L’Eu­rope, raide dingue de la Ry­der

Les Eu­ro­péens ont re­pris le tro­phée aux Amé­ri­cains. Re­tour sur une se­maine qui a pla­cé la France sur la carte du golf.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PAR ÉRIC BRU­NA

Re­tour sur la Ry­der Cup made in France. Avec des beaux sou­ve­nirs, un pe­tit Woods (ci-contre) et une grande Eu­rope !

est tom­bé sur la 42e Ry­der Cup. De­vant un pu­blic en transe chauf­fé par le so­leil au­tom­nal du Golf na­tio­nal, les Eu­ro­péens — vain­queurs des Etats-Unis 17,5-10,5 — ont sou­le­vé l’un des tro­phées les plus convoi­tés du sport. L’épi­logue de sept ans de pré­pa­ra­tion pour les di­ri­geants tri­co­lores au Golf na­tio­nal de Guyan­court et d’une se­maine riche en émo­tions pour les amou­reux du golf ou ceux qui l’ont dé­cou­vert à cette oc­ca­sion. Si on peut s’in­ter­ro­ger sur l’hé­ri­tage que lais­se­ra la Ry­der en France, quelques images fortes res­te­ront.

LA DO­MI­NA­TION DE L’EU­ROPE

Les hommes du ca­pi­taine Tho­mas Björn peuvent ju­bi­ler. Sur un par­cours par­fai­te­ment taillé à leur me­sure, les Eu­ro­péens, qui me­naient de quatre points di­manche ma­tin grâce à leur maî­trise du vent, n’ont pas eu à trem­bler dans les simples. Ils re­prennent ain­si le tro­phée aban­don­né aux Etats-Unis il y a deux ans. « Les Amé­ri­cains ont pris une grosse claque spor­tive dès ven­dre­di ma­tin », ob­serve Chris­tophe Mu­nie­sa, di­rec­teur tech­nique na­tio­nal (DTN) de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise. Ça ex­plique qu’ils aient eu en­suite le mo­ral dans les chaus­settes.

LES CONSEILS DE MI­CHAEL JOR­DAN

La lé­gende amé­ri­caine du sport n’au­rait ra­té pour rien au monde le pre­mier dé­part à 8 h 10 ven­dre­di ma­tin, après avoir écu­mé les golfs d’Ile-de-France. Conseiller spé­cial du Team USA en 2012, l’ex-bas­ket­teur est même pas­sé don­ner quelques tuyaux aux Amé­ri­cains mer­cre­di sur la ges­tion du bruit de la foule et de la pres­sion. Le sex­tuple cham­pion NBA, nou­veau par­te­naire du PSG avec sa ligne tex­tile Nike, n’est pas la seule star à être ve­nue sa­vou­rer l’évé­ne­ment. De nom­breuses per­son­na­li­tés ont sui­vi les par­ties, no­tam­ment celles de Woods.

LA DÉ­CHÉANCE DU ROI SO­LEIL

On ne peut guère faire plus gla­mour. Mer­cre­di soir, les 24 meilleurs joueurs de la pla­nète et leurs com­pagnes ont par­ti­ci­pé en te­nue de soi­rée au dî­ner de ga­la dans la ga­le­rie des Ba­tailles du châ­teau de Ver­sailles. Au bras d’Eri­ca Her­man, qu’il fré­quente de­puis presque un an, Ti­ger Woods était en­core sou­riant. L’ex-no 1 mon­dial, fa­ti­gué, a pour­tant tra­ver­sé le week-end comme une âme en peine avec quatre dé­faites en quatre par­ties. Dé­fi­ni­ti­ve­ment mau­dit dans une com­pé­ti­tion qu’il n’a rem­por­tée qu’une seule fois en huit par­ti­ci­pa­tions. Sa pire Ry­der. Un fias­co mo­nu­men­tal.

LE CI­NÉ­MA DE MOLIWOOD

Moliwood, ou la contrac­tion de l’Ita­lien Mo­li­na­ri et de l’An­glais Fleet­wood. Le duo in­fer­nal, ami dans la vie et com­plice sur les greens, a sur­vo­lé le par­cours de l’Al­ba­tros et mis les Bleus sur or­bite. Réus­sis­sant une per­for­mance unique dans l’épreuve en rem­por­tant leurs quatre doubles… dont trois face à Woods ! Fleet­wood est aus­si de­ve­nu le seul roo­kie (dé­bu­tant) à ga­gner ses quatre pre­miers matchs de Ry­der Cup. « Qu’estce que vous vou­lez que je dise ? Je l’aime ! » a lan­cé l’Ita­lien en sou­riant. C’est LA belle his­toire de l’édi­tion 2018.

LE MAU­VAIS OEIL DE KOEP­KA

Le golf peut être un sport dan­ge­reux, où il faut sa­voir évi­ter les balles per­dues. Ven­dre­di ma­tin, sur le trou no 6, l’Amé­ri­cain Koep­ka a en­voyé son drive trop à gauche du fair­way. Tel­le­ment à gauche qu’il a fi­ni sa tra­jec­toire entre l’oeil droit et le nez d’une spec­ta­trice ! Après de longues mi­nutes au sol, la jeune femme, en­san­glan­tée, a été éva­cuée vers l’hô­pi­tal, heu­reu­se­ment sans au­cune frac­ture. « On ne fait ja­mais ex­près de bles­ser quel­qu’un mais ça ar­rive en golf, a ex­pli­qué le Flo­ri­dien, qui s’est aus­si­tôt pré­ci­pi­té vers le pu­blic. J’étais vrai­ment mal… »

LA FER­VEUR DU PU­BLIC

Il faut vrai­ment le voir pour le croire. La Ry­der Cup draine une at­mo­sphère unique, bruyante et co­lo­rée. Avec une vraie proxi­mi­té entre joueurs et spec­ta­teurs. Digne d’un stade de foot an­glais, y com­pris pour la consom­ma­tion de bières, bur­gers et fish and chips… 171 000 fans (dont 65 000 di­manche) ont as­sis­té aux trois jours de com­pé­ti­tion et l’am­biance, très lar­ge­ment « eu­ro­péenne », est chaque fois mon­tée d’un cran au fil des par­ties, no­tam­ment des cha­ris­ma­tiques McIl­roy ou Poul­ter.

Saint-Quen­tin-enY­ve­lines, hier. L’An­glais Tom­my Fleet­wood est por­té en triomphe. Juste illus­tra­tion de la fer­veur qui a ac­com­pa­gné les joueurs du­rant les trois jours de com­pé­ti­tion.

Saint-Quen­tin-en-Yve­lines, hier. Après avoir per­du ses trois doubles ven­dre­di et sa­me­di, le Tigre s’est in­cli­né face à l’Es­pa­gnol Jon Rahm.

Ver­sailles (Yve­lines), mer­cre­di. Les fastes du châ­teau de Ver­sailles pour com­men­cer : le Team USA par­ti­cipe à un dî­ner de ga­la.

Saint-Quen­tin-en-Yve­lines, hier. En tête de­puis la 1re jour­née, les Eu­ro­péens se sont ad­ju­gé leur 12e Ry­der Cup.

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