The­re­sa May sur la sel­lette

Coin­cée entre les pro et an­ti-Brexit, la Pre­mière mi­nistre bri­tan­nique en­tame une ren­trée ris­quée.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - POLITIQUE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANTE À LONDRES (ROYAUME-UNI) MA­RION L’HOUR

AT­TEN­TION, con­fé­rence de ren­trée pié­gée ! L’an der­nier, lors de ce ren­dez-vous an­nuel, The­re­sa May pen­sait avoir tout en­du­ré. Quinte de toux, dé­cor qui s’ef­fondre, ac­ti­viste ve­nu lui tendre un (faux) avis de li­cen­cie­ment… Mais cette an­née, c’est pire en­core.

Alors que s’ou­vrait hier, pour trois jours, le congrès an­nuel des conser­va­teurs à Bir­min­gham, la chef du gou­ver­ne­ment bri­tan­nique est prise entre deux feux, entre pro et an­ti-Brexit. D’un cô­té, les dra­peaux bleus étoi­lés des par­ti­sans d’un se­cond ré­fé­ren­dum flottent dans le centre-ville de Bir­min­gham. De l’autre, Union Jack à la bou­ton­nière, les « brexi­ters » or­ga­nisent leur cam­pagne en ban­lieue.

Et The­re­sa May ? Elle se tient en équi­libre. De­puis quelques jours, les par­ti­sans d’un Brexit dur mul­ti­plient les at­taques. Cette se­maine, le très BCBG conser­va­teur Ja­cob Rees-Mogg a pu­blié une tri­bune adres­sée à la Pre­mière mi­nistre. Il y ré­cla­mait un aban­don de son pro­jet d’ac­cord de sor­tie de l’Union. Dé­fi ou­vert ve­nant d’un dé­pu­té ap­pré­cié. Le cha­ris­ma­tique Bo­ris John­son frappe en­core plus fort dans le « Sun­day Times » d’hier. Le mi­nistre des Af­faires étran­gères dé­mis­sion­naire qua­li­fie le pro­jet d’ac­cord de « dé­ran­gé » et s’en prend fron­ta­le­ment àT­he­re­sa May : « Con­trai­re­ment à elle, j’ai fait cam­pagne pour le Brexit. » The­re­sa May, il est vrai, dé­fen­dait en 2016 le Re­main (« res­ter »).

SUR­VIVRE À BO­RIS JOHN­SON

Si­mon Al­li­son, fon­da­teur des Conser­va­teurs pour un vote po­pu­laire, badge eu­ro­péen épin­glé sur son blou­son, re­grette d’ailleurs qu’elle l’ait aban­don­né : « On ne com­prend pas pour­quoi la Pre­mière mi­nistre dé­fend des po­si­tions qui ont le sou­tien de seule­ment 15 % des élec­teurs. »

Ces at­taques de tous bords ? « De la pe­tite po­li­tique », ré­plique The­re­sa May. For­cée de se dé­fendre et d’ajou­ter qu’elle « croit au Brexit ». Pour s’en sor­tir, elle de­vra donc jouer en­core les équi­li­bristes en clô­ture mer­cre­di de ce ren­dez-vous de ren­trée. En­core faut-il qu’elle sur­vive à l’in­ter­ven­tion de Bo­ris John­son qui, de­main, de­vrait mo­bi­li­ser les foules. A la sor­tie du ras­sem­ble­ment des « Leave means leave » (Par­tir si­gni­fie par­tir), or­ga­ni­sé en marge de ce congrès des conser­va­teurs, Mike Haw­kins, 53 ans, a les yeux qui brillent un peu trop. « Le par­ti va de­voir chan­ger, on risque même de se scin­der en deux, re­grette l’in­for­ma­ti­cien en che­mise à car­reaux. Moi qui mi­lite de­puis trente-six ans, ça me brise le coeur. »

Bir­min­gham (Royaume-Uni), hier. The­re­sa May.

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