieu d’une carte ho­no­rable, le trou en un du 8 me donne en­vie de per­sé­vé­rer. « D’au­tant que c’est le plus dur du par­cours », me glisse l’ar­chi­tecte.

Di­rec­tion le Sta­dium. Une sorte de par­cours de mo­tri­ci­té, très lu­dique, qui mé­lange coups de golfs (frappe, ap­proche, putt), vi­tesse, équi­libre et exer­cices de mé­mo­ri­sa­tion. Ar­mé de sa ta­blette, Maxime me donne le top dé­part. A l’ar­ri­vée, il ajuste mon temps se­lon les pé­na­li­tés de chaque ate­lier: 59 se­condes. L’exer­cice ra­vit les en­fants. On com­prend pour­quoi.

Je re­garde d’un oeil cir­cons­pect le Per­fect Line, un par­cours vir­tuel bar­dé de tech­no­lo­gie qui per­met de don­ner une nou­velle di­men­sion au clas­sique prac­tice. Les joueurs en train de ta­per, par­mi les­quels Alain Roche, l’an­cien dé­fen­seur du PSG, me donnent en ef­fet la peur du ri­di­cule. A raison… Un pe­tit pas­sage sur les lieux un peu plus tard, avec quelques sé­vères air shots au pro­gramme, m’en ap­prend beau­coup sur l’hu­mi­li­té du pra­ti­quant.

« Notre pa­ri est d’être lé­gi­times pour des gol­feurs en leur of­frant des ins­tal­la­tions de très haute qua­li­té, une ap­proche tech­no­lo­gique, et en même temps faire en sorte que gol­feurs et non-gol­feurs puissent se cô­toyer et y trou­ver leur compte, pour­suit Ma­nuel Bio­ta. Nous adap­tons aus­si nos struc­tures pour que les gens soient en ca­pa­ci­té de ve­nir. Avec des ani­ma­tions jus­qu’à 23 heures, on a des ins­tal­la­tions pour tout le monde, pas seule­ment pour une po­pu­la­tion in­ac­tive, des no­tables ou des pro­fes­sions li­bé­rales. »

Cette nou­velle ap­proche gol­fique joue donc sur le temps et l’ar­gent. « En créant le golf au trou (NDLR : via une ap­pli bap­ti­sée Pay As You Play), j’ai des gens qui vont payer 12 € parce qu’ils vont jouer seule­ment quatre ou cinq trous, pour­suit-il. On casse toutes les idées re­çues et on s’ouvre à tout le monde. C’est à la carte, en fonc­tion du temps dont dis­pose cha­cun. »

Pour s’ini­tier mais aus­si per­fec­tion­ner son jeu, on trouve le tra­di­tion­nel mi­ni­golf (à g.). Mais aus­si le no­va­teur Per­fect Line (ci-des­sus), un par­cours vir­tuel qu’a tes­té notre jour­na­liste (à dr.).

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