« Une brusque cou­pure in­ex­pli­cable »

Phi­lippe Guichard, pa­tron de l'OCRVP

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FAITS DIVERS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR J. P.-L.

LE COM­MIS­SAIRE Phi­lippe Guichard est à la tête de l’Of­fice cen­tral pour la ré­pres­sion des vio­lences aux per­sonnes (OCRVP). En quoi cette af­faire est-elle par­ti­cu­lière ? PHI­LIPPE GUICHARD. C’est une af­faire qui nous semble in­quié­tante car Léa dis­pa­raît du jour au len­de­main sans don­ner de nou­velles. Il y a une brusque cou­pure qui ne s’ex­plique pas : plus d’ac­ti­vi­té té­lé­pho­nique, plus de connexion sur les ré­seaux so­ciaux, pas de témoin. Les in­ves­ti­ga­tions me­nées dans son en­vi­ron­ne­ment ne per­mettent pas d’avan­cer une piste plu­tôt qu’une autre, la dis­pa­ri­tion vo­lon­taire ou la mau­vaise ren­contre, voire l’une sui­vie de l’autre.

A quel mo­ment une dis­pa­ri­tion est-elle qua­li­fiée d’in­quié­tante ?

Quand il s’agit d’un mi­neur, une dis­pa­ri­tion est tou­jours consi­dé­rée comme in­quié­tante car c’est une per­sonne vul­né­rable. Un ma­jeur, ce­la re­lève d’une ap­pré­cia­tion au cas par cas : les ser­vices ter­ri­to­riaux ana­lysent l’en­vi­ron­ne­ment du dis­pa­ru, re­cons­ti­tuent son em­ploi du temps et re­gardent s’il y a des sus­pi­cions de dé­lit ou de crime. Les ques­tions qui se posent sont : y avait-il des signes avant­cou­reurs, comme des pré­cé­dents de fugue ? S’agit-il d’une fa­mille à pro­blème ? Un ma­jeur a le droit de dis­pa­raître, sans pré­ve­nir ses proches.

Dans quels cas l’OCRVP est-il sai­si ?

Nous avons une quin­zaine de dos­siers com­plexes. Nous sommes sol­li­ci­tés pour un ren­fort hu­main ou pour dé­ga­ger d’autres axes d’en­quête. Nous re­li­sons les au­di­tions pour trou­ver des pistes né­gli­gées ou pro­cé­dons à de nou­velles. Nous en­quê­tons sur toute la France : pour Léa, nous avons son­dé des gares et as­so­cia­tions à Pa­ris.

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