Les Ré­pu­bli­cains face à leur des­tin

Dans un contexte de fuite des mi­li­tants, les adhé­rents de la troi­sième fé­dé­ra­tion de France votent au­jourd’hui pour le re­nou­vel­le­ment de leur or­ga­ni­gramme.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - HAUTS-DE-SEINE - PAR ANNE-SO­PHIE DAMECOUR @as­da­me­cour

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Faute de pro­ta­go­nistes, le scru­tin se pas­se­ra d’un se­cond tour. Mais c’est néan­moins l’oc­ca­sion de se comp­ter… Ce week-end, les adhé­rents des Ré­pu­bli­cains des Hauts-de-Seine doivent vo­ter pour dé­si­gner le pré­sident de la fé­dé­ra­tion dé­par­te­men­tale, les dé­lé­gués des 13 cir­cons­crip­tions ain­si que les dé­lé­gués au Conseil na­tio­nal du par­ti.

Un vote « à l’an­cienne », sans code d’ac­cès In­ter­net, puisque les adhé­rents doivent se rendre dans le bu­reau de vote de leur cir­cons­crip­tion pour glis­ser un bul­le­tin dans l’urne. Seize bu­reaux sont ou­verts au­jourd’hui de 10 heures à 18 heures. Avec pour prin­ci­pal en­jeu la par­ti­ci­pa­tion. De quoi prendre le pouls de la troi­sième fé­dé­ra­tion de France après les Al­pes­Ma­ri­times et Pa­ris.

I DEUX FOIS MOINS D’ADHÉ­RENTS QU’EN JAN­VIER 2016

Et l’am­biance n’est pas for­cé­ment au beau fixe. La fé­dé­ra­tion au­rait ain­si per­du plus de la moi­tié de ses adhé­rents en deux ans. Se­lon les chiffres avan­cés par le par­ti, lors du scru­tin de jan­vier 2016, 4 303 adhé­rents, soit 33 % des ins­crits, s’étaient ex­pri­més. Il y avait donc quelque 13 000 adhé­rents. Pour cette élec­tion 2018, ils ne sont plus que… 5 500 sur le fi­chier élec­to­ral, à jour de co­ti­sa­tion au 13 sep­tembre der­nier.

« Nous avons per­du du monde suite à la dé­bâcle pré­si­den­tielle, re­con­naît Phi­lippe Ju­vin, pré­sident sor­tant et seul can­di­dat à sa suc­ces­sion. Mais nous avons une base so­lide, ce qui nous dis­tingue des autres op­po­si­tions. » Tout le monde n’est pas aus­si in­dul­gent. « Le nombre d’adhé­rents a été di­vi­sé par trois de­puis 2007, dé­plore un cadre du par­ti. Alors que les an­nées d’élec­tions in­ternes sont tra­di­tion­nel­le­ment celles avec le plus d’adhé­rents ! Le quin­quen­nat a pro­fon­dé­ment mo­di­fié les choses : les par­tis po­li­tiques sont rem­pla­cés par les écu­ries pré­si­den­tielles… »

I UN SEUL CAN­DI­DAT POUR LA PRÉ­SI­DENCE

Contrai­re­ment à jan­vier 2016, Phi­lippe Ju­vin, dé­pu­té eu­ro­péen et maire de La Ga­renne-Co­lombes, n’a au­cun chal­len­ger. « Mon ac­tion de­puis près de deux ans a dû sa­tis­faire », ap­puie le sor­tant, confor­té par « des sou­tiens très spon­ta­nés ». « Qui vou­drait se pré­sen­ter alors qu’un pré­sident de fé­dé­ra­tion n’a ni pou­voir, ni moyens fi­nan­ciers ? » tem­père un élu des Hauts-de-Seine au su­jet de cette unique can­di­da­ture.

Phi­lippe Ju­vin est néan­moins pas­sé par la case « par­rai­nage ». Les règles im­posent en ef­fet 5 % des ins­crits pour pou­voir se pré­sen­ter. Et le dé­pu­té eu­ro­péen a en­gran­gé 829 sou­tiens, soit trois fois plus. « Les Hauts-deSeine ne sont pas un dé­par­te­ment comme les autres et je sou­haite ex­pé­ri­men­ter ici ce qui se­ra en­suite ap­pli­qué au ni­veau na­tio­nal », as­sure l’in­té­res­sé, qui veut lan­cer une « école des cadres pour ame­ner les ac­tifs vers la po­li­tique ».

I DES IN­DICES POUR

LES PRO­CHAINES MU­NI­CI­PALES

Les tra­di­tions évo­luent chez les Ré­pu­bli­cains, où les dé­pu­tés-maires étaient éga­le­ment dé­lé­gués de leurs cir­cons­crip­tions. Ce scru­tin est l’oc­ca­sion pour beau­coup de pas­ser le re­lais… et par­fois de pré­pa­rer les mu­ni­ci­pales de 2020. « Comme ils ne sont plus for­cé­ment par­le­men­taires avec la loi sur le non-cu­mul des man­dats, ils passent la main mais pas for­cé­ment au dau­phin dé­si­gné », as­sure George Sif­fre­di, maire de Châ­te­nayMa­la­bry et se­cré­taire dé­par­te­men­tal.

Les can­di­dats sont pour­tant tous des proches des sor­tants, ad­joints comme Tho­mas Lam à As­nières, ou col­la­bo­ra­teurs de ca­bi­net comme Agnès Pot­tier-Du­mas à Le­val­lois. Seuls Ni­cole Goué­ta, maire de Co­lombes, et Jean-Jacques Guillet, maire de Cha­ville sont can­di­dats (uniques) à leur suc­ces­sion. Par­mi les sor­tants re­con­duits d’of­fice car seuls en lice, fi­gurent éga­le­ment De­nis Ga­briel sur la 7e cir­cons­crip­tion (Rueil, Garches, Saint-Cloud) et Geof­froy Di­dier sur la 6e (Neuilly-Pu­teaux).

Si le poste de dé­lé­gué n’at­tire pas les foules, ce­lui de se­cré­taire na­tio­nal est net­te­ment plus convoi­té, avec 87 can­di­dats pour 19 sièges at­tri­bués à la fé­dé­ra­tion des Hauts-de-Seine.

Le siège de la fé­dé­ra­tion, à Neuilly, fe­ra of­fice de bu­reau cen­tra­li­sa­teur. En tout, seize bu­reaux sont ou­verts.

Phi­lippe Ju­vin, can­di­dat à sa propre suc­ces­sion, n’a pas d’ad­ver­saire.

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