Le Ra­cing en­fin prêt pour le sacre ?

Bat­tu deux fois en fi­nale lors de ces trois der­nières sai­sons, le club fran­ci­lien s’an­nonce comme l’un des grands fa­vo­ris de l’épreuve, qu’il com­mence par un voyage au pays de Galles.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - RUGBY | COUPE D'EUROPE - PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS

LA DI­GES­TION a été à la hau­teur de la dé­cep­tion : dou­lou­reuse, in­ter­mi­nable. Le trau­ma­tisme né de la dé­faite, d’un rien, en fi­nale de la Coupe d’Eu­rope contre le Leins­ter le 12 mai der­nier (15-12), deux ans après un pre­mier échec face aux Sa­ra­cens (21-9), est ce­pen­dant ou­blié au­jourd’hui. Le Ra­cing 92 a tour­né la page. Il ne lui reste que l’ex­pé­rience em­ma­ga­si­née et l’es­prit de re­vanche au mo­ment de s’en­vo­ler pour le pays de Galles afin de dé­fier les Scar­lets de Lla­nel­li, ce soir. Un pre­mier obs­tacle loin d’être in­sur­mon­table pour une équipe prête à réa­li­ser son rêve : dé­cro­cher le tro­phée con­ti­nen­tal.

C’EST SON OB­JEC­TIF AB­SO­LU

« Le Ra­cing se­ra cham­pion de France et d’Eu­rope, d’ici cinq ans. » Ja­cky Lo­ren­zet­ti s’était peut-être mon­tré un peu im­pa­tient au mo­ment de prendre les rênes du club fran­ci­lien en 2006. Mais, sur le fond, l’am­bi­tion de l’homme d’af­faires n’a ja­mais va­rié.

Le bou­clier de Bren­nus est tom­bé dans son es­car­celle en 2016. On sait dé­sor­mais où si­tuer les prio­ri­tés des Ciel et Blanc, qui, en plus d’ajou­ter une ligne in­édite à leur pal­ma­rès, ont be­soin d’une grande épo­pée eu­ro­péenne pour at­ti­rer la foule dans leur grande salle de Pa­ris La Dé­fense Are­na. « Cette com­pé­ti­tion nous cor­res­pond », af­firme le co­en­traî­neur Laurent La­bit. Ce match au pays de Galles est con­si­dé­ré comme le plus im­por­tant de cette pre­mière par­tie de sai­son.

IL EST PLUS AR­MÉ QUE JA­MAIS

Dan Car­ter, qui a pro­pul­sé le Ra­cing dans une nou­velle di­men­sion et lui a of­fert un titre de cham­pion de France (2016), est par­ti, mais l’ef­fec­tif s’est en­core ren­for­cé. Plus équi­li­bré, plus ho­mo­gène. L’Ir­lan­dais Ze­bo et l’Ecos­sais Rus­sell sont taillés pour faire fran­chir un nou­veau cap à l’équipe des Hauts-de-Seine. « La Coupe d’Eu­rope, ça re­pré­sente le sum­mum pour moi, sou­ligne Si­mon Ze­bo. On sait qu’on n’a pas droit à l’er­reur mais c’est jus­te­ment ce qui est mo­ti­vant. »

Le Ra­cing, mi­né par l’ab­sence de joueurs ma­jeurs (Lam­bie, Ma­che­naud, Tho­mas, Lauret…), a connu un dé­but de sai­son mi­ti­gé en Top 14, mais son po­ten­tiel de­vrait le mettre à l’abri d’une mau­vaise sur­prise au pre­mier tour face aux Scar­lets de Lla­nel­li, à l’Ul­ster ou à Lei­ces­ter. Et cet hi­ver, tout le monde se­ra re­ve­nu.

IL VA SE SER­VIR DE

SES DEUX ÉCHECS EN FI­NALE

« On a beau­coup ana­ly­sé notre dé­faite face au Leins­ter (NDLR : le 12 mai à Bil­bao), ex­plique Laurent Tra­vers, le co­en­traî­neur des Ciel et Blanc. On en a ti­ré les le­çons. Ce­la doit nous rendre plus forts. » Do­mi­nés en 2016 par des Sa­ra­cens im­bat­tables, ses joueurs, im­pres­sion­nants au prin­temps der­nier, ont failli coif­fer, mal­gré les bles­sures de leurs hommes en forme Ma­che­naud et Lam­bie, les Ir­lan­dais de Jo­na­than Sex­ton, don­nés fa­vo­ris. Une fi­nale se joue sou­vent à très peu de chose et, après deux ex­pé­riences mal­heu­reuses, le Ra­cing, re­van­chard, en connaît les pièges.

MAIS C’EST LUI CONTRE LE RESTE DU MONDE

Cler­mont, le lea­der du Top 14, ne dis­pu­tant pas la grande Coupe d’Eu­rope, le Ra­cing ap­pa­raît, sur la ligne de dé­part, comme le seul vé­ri­table can­di­dat tri­co­lore au titre. Mont­pel­lier, Castres, Tou­louse, Lyon ou Tou­lon semblent avoir beau­coup trop de sou­cis à ré­gler avant de pré­tendre au sacre eu­ro­péen. Les prin­ci­paux concur­rents des Fran­ci­liens se­ront donc le Leins­ter, qui n’a pra­ti­que­ment pas bou­gé de­puis la sai­son der­nière, les Sa­ra­cens, qui rêvent de re­con­qué­rir leur bien (2016, 2017), et leurs com­pa­triotes an­glais d’Exe­ter, l’équipe qui monte. Face à n’im­porte le­quel de ces ad­ver­saires, le Ra­cing se­ra confron­té à un rug­by de mou­ve­ment et de vi­tesse dont il n’a pas for­cé­ment l’ha­bi­tude dans notre cham­pion­nat.

Pa­ris La Dé­fense Are­na, le 8 sep­tembre. Cette sai­son, Ca­mille Chat et les Ra­cing­men es­pèrent bien en­fin at­teindre la terre pro­mise sur la scène eu­ro­péenne, après deux échecs en fi­nale (2016, 2018).

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