Il y avait bien des restes d’ani­maux dans les ca­nons à eau

Ce mé­lange à l’odeur pes­ti­len­tielle avait été uti­li­sé le 1er mai der­nier à Pa­ris contre les ma­ni­fes­tants vio­lents.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FAITS DIVERS - NI­CO­LAS JACQUARD

UNE ONCE DE POUDRE de cornes et de sa­bots de bo­vins, as­sai­son­née de plumes broyées et di­luée dans du sang, sans ou­blier des pro­téines de pé­trole : la re­cette res­semble à une po­tion de sor­cière. Il s’agit, en fait, de la com­po­si­tion d’un ad­di­tif uti­li­sé par les CRS dans leurs ca­nons à eau.

Cette in­for­ma­tion, que nous ré­vé­lions di­manche der­nier dans un Grand For­mat consa­cré à l’en­traî­ne­ment des com­pa­gnies ré­pu­bli­caines de sé­cu­ri­té, a d’abord sus­ci­té l’in­cré­du­li­té sur les ré­seaux so­ciaux. Elle a pour­tant été confir­mée par la Di­rec­tion gé­né­rale de la po­lice na­tio­nale (DGPN), alors que le site d’in­for­ma­tion Street­press pu­bliait un ar­ticle très four­ni sur le su­jet.

Ini­tia­le­ment, ce sont les CRS de la SMS 45 — la sec­tion des moyens spé­cia­li­sés — de Chas­sieu (Rhône) qui avaient fait état de cet em­ploi. La ci­terne de 4 200 litres du lan­ceur d’eau uti­li­sé lors des ma­ni­fes­ta­tions du 1er mai der­nier conte­nait « un émul­sif, sous forme de mousse pro­téi­nique, à base de sang sé­ché, d’os broyés et de pro­téines de viande ma­cé­rées », dé­taillaient-ils.

UNE UTI­LI­SA­TION DÉ­TOUR­NÉE

Un pro­duit ajou­té à l’eau, qui avait « per­mis de re­pous­ser quelques-uns des ma­ni­fes­tants, via l’ef­fet de sur­prise et l’odeur pes­ti­len­tielle du mé­lange ». Pour un autre ex­pert du main­tien de l’ordre, in­ter­ro­gé sous cou­vert d’ano­ny­mat, il s’agit là « d’une uti­li­sa­tion dé­tour­née ». « A la base, il sert de ra­len­tis­seur pour les in­cen­dies. Mais une fois que la ci­terne en est rem­plie, elle doit être vi­dée. Alors, en pleine opé­ra­tion de main­tien de l’ordre, l’en­gin lan­ceur d’eau pul­vé­rise cette sub­stance sur les ma­ni­fes­tants. »

Cô­té po­lice, on pré­ci­sait que les stocks ini­tiaux de cet ad­di­tif étaient dé­vo­lus aux sa­peurs-pom­piers, ain­si qu’à la Sé­cu­ri­té ci­vile, la­quelle n’a pas sou­hai­té s’étendre sur le su­jet. De son cô­té, Street­press a mis la main sur l’un de ses pro­duc­teurs. « Ce sont des ma­tières pre­mières en gé­né­ral ache­tées à l’étran­ger », ex­plique l’in­té­res­sé. Ce­lui-ci avance que ce « n’est pas dan­ge­reux pour la san­té », mais s’étonne que cet « émul­seur pro­téi­nique » ait été uti­li­sé hors de la lutte an­ti-in­cen­dies. Ce que la doc­trine des CRS n’in­ter­dit tou­te­fois pas.

Pa­ris, le 1er mai. L’émul­sif avait, se­lon les CRS, re­pous­sé une par­tie de la foule « via l’ef­fet de sur­prise ».

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