Ces en­tre­prises suisses qui dé­lo­ca­lisent en France

L’ins­tau­ra­tion en Suisse de la pré­fé­rence na­tio­nale à l’em­bauche pousse des so­cié­tés hel­vètes à pas­ser la fron­tière.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - ÉCONOMIE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT À BE­SAN­ÇON (DOUBS) PHI­LIPPE SAU­TER

CE SE­RA VESOUL ! La ca­pi­tale de Haute-Saône vient d’être choi­sie par un groupe d’in­ves­tis­seurs suisses pour y créer une usine. Le groupe GNius tra­vaille, de­puis une di­zaine d’an­nées, sur la créa­tion d’une com­bi­nai­son des­ti­née aux pi­lotes de chasse. Un bre­vet mon­dial a été dé­po­sé.

« Cette com­bi­nai­son est is­sue d’un as­sem­blage de 220 pièces de tis­sus, ex­plique Pa­trick Beye­ler, di­rec­teur de l’en­tre­prise suisse. Le prin­cipe des com­bi­nai­sons n’avait pas été re­mis en cause de­puis les an­nées 1950. C’est un sys­tème nou­veau qui per­met de sup­por­ter des pres­sions jus­qu’à 9 G ».

MAIN-D’OEUVRE MOINS CHÈRE ET PLUS DIS­PO­NIBLE EN FRANCE

Dans un pre­mier temps, ce sont une cen­taine de per­sonnes qui vont être em­bau­chées sur le site de Vesoul. « Mais le pro­jet pré­voit 250 em­plois, peut-être plus. Il reste juste à trou­ver un site idéal à Vesoul », ex­plique Jean-Pierre To­lo, qui va me­ner à bien le pro­cès de fa­bri­ca­tion pour son en­tre­prise G-Ma­nu­fac­ture. Les pre­mières com­bi­nai­sons de­vraient être fa­bri­quées en 2019 après une cam­pagne d’em­bauches et de for­ma­tion.

Cet im­po­sant pro­jet in­dus­triel illustre une ten­dance confir­mée en Franche-Com­té : l’im­plan­ta­tion d’en­tre­prises suisses en France. « C’est une ten­dance lourde, ex­plique Laurent Sage, di­rec­teur à la chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Doubs, dé­par­te­ment fron­ta­lier de la Suisse. De­puis la vo­ta­tion qui a éta­bli en juillet une pré­fé­rence na­tio­nale à l’em­bauche en Suisse, les re­la­tions avec l’Eu­rope se sont ten­dues. Pour l’Eu­rope, ce choix po­pu­laire n’est pas com­pa­tible avec les ac­cords bi­la­té­raux exis­tants. La consé­quence est que l’on entre dans une pé­riode fa­vo­rable pour la France puisque les en­tre­prises suisses ont, de nou­veau, in­té­rêt à s’ins­tal­ler dans la zone eu­ro. D’autres pro­jets de­vraient se confir­mer. »

Autre in­té­rêt de cette dé­lo­ca­li­sa­tion, le coût de la main-d’oeuvre et la meilleure disponibilité des tra­vailleurs fran­çais. Le choix de Vesoul, où le taux de chô­mage est bien plus im­por­tant qu’en zone fron­ta­lière, est aus­si si­gni­fi­ca­tif. « L’in­té­rêt est de ne pas être trop proche de la fron­tière pour trou­ver plus fa­ci­le­ment du per­son­nel, ex­pli­quait Marc-An­dré Cor­nu, pa­tron suisse à la tête d’une bis­cui­te­rie ins­tal­lée près de Be­san­çon. En Suisse, beau­coup de tra­vailleurs fron­ta­liers fran­çais com­posent nos ef­fec­tifs ! »

Vesoul (Haute-Saône), le 5 sep­tembre. Le groupe G-Nius va fa­bri­quer une com­bi­nai­son des­ti­née aux pi­lotes de chasse.

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