« Ce ne sont pas des hé­ros, ce sont des ego »

Jean-Pierre Pa­pin, an­cien Bal­lon d’or

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR YVES LE­ROY

BAL­LON D’OR 1991 et cham­pion d’Eu­rope 1994, Jean-Pierre Pa­pin a eu l’ha­bi­tude de par­ta­ger l’af­fiche avec des grands joueurs. Le consul­tant pour BeIN Sports ap­pelle Ky­lian Mbap­pé, Ney­mar et Edin­son Ca­va­ni à se re­cen­trer sur l’ob­jec­tif du PSG : ga­gner la Ligue des champions.

Quel est le pro­blème de la MCN ?

JEAN-PIERRE PA­PIN. Dans le foot­ball mo­derne, tout le monde tra­vaille. Tu ne peux pas t’im­po­ser si les at­ta­quants ne font pas un mi­ni­mum d’ef­forts de re­pla­ce­ment. En plus, en dé­fen­dant, ils par­ti­raient de plus bas, se­raient plus près des autres, et ce se­rait plus fa­cile de lan­cer les of­fen­sives.

Comment as­so­cier trois stars aus­si fortes ?

Pa­ris, ce ne sont pas des hé­ros, ce sont des ego. A un mo­ment, quel que soit le sta­tut, il faut se mettre au ser­vice de l’équipe. Il y a une dif­fé­rence entre les stars qu’on voit à l’étran­ger et celles de chez nous. On a l’im­pres­sion qu’en France, ce n’est pas gé­rable. Pour­quoi à Li­ver­pool, les mecs se mettent « le cul par terre » et pas chez nous ? Quand Ney­mar jouait à Bar­ce­lone, il dé­fen­dait de temps en temps…

Comment Tu­chel doit-il gé­rer cette si­tua­tion ?

Tu­chel a dit qu’on ne pou­vait pas avoir de ré­sul­tats sans re­la­tions par­ti­cu­lières avec les joueurs. Je suis d’ac­cord. La qua­li­té, elle est an­crée, c’est l’ADN de ces joueurs. Il y a zé­ro pro­blème là-des­sus. Il faut que la mayon­naise prenne, que cha­cun prenne conscience des qua­li­tés qu’il y a au­tour de lui. On s’en fout de sa­voir qui est la star de l’équipe ! Le pro­jet du club, c’est de ga­gner la Coupe d’Eu­rope. Si tu ne l’as pas en tête, tu ne la ga­gne­ras ja­mais.

Croyez-vous en­core en la réus­site de ce trio ?

Ce genre de match doit ser­vir de dé­clic. Il manque à Pa­ris de battre un grand. Le seul ci­ment qui manque, c’est de vou­loir tout écra­ser en Eu­rope. A l’OM, à notre époque, chaque fois qu’on al­lait af­fron­ter un grand d’Eu­rope, on y al­lait pour le dé­mon­ter. Pour­tant, tech­ni­que­ment, les Pa­ri­siens sont bien meilleurs que nous, mais dans la men­ta­li­té, on était plus forts.

Comment les rôles doivent-ils se ré­par­tir entre la MCN ?

Il y a trois joueurs gran­dis­simes de­vant. Main­te­nant, qui est ca­pable de se mettre au ser­vice de l’autre ? Le nu­mé­ro 9, ce­lui qui marque les buts, c’est Ca­va­ni. Mbap­pé et même Ney­mar doivent jouer pour lui. C’est peut-être dur pour eux, mais soit on est une équipe pour ga­gner la Coupe d’Eu­rope, soit on est une équipe où cha­cun fait ce qu’il veut de son cô­té.

ON S’EN FOUT DE SA­VOIR QUI EST LA STAR DE L’ÉQUIPE !

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