ILS SE SONT PLAN­TÉS MAIS N’ONT PAS L­CHÉ

Re­bon­dir après une sor­tie de route, c’est pos­sible. La preuve…

Le Parisien (Hauts de Seine) - - ÉCO - PAR DEL­PHINE DENUIT ET CY­RIL PE­TER

Qui n’a pas vé­cu, un jour dans sa car­rière, une épreuve pé­nible ? Des ré­cits de ga­lères pro­fes­sion­nelles, Eme­ric Le­bre­ton, di­rec­teur gé­né­ral du ré­seau Orient’ac­tion, spé­cia­li­sé dans la re­con­ver­sion, en en­tend tous les jours : « Le pre­mier mes­sage de nos

con­sul­tants, c’est de dire : Le li­cen­cie­ment ou le dé­pôt de bi­lan va vous ser­vir dans votre vie. On ban­nit le mot échec. »

Si les An­glo-saxons n’hé­sitent pas à les men­tion­ner dans leur CV, les ra­tés sont tou­jours aus­si mal vus en France. « Ce n’est pas un ha­sard si on uti­lise des an­gli­cismes pour par­ler d’échec (NDLR : fail) ou d’épui­se­ment pro­fes­sion­nel (NDLR :

bur­nout)… C’est une ma­nière de s’en dis­tan­cier, de se pro­té­ger », ana­lyse Da­vid Rin­grave, fon­da­teur du Re.start Awards, un évé­ne­ment consa­crant des en­tre­pre­neurs qui ont re­bon­di.

« C’est plus dur de se re­le­ver en France. Un sa­la­rié est vite ca­ta­lo­gué par rap­port à son di­plôme, son âge et son ex­pé­rience dans un mé­tier, ob­serve Eme­ric Le­bre­ton. Mais c’est com­pen­sé par le sou­tien des pou­voirs pu­blics en termes de for­ma­tion, de prise en charge par Pôle em­ploi… » En té­moignent les dis­po­si­tifs d’aide à la créa­tion d’en­tre­prise pour les chô­meurs-en­tre­pre­neurs : exo­né­ra­tion des co­ti­sa­tions so­ciales, main­tien des droits…

COUP DE POUCE AU DÉ­MAR­RAGE

Cru­ciale pour mon­ter son af­faire, l’aide à la re­prise et à la créa­tion d’en­tre­prise (ARCE) per­met de re­ce­voir 45 % du mon­tant des al­lo­ca­tions-chô­mage sous forme de ca­pi­tal. Un coup de pouce au dé­mar­rage pour l’en­tre­pre­neur qui ne peut se ver­ser de sa­laire. Et ça marche : 76 % des so­cié­tés créées par des chô­meurs sont tou­jours en ac­ti­vi­té trois ans après la va­li­da­tion du pro­jet par Pôle em­ploi.

Après un échec, tout est pos­sible. En quête de « sens », de nom­breux em­ployés de bu­reau et cadres de la fi­nance ou de l’in­dus­trie as­pirent à des mé­tiers ma­nuels, « plus concrets ». Et sol­li­citent des or­ga­nismes comme l’As­so­cia­tion na­tio­nale pour la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle des adultes (AF­PA).

Par ailleurs, des as­so­cia­tions comme 60 000 re­bonds ac­com­pagnent des chefs d’en­tre­prise dans leur nou­veau pro­jet ou leur re­con­ver­sion en tant que sa­la­riés. C’est le choix de Jean-Noël Le­mas­son, dont la PME a été li­qui­dée. Dure à as­su­mer, cette image du pa­tron qui a failli ? « On n’est pas des lo­sers », ré­plique-t-il. En­core un an­gli­cisme…

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