Laurent Wau­quiez sort son « gou­ver­ne­ment fan­tôme »

Le pré­sident du par­ti a pré­sen­té hier une « équipe thé­ma­tique » et es­père bien pro­fi­ter de l’af­fai­blis­se­ment d’Em­ma­nuel Ma­cron pour pe­ser dans le dé­bat po­li­tique.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - POLITIQUE - PAR NI­CO­LAS BERROD @Ni­co­lasBer­rod

IL AVAIT ÉTÉ AN­NON­CÉ il y a un an… mais vient juste de voir le jour. Le pré­sident des Ré­pu­bli­cains, Laurent Wau­quiez, a pré­sen­té hier au siège du par­ti son « sha­dow ca­bi­net » (« gou­ver­ne­ment fan­tôme ») de 34 membres, tous char­gés d’un do­maine par­ti­cu­lier : san­té, im­mi­gra­tion, em­ploi, etc. Le but : que la droite re­de­vienne force de pro­po­si­tions. « L’état de grâce d’Em­ma­nuel Ma­cron est ter­mi­né et on ne doit plus se conten­ter de s’op­po­ser », clame Laurent Wau­quiez, en­tou­ré d’une grande par­tie de cette nou­velle équipe, com­po- de 19 hommes et 15 femmes. Laurent Wau­quiez met en avant les nou­veaux vi­sages et la di­ver­si­té, ci­tant, par exemple, l’eu­ro­dé­pu­té et ur­gen­tiste Phi­lippe Ju­vin, char­gé de la san­té, ou la dé­pu­tée Va­lé­rie La­croute aux trans­ports. « Tous sont ex­perts dans leur do­maine », vante Pierre-Hen­ri Du­mont, dé­pu­té du Pas-de-Ca­lais, qui s’oc­cu­pe­ra de l’im­mi­gra­tion. Eric Ciot­ti s’oc­cu­pe­ra, lui, de l’In­té­rieur.

Cette nou­velle équipe pour­rait avoir pour slo­gan « La droite est de re­tour ». Sauf que c’est pré­ci­sé­ment ce qu’avait dé­jà dit Laurent Wau­quiez le soir de son élec­tion à la tête du par­ti, le 10 dé­cembre 2017… « On par­tait de rien et on s’est lan­cés dans une course de fond en com­men­çant par nom­mer une équipe di­ri­geante », dé­fend Lau­rence Sailliet, porte-pa­role de la for­ma­tion. Il est vrai que les Ré­pu­bli­cains sont pas­sés de 199 à 99 dé­pu­tés en juin 2017. « La droite a vé­cu la pire dé­faite de son his­toire il y a un an et de­mi », rap­pelle Laurent Wau­quiez.

UNE DROITE FERME SUR SES AP­PUIS

Cette nou­velle « équipe thé­ma­tique » a aus­si vo­ca­tion à s’at­te­ler au pro­gramme pour les eu­ro­péennes, à six mois du scru­tin. Et cer­tains LR an­ti­cipent même dé­jà la pré­si­den­tielle de 2022. « Fin 2021, il ne faut pas qu’on se re­trouve avec une ga­le­rie d’ex­perts sor­tis de l’ENA pour bâ­tir notre pro­jet, in­dique Pierre-Hen­ri Du­mont. C’est à nous, élus, de nous en oc­cu­per dès main­te­nant. »

Sur le fond, le par­ti veut faire émer­ger une « nou­velle droite », dixit Laurent Wau­quiez. Com­prendre, une droite plus ferme sur ses va­leurs, comme celle du chan­ce­lier au­tri­chien Se­bas­tian Kurz. « Pour bien ac­cueillir, il faut bien ex­pul­ser », tonne par exemple Pierre-Hen­ri Du­mont. Son « sha­dow col­lègue » char­gé de l’agri­cul­ture, Laurent Du­plomb, pour­fend pour sa part « l’éco­lo­gie pu­ni­tive, qui est ca­tas­tro­phique ». « Je suis contre la sup­pres­sion du gly­pho­sate car toutes les études ne prouvent pas qu’il est dan­ge­reux », ajoute le sé­na­teur de Haute-Loire, lui­même agri­cul­teur.

Reste que ce « sha­dow ca­bi­net », une pra­tique an­crée dans la culture po­li­tique an­glo­saxonne, ne convainc pas tout le monde chez LR. « On res­sort quelque chose qu’on connais­sait dé­jà avec les conseillers na­tio­naux sous Sar­ko­zy », tacle un dé­pu­té. Un ex-cadre du par­ti met en garde : « Si cha­cun s’ima­gine fu­tur mi­nistre dans son do­maine, des têtes vont en­fler et des gens se­ront dé­çus. »

“LA DROITE A VÉ­CU LA PIRE DÉ­FAITE DE SON HIS­TOIRE IL Y A UN AN

” ET DE­MI LAURENT WAU­QUIEZ,

PRÉ­SIDENT DES RÉ­PU­BLI­CAINS

Siège des Ré­pu­bli­cains, (Pa­ris XVe), hier. Laurent Wau­quiez, en­tou­ré de son « ca­bi­net ».

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