Im­pairs de mères

Le Parisien (Hauts de Seine) - - LOISIRS TÉLÉVISION/RADIO - CARINE DI­DIER

IL Y A PLU­SIEURS FA­ÇONS d’être mère. Avec trois en­fants et son tra­vail dans un che­nil, Li­sa, elle, court, tou­jours dé­bor­dée. A l’in­verse, Claire, sa meilleure amie qu’elle ad­mire et à qui tout réus­sit, semble forte, par­faite ma­man et maî­tresse d’une mai­son soi­gnée. Lorsque la fille de cette der­nière dis­pa­raît alors qu’un pré­da­teur sexuel sé­vit dans la ré­gion, Li­sa est ron­gée par la culpa­bi­li­té. Elle de­vait al­ler cher­cher l’ado­les­cente qui ve­nait dor­mir chez elle. La qua­dra se lance dans une en­quête qui la dé­passe pour re­trou­ver la jeune fille et ré­pa­rer sa « Faute », titre de la mi­ni-sé­rie.

Quatre épi­sodes dif­fu­sés à la suite et adap­tés du best-sel­ler an­glais « Just What Kind of Mo­ther Are You ? » (« Quelle sorte de mère es-tu ? ») plongent dans les non-dits, les pe­tits se­crets d’une ville proche d’An­ne­cy. On y dé­cèle bien plus qu’un th­riller qui happe le té­lé­spec­ta­teur. « Cette mi­ni-sé­rie coche plu­sieurs cases, in­siste Yann Goa­zem­pis, le pa­tron de la fic­tion de M 6. Elle aborde un su­jet de so­cié­té : l’obli­ga­tion faite aux femmes d’être des mères, des femmes et des amantes par­faites et la culpa­bi­li­té d’une ma­man. »

UN TA­BLEAU DE FEMMES

D’AU­JOURD’HUI

Va­lé­rie Kar­sen­ti in­ter­prète avec ses tripes cette femme qui n’a de cesse de ré­pa­rer son er­reur. « Elle est per­sua­dée qu’elle fait mal les choses et n’as­sure pas, as­sure l’ac­trice. Pour moi, c’est une hé­roïne du quo­ti­dien car elle fait de son mieux. C’est l’an­goisse quand on re­çoit les en­fants des autres. Il ne faut pas qu’il ar­rive quoi que ce soit. On s’est tous à un mo­ment sen­ti cou­pable. Moi aus­si je suis pas­sée par là. Mais je m’en suis dé­bar­ras­sée. » Na­ta­cha Lin­din­ger, alias « Sam » sur TF 1, n’a pas ré­flé­chi long­temps avant d’in­car­ner Claire, une femme avec sa part d’ombre aus­si. « Mon per­son­nage passe d’un état à un autre après la dis­pa­ri­tion de sa fille. Elle est ef­fon­drée, s’isole et son ami­tié pour Li­sa se heurte à ce drame. For­cé­ment, ce­la ré­sonne en soi quand on est ma­man (NDLR : d’un gar­çon) ». Pour sa pre­mière sé­rie, le réa­li­sa­teur Nils Ta­ver­nier, plus connu pour ses do­cu­men­taires et ses long­smé­trages, s’est plié à un « exer­cice de style très dif­fé­rent », ad­met-il. « Mon job, c’était que les co­mé­diennes soient au mieux pour tout don­ner lors des prises. Mon deuxième job, c’est que l’image soit belle. Je ne vais pas faire une dé­mons­tra­tion de mise en scène. Ce qui m’in­té­resse ce sont les gens, les mots. » Mal­gré une fac­ture clas­sique et quelques in­co­hé­rences dans l’en­quête, ceux qui se lais­se­ront ten­ter ce soir de­vraient être sur­pris par le dé­noue­ment in­at­ten­du.

Na­ta­cha Lin­din­ger (à gauche) et Va­lé­rie Kar­sen­ti.

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