Phi­lippe Sarre rac­croche pour ne « pas être dans l’op­po­si­tion sys­té­ma­tique »

Maire de Co­lombes de 2008 à 2014, Phi­lippe Sarre a dé­ci­dé de dé­mis­sion­ner du conseil mu­ni­ci­pal après 30 ans de po­li­tique.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - HAUTS-DE-SEINE - PA▶ ADE­LINE DABOVAL

LA MAI­RIE de Co­lombes, c’est bel et bien fi­ni, il l’as­sure. L’an­cien maire so­cia­liste Phi­lippe Sarre a créé la sur­prise en dé­mis­sion­nant du conseil mu­ni­ci­pal la se­maine der­nière. Beau­coup pen­saient que sa nou­velle éti­quette LREM était une arme pour ten­ter de re­prendre la ville à Ni­cole Goué­ta (LR). Hé bien non. Phi­lippe Sarre, 67 ans, ex­plique ses mo­ti­va­tions.

Pour­quoi rac­cro­cher main­te­nant ? PHI­LIPPE SARRE.

Parce que j’ai dé­jà beau­coup don­né. Dès que je suis ren­tré dans l’Edu­ca­tion Na­tio­nale, je me suis in­ves­ti dans le syn­di­ca­lisme et le mi­li­tan­tisme pé­da­go­gique. A par­tir des an­nées 1990, j’ai mi­li­té au Par­ti so­cia­liste et j’ai pris un en­ga­ge­ment po­li­tique lo­cal : j’ai été six ans maire-ad­joint (1995-2001), sept ans conseiller mu­ni­ci­pal (2001-2008), cinq ans conseiller gé­né­ral (20042009) et maire de 2008 à 2014. Je ne re­grette rien. Mais ça ne m’in­té­resse plus. Je ne trouve plus ma place. Je n’ai pas en­vie d’être dans l’op-

sys­té­ma­tique.

Pour vous, Co­lombes res­te­ra-t-elle à droite ?

Pour ga­gner cette ville, je suis convain­cu qu’il faut construire quelque chose au centre : un groupe qui irait du so­cia­lisme mo­dé­ré jus­qu’au Mo­Dem. Per­son­nel­le­ment, je reste En Marche. J’at­tends et je re­garde. Mais je n’ai pas l’im­pres­sion que les condi­tions soient ac­tuel­le­ment réunies au­tour d’un cercle cen­triste : il fau­po­si­tion drait un lea­der, que le PS ne soit pas pris dans un ac­cord na­tio­nal, que le Mo­Dem et l’UDI lo­caux gagnent en au­to­no­mie.

Quelle est la réa­li­sa­tion dont vous êtes le plus fier ?

Le man­dat de maire est ex­tra­or­di­naire. C’est ce­lui qui per­met de chan­ger les choses. Je suis fier d’avoir construit l’éco­quar­tier bou­le­vard Charles-de-Gaulle. La pié­ton­ni­sa­tion de la rue Saint-De­nis aus­si. Elle m’a va­lu des re­marques tei­gneuses de l’op­po­si­tion mais au­jourd’hui per­sonne ne re­vien­drait des­sus.

Qu’al­lez-vous faire main­te­nant ?

Je vais me consa­crer aux choses que j’aime faire. D’abord ma vie fa­mi­liale : j’ai deux filles qui ont cha­cune deux en­fants. Je n’ai pas as­sez vu gran­dir les deux grands, âgés de 9 et 13 ans. Je vais pas­ser plus de temps avec eux dé­sor­mais, ain­si qu’avec les deux pe­tits, âgés de 4 ans et six mois. Je vais voir mes amis et voya­ger. Je re­viens de Bre­tagne, je pars lun­di pour six se­maines au Laos et au Cam­bodge. J’irai en Grèce en mai. Maî­tri­ser son em­ploi du temps après toutes ses an­nées, c’est ex­tra­or­di­naire !

Co­lombes, hier. « J’ai dé­jà beau­coup don­né. Je vais me consa­crer aux choses que j’aime faire », an­nonce Phi­lippe Sarre, au­jourd’hui LREM.

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