L’an­cien ar­bitre in­ter­na­tio­nal sup­por­ter de Voi­sins

Her­vé Pic­ci­rillo, l’an­cien ar­bitre in­ter­na­tio­nal fran­çais, était le pre­mier sup­por­teur du FC Voi­sins, bat­tu hier. Il re­vient sur son par­cours.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - HAUTS-DE-SEINE - PAR GILLES TOURNOUX

AILLEURS, il pas­se­rait sans doute in­co­gni­to. Mais pas à Voi­sins-le-Bre­ton­neux, où il ré­side de­puis quinze ans. Plus que son at­ta­che­ment à cette ville des Yve­lines, au pe­tit club lo­cal de foot où il évo­lue en vé­té­rans de­puis 2013, « même [s’il a] un peu les pieds car­rés », c’est son nom qui fait par­ler. Pic­ci­rillo, ça ne vous dit rien ?

L’an­cien ar­bitre in­ter­na­tio­nal fran­çais a pour­tant di­ri­gé 221 matchs de Ligue 1, ou en­core une fi­nale de Coupe de France, Lyon - Que­villy en 2012, avant de ran­ger son sif­flet la même an­née. Même s’il ar­rive à Her­vé Pic­ci­rillo (51 ans) de re­pi­quer au jeu pour pal­lier l’ab­sence d’un ar­bitre à un match de moins de 17 ans comme il y a une di­zaine de jours : « Je donne un coup de main à mon club fa­mi­lial, où trois de mes quatre fils sont éga­le­ment li­cen­ciés. » Hier, il était der­rière la main cou­rante du parc des sports du Grand-Pré pour en­cou­ra­ger l’un d’eux, Paul, qui dis­pu­tait le 4e tour de la Coupe de France avec le FC Voi­sins (D 2), bat­tu (1-2) par Trem­plin Foot (R 3). Bien loin de l’ef­fer­ves­cence et du tour­billon mé­dia­tique qu’il a connus.

De ces trente an­nées d’ar­bi­trage, dont dix-sept en pros (avec no­tam­ment un match de qua­li­fi­ca­tion pour l’Eu­ro 2008 à son CV), Her­vé Pic­ci­rillo garde en mé­moire « des ren­contres avec des gens ex­tra­or­di­naires ». « Comme celle avec Louis Ni­col­lin (NDLR : ex-pré­sident de Mont­pel­lier dé­cé­dé en juin 2017), qui sa­vait dire le fond de sa pen­sée mais met­tait aus­si en va­leur l’homme au­de­là de l’en­jeu éco­no­mique qu’on peut ima­gi­ner dans le foot mo­derne », pré­cise-t-il.

Puis lui vient l’anec­dote du 14 dé­cembre 2008. « Cy­ril Rool, un joueur ru­gueux, était ca­pi­taine de Nice qui re­ce­vait Lille, se sou­vient-il. Au bout de 10 mi­nutes de jeu, je le sanc­tionne d’un car­ton jaune. A la fin du match, je de­mande au dé­lé­gué de le faire ve­nir dans notre ves­tiaire. Il a com­men­cé à se confondre en ex­cuses car il avait ou­blié de me sa­luer au coup de sif­flet fi­nal. Je vou­lais juste lui of­frir mon maillot puis­qu’il avait par­fai­te­ment joué son rôle de ca­pi­taine. »

L’homme au sif­flet a sur­tout été en pre­mière ligne quand la crise de l’ar­bi­trage a frap­pé le foot fran­çais dès 2006. « A l’époque, l’ar­bitre était un joyeux ama­teur : il al­lait bos­ser pour vivre et se pré­pa­rait le reste du temps pour les matchs du wee­kend, ré­sume le mi­li­taire de car­rière dans l’ar­mée de l’air. L’in­con­vé­nient n’était pas for­cé­ment le fric, mais on était en re­tard en ma­tière de pro­fes­sion­na­li­sa­tion par rap­port aux autres pays ; ce n’est pas le fait du ha­sard si on n’a pas eu d’ar­bitre au Mon­dial 2014. La loi La­mour de 2006 a chan­gé la donne en nous as­su­rant un sta­tut so­cial. Ce­la a per­mis d’avoir des ar­bitres pros de­puis deux ans. »

Fin avril 2010, le na­tif de Mar­tigues (Bouches-du-Rhône), tout près de Ma­ri­gnane où il a com­men­cé l’ar­bi­trage à l’âge de 15 ans, se re­trouve au coeur d’une po­lé­mique. Il est dé­si­gné pour di­ri­ger Auxerre - Mar­seille. Un match ca­pi­tal pour le titre en L 1, sa­chant que l’OM, lea­der et fu­tur cham­pion, comp­tait 5 points d’avance sur son dau­phin auxer­rois à quatre jour­nées de la fin. La ren­contre s’achè­ve­ra sur un 0-0. « Il faut bien naître quelque part, sou­rit-il. Tous les sous-en­ten­dus étaient com­plè­te­ment fal­la­cieux. J’étais com­plè­te­ment dans une ap­proche pro­fes­sion­nelle, mais quand on est un per­son­nage pu­blic dans un sport aus­si mé­dia­ti­sé… »

Ob­ser­va­teur pour la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel et l’UEFA jus­qu’en juin der­nier, Her­vé Pic­ci­rillo se consacre uni­que­ment à sa fonc­tion de com­mis­saire du Centre na­tio­nal des sports du mi­nis­tère de la Dé­fense. Tout gar­dant un oeil sur le foot d’en haut : « La VAR ? Il faut vivre avec son temps, et si des ou­tils, comme l’as­sis­tance vi­déo, peuvent ai­der l’ar­bitre à prendre la bonne dé­ci­sion… »

À L’ÉPOQUE, L’AR­BITRE ÉTAIT UN JOYEUX AMA­TEUR ”HER­VÉ PIC­CI­RILLO

Voi­sins-le-Bre­ton­neux (Yve­lines), hier. Her­vé Pic­ci­rillo, qui a sup­por­té hier le FC Voi­sins, où évo­lue l’un de ses fils, contre le Trem­plin foot, a of­fi­cié pen­dant dix-sept ans chez les pros en tant qu’ar­bitre (à droite, lors de la ren­contre Auxerre - Mar­seille, en Ligue 1, le 30 avril 2010).

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