Un éco­lier de 10 ans roue de coups sa prof et la me­nace de mort

Les faits re­montent au 18 oc­tobre à Ville­juif (Val-de-Marne). La jeune en­sei­gnante rem­pla­çante a une ITT de 28 jours.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - FAITS DIVERS - DE­NIS COURTINE

ELLE VIENT À PEINE

de com­men­cer sa car­rière d’en­sei­gnante. Mais pas sûr qu’elle la pour­suive après l’ex­pé­rience trau­ma­ti­sante qu’elle vient de vivre. Une pro­fes­seur des écoles de 33 ans a dé­po­sé jeu­di au com­mis­sa­riat du Krem­lin-Bicêtre un ar­rêt de tra­vail de 28 jours après avoir été frap­pée et me­na­cée de mort par un de ses élèves de 10 ans. Cette agres­sion d’une vio­lence rare au re­gard de l’âge de l’au­teur des faits re­monte au 18 oc­tobre et s’est pro­duite à Ville­juif (Val-de-Marne).

Tout com­mence vers 8 h 30 dans la cour de ré­créa­tion de l’école Jo­liotCu­rie. L’en­fant, dé­jà connu de toute l’équipe en­sei­gnante, crie à ses ca­ma­rades de CM 2 : « Hé vous sa­vez, la maî­tresse, c’est une men­teuse. Elle n’était pas en réunion mar­di, je l’ai vue dans la salle des maîtres. En fait, elle en avait marre de nous. » Et d’écla­ter de rire. Quand la pro­fes­seur prend la pa­role, l’élève l’in­ter­rompt aus­si­tôt : « J’en ai rien à foutre. Je m’en bats les c… » L’en­sei­gnante pré­fère en res­ter là. Elle ne sait pas en­core que ce n’est que le dé­but.

Le cours à peine com­men­cé, l’élève em­pêche la pro­fes­seur de s’ex­pri­mer. « On s’en fout ! Men­teuse ! », hurle l’éco­lier. La ré­ci­ta­tion de poé­sie doit s’ar­rê­ter quelques se­condes quand l’élève se met à hur­ler de­vant ses ca­ma­rades. Même chose quand l’en­sei­gnante tente un exer­cice de cal­cul men­tal. Tout va dé­gé­né­rer quand le même éco­lier dé­cide qu’il est l’heure de jouer en classe avec un bal­lon gon­flable. Elle es­saye de sai­sir le bal­lon. ré­ponse : « Vas-y, touche pas, men­teuse ! » Par dé­pit, elle en­voie tout le monde en ré­créa­tion.

Dans le cou­loir, elle ré­cu­père le bal­lon. C’est le mo­ment que choi­sit l’en­fant pour lui as­sé­ner un pre­mier coup de poing au ni­veau du bras gauche. Il s’ef­force en­suite de l’at­teindre au vi­sage. Puis de lui don­ner des coups de pied. La pro­fes­seur es­quive plus ou moins. « Lâche-moi s… Je vais te tuer ! Je m’en bats les c… » En dif­fi­cul­té, l’en­sei­gnante de­mande aux autres élèves d’al­ler cher­cher de l’aide. Un de ses col­lègues in­ter­vient et par­vient à maî­tri­ser le gar­çon. Les autres en­fants sont en­fin mis à l’écart.

DEUX PER­SONNES POUR LE MAέTRI­SER

Alors que la vic­time té­lé­phone au Sa­mu, l’élève, tou­jours dans le cou­loir, la fixe droit dans les yeux, dé­cla­rant : « S… Je vais te tuer ! » Quelques se­condes plus tard, il se jette à nou­veau sur elle en lui dé­co­chant des coups de pied. Il fau­dra l’in­ter­ven­tion de la di­rec­trice et d’une autre en­sei­gnante pour que l’élève soit en­fin maî­tri­sé, avec dif­fi­cul­té. « Cet en­fant est sui­vi pour des pro­blèmes psy­cho­lo­giques », confie sans sur­prise un en­sei­gnant. Le rec­to­rat de Cré­teil ne sou­haite pas évo­quer les sanc­tions éven­tuelles qui ont été prises contre lui. Il in­dique tou­te­fois qu’un « ac­com­pa­gne­ment » et une « pro­tec­tion fonc­tion­nelle » ont été ac­cor­dés à la vic­time qui a por­té plainte contre l’élève. De­vant l’école hier, la plu­part des pa­rents igno­raient que cette agres­sion avait bien eu lieu. « Per­sonne ne nous en a par­lé et nous au­rions bien ai­mé que l’on soit pré­ve­nu, ne se­rait-ce que pour la sé­cu­ri­té des autres élèves », sou­pi­rait une ma­man.

Ecole Jo­liot-Cu­rie, Ville­juif (Val-de-Marne). La pro­fes­seur agres­sée a por­té plainte.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.