Heures de pointe, un test pour en fi­nir avec la ga­lère

La ré­gion, la SNCF, la RATP et le quar­tier de La Dé­fense (Hauts-de-Seine) lancent au­jourd’hui une ex­pé­ri­men­ta­tion afin de lisser les ho­raires de dé­part et d’ar­ri­vée des sa­la­riés.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - ILE-DE-FRANCE - PA▶ JILA VAROQUIER ET JEAN-GA­BRIEL BONTINCK

Désen­gor­ger les trans­ports en com­mun aux heures de pointe pour en­fin se rendre au tra­vail sans être com­pres­sé. C’est l’ob­jec­tif de la nou­velle ex­pé­ri­men­ta­tion que lance au­jourd’hui, la ré­gion Ile-de-France, la SNCF Tran­si­lien, la RATP et le site de La Dé­fense. Dans le quar­tier d’af­faires, entre 35 000 et 50 000 em­ployés vont être en­cou­ra­gés à dé­ca­ler leurs ho­raires d’ar­ri­vée et de dé­part. Un « lis­sage » ou un éta­le­ment des heures de pointe pour évi­ter que ces mil­liers de per­sonnes ne se dé­placent au même mo­ment. Des flux pen­du­laires bien sou­vent sy­no­nymes de re­tards, ma­laises voya­geurs et autres in­ci­dents.

IL SUF­FIT D’UN QUART D’HEURE

« Si 5 % des gens se dé­calent d’un quart d’heure, ce­la per­met­tra de se rap­pro­cher de la confi­gu­ra­tion d’un samedi ma­tin, af­firme Alain Kra­ko­vitch, di­rec­teur gé­né­ral de SNCF Tran­si­lien. Les usa­gers ga­gne­raient en confort, et les lignes en ré­gu­la­ri­té, avec une hausse de trois points de ponc­tua­li­té. » Se­lon Ile-de-France Mo­bi­li­tés, « 71 % du tra­fic quo­ti­dien est ef­fec­tué du­rant les heures de pointe, en par­ti­cu­lier le ma­tin ».

35 000 À 50 000 SA­LA­RIÉS CONCER­NÉS

Treize en­tre­prises, par­mi les plus gros em­ployeurs du site (Al­lianz, Axa, EDF, En­gie, Les Quatre Temps, Pri­ma­gaz, Saint-Go­bain, So­cié­té Gé­né­rale, To­tal) vont ain­si s’en­ga­ger ce ma­tin, en si­gnant une charte, à élar­gir les ho­raires de dé­part et d’ar­ri­vée de leurs em­ployés. L’ob­jec­tif de l’ex­pé­ri­men­ta­tion d’un an vise à ce que dans chaque so­cié­té, 5 à 10 % de sa­la­riés ar­rivent en de­hors de l’heure de pointe du ma­tin, en par­ti­cu­lier le mar­di et le jeu­di, jours d’af­fluence.

DE LA SOU­PLESSE MA­TIN ET SOIR

Sur les ho­raires, la charte leur conseille une nou­velle or­ga­ni­sa­tion quo­ti­dienne. Avec, par exemple, un socle com­mun de pré­sence de 10 heures à 15 heures, au­cune contrainte (réunion, ren­dez-vous, etc.) pré­vues avant 10 heures et après 17 heures, et une plage d’ar­ri­vée to­lé­rée entre 6 h 30 et 10 h 30, avec des dé­parts le soir, en consé­quence.

DES INCITATIONS À CHAN­GER LES HA­BI­TUDES

Les en­tre­prises vont aus­si s’en­ga­ger à au­to­ri­ser un à deux jours par se­maine de té­lé­tra­vail (do­mi­cile, es­pace de co­wor­king, autres sites de la so­cié­té, etc.) et/ou des jours de té­lé­tra­vail à po­ser sur l’en­semble de l’an­née. Les sa­la­riés pour­ront aus­si se voir pro­po­ser des me­sures en fa­veur de modes de dé­pla­ce­ment al­ter­na­tif : co­voi­tu­rage (rem­bour­se­ment à une plate-forme ou­verte, sub­ven­tion des tra­jets, etc.) ou vé­lo (in­dem­ni­té ki­lo­mé­trique, es­paces de sta­tion­ne­ment, etc.). En­fin, dès au­jourd’hui, une plate-forme, « Chal­lenge La Dé­fense », doit voir le jour. A chaque fois qu’un sa­la­rié dé­ca­le­ra son ho­raire ou uti­li­se­ra le vé­lo, un es­pace de co­wor­king, etc., il pour­ra bé­né­fi­cier de points qui se­ront conver­tis en chèques ca­deaux.

L’EXEMPLE DE PLAINE COM­MUNE

Cette idée avait été lan­cée par la SNCF en 2013 à la suite d’un exemple de Rennes et un pre­mier test a été me­né à bien à Plaine Com­mune (Seine-Saint-De­nis) en 2015. Réa­li­sé à pe­tite échelle, il s’est avé­ré concluant, de l’aveu des par­ti­ci­pants. 600 sa­la­riés avaient pris part à un chal­lenge sur trois se­maines, en dé­ca­lant lé­gè­re­ment leurs ho­raires. Bi­lan : une baisse de fré­quen­ta­tion en heure de pointe de 7,3 %, soit dix voi­tures de RER li­bé­rées.

LA BALLE DANS LE CAMP DES EN­TRE­PRISES

Cette fois, le test à La Dé­fense se fait à beau­coup plus grande échelle. « Sur­tout, tout le monde est au­tour de la table, et il y a au­ra une éva­lua­tion de l’ex­pé­rience. On main­tient la li­ber­té de chaque en­tre­prise, et c’est très po­si­tif », sa­lue Ma­rie-So­phie Cla­ve­rie, di­rec­trice gé­né­rale du Me­def Ile-de-France.

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